Hawkeye apparaît pour la première fois dans Tales of Suspense #57, daté de septembre 1964, dans un récit écrit par Stan Lee et dessiné par Don Heck. Clint Barton y débute du mauvais côté : archer de foire devenu justicier improvisé, il est pris pour un voleur, puis retourné contre Iron Man par la Veuve Noire. Les collectionneurs cherchent ce numéro parce qu'il contient la naissance complète du personnage, costume d'origine compris.
Ce numéro occupe une place inconfortable dans les listes d'achat : il est cher pour un simple épisode de série régulière, et pourtant moins célèbre que les grandes premières de 1962 et 1963. Résultat, sa cote bouge par à-coups, souvent au rythme des sorties audiovisuelles plutôt que de la demande de fond. Savoir ce qu'on achète exactement, et dans quel état, change ici davantage le prix payé que sur beaucoup d'autres clés de la même décennie.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Ce que contient Tales of Suspense #57
La couverture est datée de septembre 1964. Le récit qui intéresse les collectionneurs s'intitule « Hawkeye, the Marksman! », signé Stan Lee au scénario et Don Heck au dessin. Clint Barton y est présenté comme un tireur de spectacle, admiratif des héros qu'il voit à l'œuvre, qui se fabrique un attirail de flèches à effets et décide de s'en servir en public. Un malentendu le fait passer pour le voleur qu'il poursuivait, et sa carrière commence donc sur une accusation.
La seconde moitié du récit introduit l'élément qui va structurer le personnage pendant des années : sa rencontre avec l'espionne soviétique apparue quelques numéros plus tôt dans le même titre. Elle l'oriente, l'équipe et l'envoie contre l'homme en armure. Hawkeye n'est donc pas un héros qui débute, c'est un adversaire sous influence, et cette ambiguïté est exactement ce que les lecteurs de 1964 découvrent en ouvrant le numéro.
Dernier point souvent sous-estimé : le costume de ce premier récit n'est pas celui que le grand public associe au personnage. Masque intégral, dominante violette et bleue, silhouette de forain plus que d'Avenger. La tenue qui figure sur les jouets et les affiches arrive plus tard. Un acheteur qui cherche « la couverture avec Hawkeye tel qu'on le connaît » ne la trouvera pas dans ce numéro, et plusieurs annonces jouent sur cette confusion.
Le contexte éditorial de la série en 1964
À cette date, le titre n'était pas encore le magazine partagé qu'il deviendra : la mutation éditoriale se produit deux numéros plus loin, lorsque Captain America vient occuper la seconde moitié de chaque fascicule à partir du numéro 59. Tales of Suspense #57 appartient donc à la dernière poignée de numéros où la série fonctionne encore selon sa formule précédente, ce qui explique au passage la longueur du récit d'introduction de Hawkeye, plus généreuse que celle des épisodes de 1965.
Cette position de charnière a une conséquence pratique. Les collectionneurs qui constituent une suite complète s'arrêtent souvent sur la plage 55 à 60, parce qu'elle concentre à la fois cette première apparition et le basculement du titre. La demande sur le numéro 57 est donc portée par deux publics différents, les chasseurs de premières apparitions et les complétistes de série, et c'est une des raisons pour lesquelles les exemplaires moyens se vendent plus vite qu'on ne l'attendrait.
Le personnage, lui, ne reste pas longtemps un second rôle d'un seul titre. Il rejoint l'équipe dans Avengers #16, daté de mai 1965, aux côtés de Quicksilver et de la Sorcière Rouge, dans la formation remaniée qui succède aux fondateurs. Moins d'un an sépare donc l'adversaire d'un numéro de l'archer titulaire d'une équipe, et c'est ce rattachement rapide qui a fait de Tales of Suspense #57 une clé plutôt qu'une curiosité.
Pourquoi ce numéro est devenu une clé recherchée
Trois forces se sont additionnées. D'abord le statut de membre durable : depuis 1965, le personnage n'a jamais vraiment quitté les effectifs de l'équipe, en tant que membre, démissionnaire, meneur d'une formation dissidente ou mentor. Une première apparition se valorise quand la suite lui donne raison, et quarante ans de présence continue ont donné raison à celle-ci.
Ensuite l'arrivée au cinéma. Le visage de l'archer apparaît brièvement dans le film consacré à Thor en 2011, puis en membre à part entière du film d'équipe de 2012, avec Jeremy Renner dans le rôle. Chaque annonce et chaque sortie a produit une poussée visible sur les ventes aux enchères du numéro, selon un schéma que l'on retrouve sur beaucoup de premières apparitions portées par l'écran.
Enfin la série télévisée de 2021, qui a eu un effet plus particulier : en mettant en scène la transmission du nom à une seconde porteuse, elle a tiré vers le haut non seulement Tales of Suspense #57 mais aussi la première apparition de cette héritière, parue en 2005 dans Young Avengers #1. Deux clés d'époques très différentes ont donc bougé ensemble, ce qui est rare et utile à connaître quand on arbitre entre les deux.
Ce qui fait varier la cote d'un exemplaire à l'autre
Sur un fascicule de 1964, l'écart entre un exemplaire lu et un exemplaire préservé ne se compte pas en pourcentages mais en multiples. Les paliers hauts de la notation sont peu peuplés pour ce numéro, et la rareté relative y produit des sauts brutaux : un seul cran gagné en haut de l'échelle peut valoir plus que la différence entre deux exemplaires moyens. À l'inverse, dans la moitié basse de l'échelle, la courbe est plate et un cran se négocie à peine.
Les défauts qui pèsent le plus sont ceux du dos agrafé et du bord droit de la couverture. Les papiers Marvel de ces années jaunissent de manière inégale selon le stockage, et la blancheur des pages intérieures est devenue un critère de prix à part entière : deux exemplaires notés au même niveau peuvent se vendre très différemment selon que les pages sont crème ou franchement brunies.
Dernier facteur, le marché d'origine. Les exemplaires américains de kiosque restent la référence, mais ce numéro a aussi circulé via des circuits de distribution secondaires, avec des couvertures parfois tamponnées ou surchargées par le revendeur. Ces exemplaires existent, ils se collectionnent, mais ils ne se comparent pas directement aux premiers en matière de cote.
Reconnaître une édition d'une autre
Il n'existe pas de variante de couverture pour ce numéro au sens moderne du terme : en 1964, le tirage était unique. Les confusions viennent donc d'ailleurs, et principalement des réimpressions ultérieures du récit. L'épisode d'introduction de Hawkeye a été repris dans des recueils, puis dans les collections cartonnées et les intégrales souples que l'éditeur publie depuis les années 1990. Ces volumes contiennent le même récit, ils n'ont aucun rapport de valeur avec le fascicule d'origine.
Le point de vigilance le plus concret concerne les éventuels fac-similés. L'éditeur en produit régulièrement pour ses classiques, avec une couverture quasiment identique à l'originale. Si un fac-similé de ce numéro circule ou paraît, il porte un code-barres ou un bloc d'informations légales contemporain, souvent au verso, et un papier nettement plus blanc et plus épais. Vérifiez systématiquement le dos et la quatrième de couverture avant de conclure, et demandez une photographie de la page des mentions légales intérieures.
Troisième cas, les éditions étrangères. Le récit a été traduit dans de nombreux pays, souvent avec une pagination et une couverture totalement différentes, parfois des années après 1964. Une publication française ou italienne contenant la première apparition n'est pas « un Tales of Suspense #57 » : c'est une première publication locale, qui a son propre marché, bien plus étroit.
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Commencer mon essai →Les pièges à l'achat
Le piège le plus fréquent est l'annonce qui mentionne la première apparition sans préciser qu'il s'agit d'une réimpression ou d'un recueil. Lisez le titre du lot jusqu'au bout, et exigez une photographie du fascicule à plat, dos compris. Un vendeur qui ne montre que la couverture recadrée vous cache presque toujours quelque chose, en général un dos décollé ou une agrafe remplacée.
Deuxième piège, les restaurations non déclarées. Sur les fascicules de cette décennie, le comblement de manques, le renforcement du dos et le nettoyage chimique sont courants, et ils déclassent l'exemplaire lorsqu'ils sont détectés. Un exemplaire restauré n'est pas un mauvais achat en soi, à condition que son prix reflète la restauration et non l'état apparent.
Troisième piège, plus insidieux : le numéro voisin vendu au prix du numéro clé. Les couvertures de la série se ressemblent beaucoup sur cette période, et le chiffre est petit. Vérifiez le numéro sur la couverture et, si possible, sur la première page intérieure. Avant de vous engager sur un exemplaire haut de gamme, une estimation préalable évite de calquer le prix d'un palier sur celui du palier voisin.
Les numéros voisins qui comptent aussi
Le premier à connaître est Tales of Suspense #52, qui contient la première apparition de la Veuve Noire, celle qui manipule l'archer dans le numéro 57. Les deux fascicules se tiennent commercialement : ils se citent l'un l'autre dans les annonces, et un acheteur qui chasse l'un finit souvent par prendre l'autre dans le même mois.
Vient ensuite le numéro 59, qui ouvre la seconde moitié du magazine à Captain America et qui est devenu une clé de série à part entière. Et bien sûr Avengers #16, qui acte l'entrée dans l'équipe. Ce dernier numéro reste beaucoup plus accessible que la première apparition, ce qui en fait une porte d'entrée raisonnable pour qui veut un numéro significatif du personnage sans viser le sommet.
Pour les collections orientées équipe plutôt que personnage, les numéros d'Avengers de 1965 et 1966 forment un ensemble cohérent où l'archer tient un rôle central, souvent en conflit avec le reste du groupe. Ils se trouvent encore en état correct, et ils documentent le personnage mieux que des fascicules isolés achetés au hasard.
Ce que la notation change sur ce numéro précis
Faire noter un exemplaire de 1964 a un sens économique au-dessus d'un certain niveau d'état seulement. En dessous, le coût de l'opération et le délai dépassent le gain, et un exemplaire brut bien photographié se vend très correctement entre collectionneurs avertis. Au-dessus, l'inverse est vrai : la certification ouvre l'accès aux enchères spécialisées, où se forment les prix de référence du numéro.
La notation joue aussi un rôle de preuve sur deux points difficiles à établir sur photographie : la restauration et la présence éventuelle d'un encart manquant. Sur les fascicules de cette période, la publicité centrale est parfois arrachée, et ce défaut échappe à un contrôle visuel rapide. Un avis indépendant lève ce doute, ce qui compte si vous envisagez de revendre.
Enfin, souvenez-vous que la notation fige un jugement à une date donnée. Pour ce numéro, la couleur du papier continue d'évoluer après la mise sous coque, et le marché valorise de plus en plus les mentions de qualité de page. Deux exemplaires certifiés il y a quinze ans au même niveau ne se présentent pas identiquement aujourd'hui.
Comment le suivre dans une collection
Un numéro de cette importance mérite une fiche détaillée plutôt qu'une simple ligne. Enregistrez l'édition exacte, le mois de couverture, l'état déclaré, la provenance, et le fait qu'il s'agit du fascicule d'origine et non d'une reprise. C'est cette dernière information qui manque le plus souvent dans les inventaires anciens, et c'est elle qui fait perdre du temps au moment d'une vente ou d'une déclaration d'assurance.
Pensez aussi à relier la fiche aux numéros qui l'accompagnent : la première apparition de l'espionne, le numéro 59, Avengers #16. Le catalogue permet de constituer ces ensembles et de voir d'un coup d'œil ce qui manque à une sous-collection. Une collection documentée de cette manière vaut mieux, à contenu égal, qu'une pile sans historique.
Pour le suivi de valeur, retenez que la cote de ce numéro est nerveuse : elle réagit vite aux annonces audiovisuelles, et elle redescend partiellement ensuite. Relever une estimation une fois par an suffit pour les paliers bas ; pour un exemplaire haut de gamme, un point semestriel est plus prudent, en gardant à l'esprit que les ventes publiques récentes pèsent davantage que les grilles imprimées.
Ce qu'il faut retenir avant d'acheter
Tales of Suspense #57 est une clé solide pour une raison simple : le personnage introduit en septembre 1964 est entré dans l'équipe huit mois plus tard et n'en est jamais vraiment sorti. Mais c'est une clé exigeante, parce que le récit a été réimprimé de nombreuses fois, parce que le costume d'origine ne ressemble pas à celui que l'acheteur occasionnel a en tête, et parce que les écarts d'état se paient très cher en haut de l'échelle.
La bonne approche consiste donc à fixer d'abord le palier d'état que vous visez, puis à ne comparer que des exemplaires de ce palier, photographiés dos compris. Si vous constituez un ensemble autour de l'équipe, mettez ce numéro en regard de ses clés d'effectif plutôt que de l'acheter isolément : il prend tout son sens dans cette série-là.
Vous détenez un Tales of Suspense #57, un numéro voisin de 1964 ou un Avengers #16 et vous voulez savoir où il se situe aujourd'hui ?
Estimer mon comicQuestions fréquentes
Non. Clint Barton y commence comme adversaire : pris pour un voleur après sa première intervention publique, il est ensuite orienté contre l'homme en armure par la Veuve Noire. Son passage du côté des héros se joue dans les mois suivants, et il devient membre de l'équipe dans Avengers #16, daté de mai 1965.
Non, et c'est une source d'erreur fréquente dans les annonces. La tenue de septembre 1964 comporte un masque couvrant et une silhouette d'artiste de spectacle. Le costume familier, associé à l'équipe, apparaît plus tard. Si une annonce montre l'archer sous son apparence moderne, elle ne concerne pas ce fascicule.
Le récit « Hawkeye, the Marksman! » est écrit par Stan Lee et dessiné par Don Heck. Sur les créditations d'époque, les mentions de lettrage et d'encrage sont parfois incomplètes ou divergentes d'une source à l'autre : pour le scénario et le dessin, en revanche, l'attribution est stable et constamment reprise.
C'est une solution cohérente. Avengers #16 acte l'entrée dans l'équipe en mai 1965, reste nettement plus accessible et se trouve plus facilement en bel état. Il ne remplace pas la première apparition sur le plan de la cote, mais il raconte l'étape décisive du personnage et complète utilement une collection orientée équipe.
Parce qu'elle met en scène la transmission du nom. La demande s'est portée à la fois sur la première apparition de 1964 et sur celle de la seconde porteuse du titre, publiée dans Young Avengers #1 en 2005. Cet effet double est inhabituel, et il explique une partie de la nervosité de la cote depuis cette période.