Les meilleurs runs d'Ant-Man : le classement des 6 séries de Pym et Lang, illustration article

Le meilleur run consacré à Ant-Man est FF de Matt Fraction et Mike Allred (2013-2014), où Scott Lang dirige la Fondation du Futur. Il devance la série de Nick Spencer et Ramon Rosanas (2015-2016) et le récit d'origine de Scott Lang dans Marvel Premiere #47 et #48 (1979). Ce classement retient six ensembles, du Tales to Astonish de 1962 à la mini-série d'Al Ewing de 2022, avec le format conseillé pour chacun.

Ant-Man n'a jamais eu son run de cent numéros. Hank Pym a passé l'essentiel de sa vie éditoriale dans les Avengers, Scott Lang a longtemps été un second rôle, et les séries qui portent son nom ont presque toutes été courtes. Notre guide de lecture ordonne le parcours du débutant ; ici, nous classons : quelles lectures méritent le détour, lesquelles sont des pièces d'histoire, et pourquoi les deux ne coïncident pas toujours.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Comment nous avons départagé ces six ensembles

Un run de trente numéros et une mini-série de quatre ne se pèsent pas sur la même balance. Nous avons donc retenu un seul test, volontairement strict : que reste-t-il au lecteur qui referme le dernier volume sans rien savoir d'autre du personnage ? Un récit qui exige de connaître les Avengers de 1982 pour être compris perd des places, même s'il est historiquement capital. Un récit qui se suffit à lui-même en gagne, même s'il n'a rien changé à la continuité.

Ce rang mesure donc le plaisir de lecture, pas l'importance éditoriale. Les deux notions se recoupent rarement chez Ant-Man : la création d'Ultron par Hank Pym, la gifle d'Avengers #213 ou la mort de Scott Lang dans Avengers Disassembled sont des événements d'équipe, absents de ce classement parce qu'ils se jouent dans des séries qui ne lui appartiennent pas. Notre article sur Avengers #213 traite l'un de ces épisodes à part.

Top 1 : Matt Fraction et Mike Allred, FF (2013-2014)

Quand les Quatre Fantastiques partent pour un voyage dont ils ne savent pas combien de temps il durera, Reed Richards laisse derrière lui un message et une institution : la Fondation du Futur, école de jeunes prodiges installée dans l'immeuble de l'équipe. Scott Lang en prend la direction, avec Medusa et She-Hulk à ses côtés. Fraction ne cherche pas à réinventer Ant-Man ; il le met dans la situation la moins héroïque qui soit pour un cambrioleur repenti, celle de l'adulte responsable de dizaines d'enfants brillants et turbulents.

La force du run tient à un rapprochement que le lecteur fait seul : Scott a perdu sa fille Cassie, et il se retrouve soudain entouré de gamins dont il a la charge. Le deuil n'est jamais commenté de front, il affleure dans les décisions de Scott, dans ses maladresses, dans la manière dont il accepte d'être aimé par des enfants qui ne sont pas les siens. Le trait pop de Mike Allred, ses aplats et ses couleurs franches donnent à l'ensemble une légèreté qui rend la tristesse plus supportable, donc plus efficace.

À qui s'adresse-t-il ? À tout lecteur, y compris sans lecture préalable de Fantastic Four : le récit installe sa situation en quelques pages. Seul bémol : la mort de Cassie a eu lieu ailleurs, dans la saga Avengers: The Children's Crusade, et connaître cet épisode donne au run toute sa profondeur. Pour le collectionner, les fascicules de 2013 n'ont rien de rare ; le recueil, lui, rassemble la série dans un ordre de lecture sans accroc et suffit à la plupart des lecteurs.

Top 2 : Nick Spencer et Ramon Rosanas, Ant-Man puis The Astonishing Ant-Man (2015-2016)

C'est la première série solo de Scott Lang qui ressemble à un projet d'auteur. Spencer installe son héros à Miami, patron d'une petite entreprise de sécurité qui peine à décoller, avec une fille à voir plus souvent et un costume qu'il traite comme un outil de travail. Le ton oscille entre la comédie de sketchs et le mélodrame de famille, et Rosanas, dessinateur au trait clair, donne aux scènes de miniaturisation une lisibilité qui évite le piège de l'abstraction.

Ce run compte pour le personnage parce qu'il fixe l'identité moderne de Scott Lang : un type qui ne cherche pas la gloire, qui échoue souvent et qui s'obstine. C'est aussi, de loin, la meilleure porte d'entrée pour un lecteur arrivé par le cinéma, puisqu'il retrouve le ton de la franchise filmée sans qu'il y ait besoin de rapprocher les deux continuités. Le passage de la première série à la seconde, annoncé par un changement de titre, a parfois semé la confusion dans les listes de collection.

Format conseillé : les recueils, qui suivent le changement de numérotation sans que vous ayez à y penser. Si vous préférez les fascicules, tenez-vous-en à une règle simple : notez pour chaque lot à quelle série il appartient, et ne comptez pas sur le titre de la couverture pour trancher.

Top 3 : David Michelinie, John Byrne et Bob Layton, Marvel Premiere #47 et #48 (1979)

Scott Lang apparaît d'abord dans Avengers #181, en 1979, puis reçoit son récit fondateur dans Marvel Premiere #47 et #48. Michelinie y écrit l'histoire d'un ingénieur électronicien sorti de prison, père d'une petite fille dont la santé exige une opération que ses moyens ne permettent pas. Le costume d'Ant-Man, qu'il dérobe chez Hank Pym, devient le seul instrument d'une urgence familiale. L'originalité du récit est dans sa morale : Pym ne le livre pas à la police, il lui laisse l'armure, à charge pour lui de la mériter.

Ces deux numéros pèsent sur tout ce qui suit. Ils font passer le manteau d'Ant-Man d'un savant isolé à un homme ordinaire, et ils ont fourni la trame de l'adaptation cinématographique. Ils ne sont que deux, ce qui explique leur place plus basse que les deux séries précédentes : le récit est efficace mais bref, et son rythme porte la marque de la fin des années 1970.

Pour la lecture, un recueil consacré aux premières aventures de Scott Lang suffit amplement. Pour la collection, c'est une autre affaire : Marvel Premiere #47 est le numéro que les chasseurs de clés associent à la naissance de Scott Lang, et nous le traitons dans notre liste des numéros clés d'Ant-Man. Ici, la question est uniquement celle de la lecture : y renoncer pour le fascicule d'origine coûte moins cher qu'on ne le croit.

Top 4 : Robert Kirkman et Phil Hester, The Irredeemable Ant-Man (2006-2007)

Ce n'est ni Hank Pym ni Scott Lang qui porte le costume, mais Eric O'Grady, agent subalterne du S.H.I.E.L.D. qui s'empare de l'armure et n'en fait que ce qu'un homme sans scrupule en ferait : espionner, séduire, s'enrichir. Le titre ne ment pas, et c'est tout son intérêt : Kirkman bâtit douze numéros sur un protagoniste que le lecteur ne peut pas aimer, tout en le rendant irrésistiblement lisible.

Le run importe parce qu'il montre ce que le manteau d'Ant-Man peut supporter. Après Hank Pym, savant tourmenté, et Scott Lang, père de famille, Eric O'Grady est la négation du héros, et la comparaison éclaire les deux autres. Phil Hester, avec un trait nerveux et caricatural, soutient le ton satirique sans jamais le trahir par une pose héroïque.

C'est un run pour le lecteur qui connaît déjà le personnage : l'humour n'a toute sa saveur que si l'on sait ce qu'Ant-Man est censé être. Il existe en recueil, et le fascicule d'origine n'apporte rien de plus à la lecture. Nous le plaçons quatrième parce qu'il est un contrepoint plutôt qu'un portrait, mais aucun autre ensemble de la liste ne rit aussi franchement de sa propre prémisse.

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Top 5 : Stan Lee, Larry Lieber, Jack Kirby et leurs successeurs, Tales to Astonish (1962-1965)

C'est le socle. Hank Pym naît dans Tales to Astonish #27, en 1962, comme savant de science-fiction ; il devient Ant-Man dans le numéro 35, puis rencontre Janet van Dyne dans le numéro 44, en 1963. Il se transforme ensuite en Giant-Man à partir du numéro 49, et la série d'anthologie accompagne cette évolution jusqu'au numéro 69, en 1965, avant de passer la main à d'autres héros. Plusieurs plumes et plusieurs dessinateurs se succèdent sur ces numéros, et la qualité varie en conséquence.

Pourquoi n'arrive-t-il qu'en cinquième position, malgré son importance ? Parce que le test de lecture est ici défavorable : les histoires sont brèves, leur mécanique répétitive, et le ton relève des années 1960. En revanche, elles donnent à Hank Pym ses attributs durables : le casque qui parle aux fourmis, la miniaturisation par les particules, la présence de la Guêpe, et surtout l'instabilité qui le poussera à changer de nom et de taille. On y lit la matrice d'un personnage plus qu'un récit abouti.

Format conseillé : les rééditions chronologiques en recueil, plus agréables à lire que les fascicules et bien plus faciles à ranger dans l'ordre. Le fascicule d'origine relève d'une logique de collection pure, avec ses règles propres, que nous détaillons dans notre fiche sur Tales to Astonish #27.

Top 6 : Al Ewing et Tom Reilly, Ant-Man (2022)

Cette mini-série est construite en quatre chapitres comme une visite guidée de l'héritage du manteau. Ewing y fait défiler les Ant-Men à travers les époques, de Hank Pym à des porteurs plus lointains, sous le trait de Tom Reilly. Elle ne prétend pas rivaliser avec les œuvres des deux premières places ; elle joue un autre rôle, celui de la synthèse.

Son intérêt pour le personnage est de rappeler que le manteau est une transmission : chaque porteur hérite d'un costume, d'un nom et d'une faute à réparer. C'est la lecture idéale en conclusion de ce classement, ou en introduction pour qui préfère un seul volume avant de s'engager plus loin. Son format court et son statut de récit autonome en font une lecture sans risque.

Format conseillé : le recueil, évidemment. Les fascicules de 2022 sont encore faciles à trouver, et c'est la raison pour laquelle nous ne conseillons pas de les stocker par principe : un numéro récent trop abondant ne gagne pas de valeur sur la seule foi d'un bon récit.

Par lequel commencer selon votre profil

Vous arrivez du cinéma. Prenez la série de Nick Spencer et Ramon Rosanas : le ton est le plus proche de ce que vous avez vu, et elle ne demande aucune connaissance préalable. Poursuivez avec FF pour l'émotion.

Vous cherchez le meilleur récit, sans condition. FF de Fraction et Allred. Lisez au préalable un résumé de la mort de Cassie dans The Children's Crusade, ou lisez cette saga si vous voulez que le run vous touche pleinement.

Vous aimez les origines. Marvel Premiere #47 et #48 pour Scott Lang, puis Tales to Astonish pour Hank Pym. Notre guide sur les noms de code d'Ant-Man vous évite de vous perdre entre Giant-Man, Goliath et Yellowjacket.

Vous préférez l'humour noir. The Irredeemable Ant-Man, sans hésiter.

Vous voulez tout comprendre en un volume. L'anthologie d'Al Ewing, puis le guide de lecture pour choisir la suite. Si Hank Pym vous intéresse surtout par sa création, passez ensuite par le guide de lecture d'Ultron.

Ce que valent ces runs en collection

Ici, la valeur se lit en rapports, et le premier est le plus net : sur ces six ensembles, la lecture et la valeur de collection ne vont pas ensemble. Les ensembles les mieux classés (FF, la série de Spencer, la mini de 2022) sont modernes, abondants en fascicules et peu sensibles à l'état exact. Les ensembles historiques (Marvel Premiere, Tales to Astonish) sont ceux dont les exemplaires d'origine comptent, et ils ne comptent que par des numéros précis, jamais par la série entière.

Le deuxième rapport oppose le numéro isolé à l'ensemble complet. Un seul numéro-clé d'un run vaut sans commune mesure avec les autres numéros du même run ; acheter le run entier en fascicules n'a de sens que si vous le lisez. Pour la lecture, le recueil reste le choix économique. Pour la collection, ciblez les deux ou trois numéros que le marché désigne et laissez le reste en recueil.

Le troisième rapport est temporel. Les films ont fait monter l'attention portée à Scott Lang, et cette attention se porte d'abord sur ses apparitions fondatrices, avant de redescendre vers le reste. Les runs modernes de cette liste profitent peu de ces cycles, ce qui en fait des achats plus calmes. Pour situer un exemplaire donné, relevez les annonces actuelles du même numéro dans le même état, puis cherchez des ventes conclues pour les confronter : l'écart entre les deux est, en soi, une information.

Enfin, un conseil d'inventaire : tenez une ligne pour le fascicule et une ligne pour le recueil qui le reprend. Dans le cas d'Ant-Man, où le même récit est dispersé entre plusieurs séries et plusieurs titres, c'est la seule manière de savoir ce que vous possédez vraiment. Notre comparaison entre albums reliés et fascicules détaille l'arbitrage.

Questions fréquentes

FF de Matt Fraction et Mike Allred (2013-2014) arrive en tête de notre classement. Scott Lang y dirige la Fondation du Futur, une école de jeunes prodiges, tandis qu'il porte le deuil de sa fille. Le récit est autonome, accessible et émouvant. La série de Nick Spencer et Ramon Rosanas le suit de près.

La série de Nick Spencer et Ramon Rosanas (2015-2016) est la plus simple : elle suit Scott Lang, ne demande aucune lecture préalable et garde le ton de la comédie familiale. L'anthologie d'Al Ewing (2022) est une autre bonne entrée, car elle présente en un volume les différents porteurs du manteau.

Pas pour Scott Lang, dont les meilleures séries sont autonomes. En revanche, pour Hank Pym, les épisodes décisifs se jouent dans Avengers : la création d'Ultron, la période de Yellowjacket, la chute d'Avengers #213. Quelques recueils ciblés suffisent, inutile de remonter toute la série.

Oui, c'est le troisième porteur du manteau après Hank Pym et Scott Lang. Il apparaît dans The Irredeemable Ant-Man de Robert Kirkman et Phil Hester (2006-2007), où il s'empare du costume sans aucune vocation héroïque. Le ton est satirique et sert de contrepoint aux deux autres.

Pour lire, les recueils : ils suivent l'ordre du récit et évitent les changements de numérotation, fréquents chez Ant-Man. Pour collectionner, réservez les fascicules d'origine à quelques numéros fondateurs, comme Marvel Premiere #47 ou Tales to Astonish #35, et laissez le reste en volumes reliés.

Vous possédez un Tales to Astonish ou un Marvel Premiere de Scott Lang ? Faites estimer l'exemplaire avant d'acheter ou de vendre.

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