Action Comics #242 (couverture datée juillet 1958, en kiosque le 29 mai 1958, 10 ¢) — récit d'ouverture « The Super-Duel in Space! » — scénario d'Otto Binder, dessin d'Al Plastino — Éditeur : DC Comics. Première apparition de Brainiac. Le même récit introduit Kandor, la cité kryptonienne miniaturisée : deux apports majeurs dans un seul numéro.
Action Comics #242 occupe une place particulière parmi les clés d'âge d'argent. Il n'introduit pas seulement un adversaire durable : il installe un objet — une ville sous cloche — qui allait devenir l'un des accessoires les plus reconnaissables de l'univers de Superman, et l'un des rares à porter à lui seul une charge émotionnelle.
Pour le collectionneur, ce numéro pose une question que peu de premières apparitions posent aussi nettement : ce qu'on achète, est-ce l'entrée en scène du personnage, ou celle de la cité ? Les deux circulent dans le même exemplaire, et la demande vient des deux côtés.
Contexte de publication
Le numéro porte la date de couverture de juillet 1958, mais il est arrivé chez les marchands de journaux le 29 mai 1958. Cet écart de deux mois entre date imprimée et mise en vente est la norme de l'époque : la date de couverture indiquait au vendeur quand retirer l'invendu du présentoir, pas quand le numéro était paru.
Ce détail a une conséquence pratique pour qui recherche ce numéro : les annonces le décrivent tantôt comme un comic de mai, tantôt de juillet 1958. Ce sont bien le même objet, et un vendeur qui date son exemplaire de mai n'est pas en train de vous vendre autre chose.
Le prix de couverture est de 10 cents. Action Comics était alors un titre d'anthologie : le récit de Superman ouvre le sommaire, mais le numéro contient plusieurs histoires courtes sans rapport, une pratique éditoriale qui explique pourquoi les crédits du numéro entier mentionnent bien plus de noms que ceux du seul récit d'ouverture.
1958 est une année charnière pour l'éditeur. Le Comics Code, instauré quatre ans plus tôt, a assaini les sommaires et poussé les auteurs vers la science-fiction : plus de monstres d'horreur, mais des envahisseurs venus de l'espace, des rayons réducteurs et des machines pensantes. Brainiac naît exactement de ce climat éditorial. Il n'est pas un criminel de Metropolis ; c'est un visiteur venu du vide, avec une technologie que le lecteur de l'époque associait aux films de soucoupes volantes.
Les créateurs du numéro
Au générique du récit : Otto Binder pour le texte, Al Plastino pour les planches. Ces deux noms comptent, et pas seulement pour ce numéro.
Peu d'auteurs ont autant écrit que Binder dans toute l'histoire du médium. Venu de la concurrence, où il avait longuement écrit les aventures d'un autre héros en cape, il apporte chez Superman un goût prononcé pour les concepts de science-fiction pure : mondes en bouteille, robots, voyages temporels. Une bonne partie du mobilier durable de la mythologie kryptonienne sort de sa machine à écrire.
Plastino appartient au trio de dessinateurs qui ont façonné l'apparence de Superman pendant les années 1950 et 1960. Son trait est net, lisible, sans effets : c'est précisément ce qui rend la couverture de ce numéro efficace, parce que l'idée visuelle — un homme devant des bocaux contenant des villes — n'a pas besoin d'être appuyée pour frapper.
Pour le collectionneur, cette double signature ajoute un motif d'intérêt : le numéro ne se limite pas à une première apparition : il vaut aussi comme pièce représentative du savoir-faire de deux artisans centraux de la période.
Ce que raconte le numéro
Le titre du récit est « The Super-Duel in Space! ». Un vaisseau apparaît au-dessus de Metropolis ; son occupant prélève des villes entières, les réduit et les conserve sous cloche. Superman découvre que la Terre n'est pas la première visitée — et que l'une des villes déjà collectionnées est Kandor, capitale de Krypton, enlevée avant la destruction de la planète.
C'est là que le numéro dépasse le statut de simple première apparition d'adversaire. Il rend à Superman quelque chose qu'on lui avait retiré dans son récit fondateur : des survivants. Une population kryptonienne vivante, mais miniaturisée et inaccessible — une consolation qui est en même temps un supplice.
Cette idée a irrigué le personnage pendant des décennies. Elle transforme un héros défini par la perte en héros défini par une perte réversible, et cette nuance a nourri d'innombrables intrigues ultérieures. Kandor devient un décor récurrent, un problème moral permanent et, à intervalles réguliers, l'enjeu d'un récit entier.
Il faut noter une chose que beaucoup d'acheteurs découvrent après coup : dans ce récit d'origine, le personnage n'est pas encore ce qu'il deviendra. Il est présenté comme un extraterrestre à la peau verte, collectionneur de cités, pas comme l'intelligence artificielle kryptonienne que connaissent les lecteurs modernes. Cette réécriture viendra bien plus tard.
La couverture
La composition montre Superman face à un adversaire au crâne dégarni cerné de nodules, entouré de bocaux contenant des villes. L'image travaille par contraste d'échelle : le héros le plus puissant de son éditeur, réduit à l'impuissance devant des récipients de verre.
Elle a un défaut de conservation caractéristique : le fond, très coloré, révèle impitoyablement l'usure des bords et les micro-plis. Sur ce numéro plus que sur d'autres, l'œil se porte d'abord sur les angles. Un exemplaire dont les quatre coins sont nets se distingue immédiatement d'un exemplaire moyen, même sur une photo d'annonce de qualité médiocre.
Le bandeau supérieur, avec le logo du titre, est l'autre zone sensible. Les comics de cette époque étaient empilés puis feuilletés debout au présentoir ; la partie haute de la couverture a souvent souffert avant même que l'exemplaire ne soit acheté.
Points de vigilance à l'achat
Quatre vérifications s'imposent avant tout achat sur ce segment.
Le bloc de pages. Les comics de 1958 utilisent un papier qui s'acidifie. Une couverture séduisante peut masquer des pages cassantes, brunies sur les tranches. Demandez systématiquement des photos de l'intérieur, pas seulement de la couverture.
Les mentions au dos et sur la première page. Les exemplaires vendus en kiosque portent parfois un tampon de distributeur ou une date manuscrite. Ce n'est pas rédhibitoire, mais cela pèse sur la note.
Les rééditions et fac-similés. Le récit a été republié à plusieurs reprises en recueils. Un exemplaire proposé à un prix qui paraît anormalement bas mérite qu'on vérifie qu'il s'agit bien du numéro d'origine et non d'une reprise ultérieure.
Les pages manquantes. Sur les comics de cette période, il faut vérifier que le numéro est complet. Certaines pages intérieures comportaient des bons à découper, et un lecteur de 1958 n'avait aucune raison de s'en priver. Une page découpée fait basculer l'exemplaire dans une catégorie de valeur entièrement différente.
Ce qui détermine la valeur
Sur ce type de numéro, la conservation pèse davantage que tout le reste réuni. Deux exemplaires du même comic, l'un feuilleté pendant soixante ans et l'autre resté à l'abri, ne se négocient pas dans la même unité de compte — le rapport entre eux se mesure en multiples, pas en écarts de quelques dizaines de pour cent.
Deux moteurs de demande se cumulent ici, et c'est ce qui distingue ce numéro. D'un côté, les collectionneurs du personnage, qui recherchent l'entrée en scène d'un adversaire réapparu sans interruption depuis. De l'autre, ceux qui suivent la mythologie kryptonienne, pour qui l'intérêt tient à Kandor. Ces deux publics ne se recoupent pas entièrement, ce qui élargit le marché.
S'ajoute un facteur discret mais réel : la notoriété du nom lui-même. « Brainiac » est passé dans l'usage courant de l'anglais pour désigner quelqu'un de très intelligent. Peu de personnages secondaires peuvent en dire autant, et cette familiarité entretient une demande venue de gens qui n'ont jamais ouvert un comic.
Aucune estimation ne vaut sans confrontation au marché : avant de vous engager, comparez toujours l'exemplaire proposé à des transactions effectivement conclues sur un état équivalent.
Les apparitions suivantes qui comptent
Le personnage a connu une refonte profonde bien après ses débuts. Sa version d'origine est un envahisseur classique de la science-fiction des années 1950 ; les auteurs ultérieurs l'ont réécrit en intelligence artificielle d'origine kryptonienne, avec un nom propre et une psychologie.
Cette réécriture crée une configuration que le collectionneur rencontre souvent sur ce corpus : le numéro fondateur et le numéro qui a fixé le personnage ne coïncident pas. Action Comics #242 est le premier ; ce n'est pas nécessairement celui que citent les lecteurs venus des versions modernes.
La conséquence est favorable à qui débute : les étapes intermédiaires de cette réécriture sont nettement plus accessibles que la première apparition, tout en étant souvent celles que recommandent les lecteurs. On peut ainsi bâtir un ensemble cohérent et représentatif sans jamais toucher au numéro de 1958.
Une autre piste mérite d'être signalée : les apparitions du personnage hors des séries Superman. Ses incursions dans les titres d'équipe, où il affronte plusieurs héros à la fois, sont généralement restées dans l'ombre des grandes clés — alors qu'elles sont souvent mieux dessinées et plus faciles à trouver en bel état.
Comment situer ce numéro dans une collection
Trois stratégies cohabitent chez les collectionneurs qui s'intéressent à ce personnage, et elles n'appellent pas le même budget.
La première consiste à viser l'exemplaire unique : Action Comics #242 dans le meilleur état accessible, comme pièce centrale. C'est l'approche la plus exigeante financièrement, mais aussi la plus lisible — un seul objet porte tout le propos.
La deuxième privilégie le parcours : réunir les étapes successives du personnage, de l'envahisseur de 1958 à ses réécritures modernes, en acceptant des états moyens. L'ensemble raconte une évolution que l'exemplaire isolé ne montre pas.
La troisième s'organise autour de Kandor plutôt qu'autour du personnage : les numéros où la cité en bouteille joue un rôle, quel que soit l'adversaire. C'est la piste la moins fréquentée, donc la moins disputée, et elle offre un avantage pratique non négligeable — les vendeurs indexent rarement leurs annonces sur ce critère, ce qui laisse passer des exemplaires intéressants à des conditions raisonnables.
Pour situer ce numéro parmi les autres étapes du personnage, reportez-vous à nos numéros clés de Brainiac ; pour un ordre de lecture, au guide de lecture.
Questions fréquentes
Action Comics #242, couverture datée juillet 1958 et mis en vente le 29 mai 1958, au prix de 10 cents. Le récit d'ouverture, « The Super-Duel in Space! », a pour scénariste Otto Binder et pour dessinateur Al Plastino. C'est aussi la première apparition de la cité kryptonienne de Kandor.
Parce que la date imprimée servait au marchand de journaux : elle indiquait quand retirer l'invendu du présentoir, pas quand le numéro était paru. L'écart habituel dans les années 1950 est d'environ deux mois. Action Comics #242 est donc daté de juillet 1958 mais a été vendu à partir du 29 mai.
Pas tout à fait. Dans Action Comics #242, c'est un extraterrestre à la peau verte qui collectionne des villes miniaturisées. Sa réécriture en intelligence artificielle d'origine kryptonienne, avec un nom propre et une véritable psychologie, est intervenue bien plus tard. Le numéro fondateur et le numéro qui a fixé le personnage moderne sont donc deux objets distincts.
Vérifiez le prix imprimé en couverture : un exemplaire de 1958 porte 10 cents. Contrôlez aussi la date de couverture et le numéro directement sur la photo, pas seulement dans le titre de l'annonce. Le récit a été republié plusieurs fois en recueils, et une annonce peut décrire le contenu sans préciser qu'il s'agit d'une reprise.
L'état, très loin devant tout le reste. Sur une clé d'âge d'argent, un exemplaire usé et un exemplaire bien conservé se séparent d'un facteur, pas de quelques points de pourcentage. Les points les plus scrutés sont la blancheur des pages, la netteté des quatre angles, la tenue du dos et des agrafes, et l'absence de restauration non déclarée.
Par les numéros de réécriture du personnage, nettement plus accessibles et souvent ceux que recommandent les lecteurs, ou par ses apparitions dans les titres d'équipe, restées dans l'ombre des grandes clés et plus faciles à trouver en bel état. On peut bâtir un ensemble cohérent sans jamais toucher au numéro de 1958.
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