Once & Future #1 (2019) : le lancement BOOM! devenu un numéro clé, illustration article

Once & Future #1 paraît chez BOOM! Studios le 14 août 2019, sur un scénario de Kieron Gillen, des dessins de Dan Mora, des couleurs de Tamra Bonvillain et un lettrage d'Ed Dukeshire. Bridgette McGuire quitte sa maison de retraite et embarque son petit-fils Duncan dans la traque d'une relique arthurienne qu'un groupe nationaliste veut utiliser pour ramener le roi Arthur. Le premier tirage a été largement sous-commandé, d'où les retirages qui ont suivi, et la demande n'a jamais été portée par une adaptation à l'écran.

Ce numéro occupe une place particulière dans une collection : c'est l'un des rares lancements de 2019 dont la cote s'explique entièrement par ce que les lecteurs se sont dit entre eux. Aucune bande-annonce, aucun casting, aucune date de diffusion ne sont venus soutenir la demande. Pour qui achète des premiers numéros récents, Once & Future #1 sert donc de point de comparaison utile : il montre à quel niveau se stabilise un fascicule quand le seul moteur est la qualité perçue de la série et la rareté du premier tirage.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Carte d'identité : Once & Future #1 (2019) : le lancement

Ce que contient le numéro du 14 août 2019

Le premier chapitre installe deux personnages et un mécanisme. Bridgette McGuire, pensionnaire d'un établissement pour personnes âgées, se révèle avoir mené autrefois une activité qu'elle n'a jamais racontée à sa famille. Duncan McGuire, son petit-fils, mène une vie ordinaire d'universitaire jusqu'au moment où sa grand-mère le sort de son quotidien sans explication utile. Le numéro fait tenir cette bascule en une vingtaine de pages, ce qui est resté l'un des arguments les plus cités à propos de ce lancement.

Le second fil est éditorial autant que narratif : un groupe nationaliste anglais met la main sur un objet lié au cycle arthurien et l'emploie pour faire revenir Arthur. Gillen y traite le mythe national comme une arme, et c'est cette lecture politique du matériau arthurien qui a donné au titre son identité dès le premier numéro. Rien n'est reporté à plus tard : le monstre apparaît, la règle du jeu est posée, Bridgette agit.

Côté image, Dan Mora assure dessin et encrage, avec des couleurs de Tamra Bonvillain qui tirent les séquences nocturnes vers des contrastes très saturés. Pour un acheteur, cette répartition compte : le numéro est souvent recherché autant pour le travail de Mora que pour le scénario, et la carrière que le dessinateur a menée ensuite chez un éditeur américain majeur a renforcé cette seconde motivation.

BOOM! Studios en 2019, un catalogue qui change d'échelle

Au moment où Once & Future arrive en kiosque spécialisé, BOOM! Studios n'est plus un éditeur de niche mais n'a pas encore l'automatisme de commande d'une grande maison. Les libraires passaient alors des commandes prudentes sur ses nouveaux titres de création, réservant leurs volumes aux licences qui tournaient déjà. C'est cette prudence, et non une décision de rareté, qui explique le tirage initial court de ce premier numéro.

L'année 2019 reste d'ailleurs celle où le même éditeur a lancé Something Is Killing the Children, dont le premier numéro a suivi quelques mois plus tard une trajectoire comparable côté demande, avec cette différence qu'il a ensuite été associé à des annonces d'adaptation. Mettre ces deux lancements côte à côte est l'exercice le plus instructif qu'on puisse faire sur Once & Future : même éditeur, même année, même mécanique de sous-commande, mais un seul des deux titres a bénéficié d'un relais audiovisuel.

Gillen arrivait lui-même d'un parcours qui a joué sur la confiance des lecteurs plus que sur celle des acheteurs professionnels : il venait d'ouvrir Die en 2018 et avait achevé The Wicked + The Divine, deux séries de création dont le public s'est reporté sur ce nouveau titre. Mora, de son côté, avait travaillé chez le même éditeur sur Klaus. Rien de tout cela ne figurait dans les arguments de vente au moment des commandes.

Comment ce lancement est devenu une clé sans passer par un écran

La séquence est documentée par les retirages successifs eux-mêmes : le premier tirage s'épuise, l'éditeur réimprime, et la demande continue. Ce qui circule alors n'est pas une annonce mais des recommandations de lecteur à lecteur, relayées par les boutiques qui avaient aimé le numéro et par les comptes de critique en ligne. Le titre a donc grimpé pendant que la série, elle, n'avait publié que trois ou quatre chapitres.

Cette chronologie permet d'isoler un facteur que la plupart des clés récentes ne permettent pas d'isoler. Quand un fascicule monte après l'annonce d'un film, il est impossible de dire ce qui revient à l'œuvre et ce qui revient au calendrier des studios. Ici, la série s'est achevée au trentième numéro en 2022 sans adaptation diffusée, et la demande sur le premier numéro s'est pourtant maintenue. C'est, en pratique, le plafond que peut atteindre un lancement porté par la seule réputation de lecture.

Pour un collectionneur, l'enseignement est directement utilisable : un numéro dans cette situation évolue plus lentement, mais il redescend aussi moins brutalement, puisqu'il n'a pas de nouvelle à décevoir. Aucune annulation de projet ne peut lui retirer son moteur, parce que son moteur est l'avis de ceux qui l'ont lu.

Les variables de cote propres à ce premier numéro

Trois éléments pèsent, dans cet ordre. D'abord le tirage : un exemplaire du premier tirage et un exemplaire d'un retirage ne jouent pas dans le même registre, l'écart étant ici plus marqué que sur un lancement correctement commandé, précisément parce que les retirages ont été nombreux. Ensuite la couverture : la version principale de Dan Mora est la référence du marché, les autres couvertures de ce numéro se négociant selon leur propre rareté et non selon celle du titre.

Vient enfin l'état. Un fascicule de 2019 n'a pas d'excuse d'âge : le papier et le brochage sont récents, et le marché attend donc un exemplaire proche du neuf. Sur un comic de cette période, un pli de lecture au dos ou un angle émoussé fait perdre plus en valeur relative que le même défaut sur un numéro des années soixante-dix, où l'acheteur accepte l'usure comme normale.

Distinguer le premier tirage des retirages

La vérification se fait sur la page de crédits, pas sur la couverture. Sur ce numéro, le bloc de mentions légales indique le rang du tirage ; un exemplaire qui ne porte aucune mention de rang correspond au tirage d'origine. Les sources divergent sur le nombre exact de retirages qu'a connus ce premier numéro, et c'est une raison supplémentaire de se fier à l'exemplaire plutôt qu'à une liste mémorisée.

Les retirages de ce titre réutilisent le plus souvent l'image de Mora, parfois retraitée en teinte unie ou avec un cartouche ajouté. Autrement dit, reconnaître un retirage à l'œil depuis une photographie d'annonce est risqué : une vignette basse définition ne permet ni de lire la page de crédits ni d'apprécier une variation de couleur. Demandez systématiquement une photographie lisible de cette page avant de conclure.

Un dernier repère utile : la date de dépôt indiquée dans ce bloc. Un exemplaire présenté comme premier tirage mais dont la page de crédits porte une date postérieure à août 2019 est, dans le meilleur des cas, une description négligente du vendeur.

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Les pièges à l'achat sur ce titre précis

Le premier piège est l'ambiguïté volontaire. Une annonce qui écrit « Once & Future #1 BOOM! 2019 » sans préciser le rang du tirage joue sur le fait que l'acheteur supposera le tirage d'origine. Sur ce numéro, cette omission est fréquente et elle n'est presque jamais corrigée spontanément, parce que le prix affiché reste cohérent avec un retirage.

Le deuxième tient aux couvertures alternatives. Ce lancement en a connu plusieurs, dont des versions réservées à des circuits de précommande, et certaines sont plus difficiles à trouver que le tirage d'origine lui-même. Une annonce qui parle simplement de « variante » sans nommer l'artiste ni le circuit de distribution ne vous permet pas d'évaluer ce que vous achetez.

Le troisième est lié à la fraîcheur du papier. Les exemplaires de 2019 ont souvent été stockés verticalement en boîte longue sans intercalaire, ce qui crée une courbure du dos invisible de face. Sur un titre où le marché exige du quasi neuf, ce défaut fait toute la différence, et il ne se voit que sur une photographie prise de biais ou en tenant le fascicule par la tranche.

Les autres numéros de la série qui méritent attention

La demande se concentre très fortement sur le premier numéro, bien plus que sur un lancement de série longue classique. Les deuxième et troisième chapitres suivent à distance, pour une raison simple : ils ont été commandés en tenant compte du succès du premier, donc imprimés plus largement. L'écart de disponibilité entre #1 et #2 est l'un des plus visibles qu'on puisse observer sur un titre de cette période.

Il existe en revanche une forme de voisinage par auteur plutôt que par série. Die #1, paru en 2018 chez un autre éditeur, et les épisodes de Klaus dessinés par Mora forment avec ce numéro un ensemble cohérent pour qui collectionne les créateurs plutôt que les personnages. Cette logique d'acquisition par signature est d'ailleurs celle qui soutient le mieux la valeur sur les titres de création, comme on l'observe sur les lancements de séries indépendantes à succès.

Enfin, le trentième et dernier numéro, publié en 2022, intéresse une partie des collectionneurs qui veulent encadrer la série par ses deux extrémités. Son tirage, lui, correspondait à l'audience réelle de fin de parcours, ce qui en fait un objet rare pour une raison opposée à celle du premier numéro.

Ce que la notation change pour un fascicule de 2019

Faire noter un comic récent répond à une logique différente de celle d'un numéro ancien. Sur Once & Future #1, la note ne sert pas à certifier qu'un exemplaire a traversé cinquante ans : elle sert à établir que l'exemplaire est bien du tirage d'origine, puisque le rang du tirage figure sur l'étiquette descriptive. C'est ce point d'identification, plus que la note elle-même, qui justifie la démarche sur ce titre.

L'effet sur la cote suit une règle que l'on peut formuler sans chiffre : sur un fascicule récent, le marché valorise surtout les deux ou trois crans supérieurs de l'échelle, et un exemplaire noté légèrement en dessous du haut de gamme se négocie à peine mieux qu'un exemplaire non noté en très bel état. Le coût de la prestation doit donc être mis en regard du rang espéré, pas du rang moyen.

Les sections de cette fiche, de la description du numéro aux pièges à l'achat

Suivre ce numéro dans une collection

Deux informations doivent être saisies ensemble pour que la fiche serve à quelque chose plus tard : le rang du tirage et l'identité de la couverture. Un simple « Once & Future #1 » dans un inventaire ne permettra pas, dans cinq ans, de savoir si vous détenez le tirage d'août 2019 ou une réimpression, et c'est exactement l'information qui détermine la valeur de la ligne.

Ajoutez-y une photographie de la page de crédits au moment de l'achat. C'est le document qui vous dispensera de rouvrir la pochette pour répondre à un acheteur, et c'est aussi la pièce qui rend une revente crédible sans discussion. Pour une série achevée en trente numéros, noter également l'état de complétude du run évite d'acheter deux fois le même chapitre dans une convention.

Enfin, suivez la valeur par comparaison plutôt que par montant mémorisé. Les repères utiles sont les ventes conclues sur des exemplaires de même tirage et de même état, et la lecture de ces séries de ventes vaut mieux qu'une estimation ponctuelle. Nos autres guides de numéros clés détaillent cette méthode de relevé.

Ce que ce lancement apprend sur la demande

Once & Future #1 est un cas d'école parce qu'il répond à une question que les collectionneurs se posent souvent sans pouvoir la tester : que vaut un premier numéro quand aucun studio ne s'y intéresse ? La réponse, sur ce titre, est qu'il vaut durablement quelque chose, à un niveau inférieur à celui des clés adaptées, mais avec une volatilité bien plus faible.

Cela a une conséquence pratique sur la façon d'acheter. Sur un numéro porté par le bouche-à-oreille, il n'y a pas de fenêtre d'opportunité à saisir avant une annonce : vous pouvez attendre le bon exemplaire, du bon tirage, dans le bon état, sans craindre un décrochage du marché pendant votre recherche. C'est le contraire de la discipline qu'imposent les clés de personnages comme celles rassemblées autour de The Walking Dead, où l'actualité commande le calendrier.

Pour clore le raisonnement : ce numéro du 14 août 2019 mérite sa place dans une collection pour ce qu'il démontre autant que pour ce qu'il contient. Il prouve qu'un lancement bien fait, défendu par ses lecteurs, se maintient sans appui extérieur, et il donne à qui l'achète un étalon fiable pour juger toutes les autres clés récentes de son rayonnage.

Vous possédez un exemplaire de Once & Future #1 et vous ignorez s'il s'agit du tirage d'août 2019 ou d'une réimpression ? Faites-le situer avant de le vendre.

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Questions fréquentes

Le numéro est sorti le 14 août 2019 chez BOOM! Studios. C'est cette date qui sert de repère pour identifier le tirage d'origine : la page de mentions légales d'un exemplaire présenté comme premier tirage doit être cohérente avec cette parution, et toute date postérieure signale une réimpression, même quand la couverture reprend l'image de Dan Mora.

Kieron Gillen signe le scénario, Dan Mora le dessin, Tamra Bonvillain les couleurs et Ed Dukeshire le lettrage. Cette équipe est restée l'argument principal du titre auprès des lecteurs, et la notoriété acquise ensuite par Mora sur des séries de super-héros a ajouté une seconde motivation d'achat au premier numéro.

Parce que les commandes initiales des libraires ont été faites avant toute réputation de lecture, sur un titre de création d'un éditeur qui n'avait pas encore d'automatisme de commande. Le tirage s'est épuisé plus vite que prévu et l'éditeur a réimprimé à plusieurs reprises. Les sources divergent sur le nombre final de rangs, à vérifier sur l'exemplaire.

Cela se justifie surtout pour un exemplaire du tirage d'origine en état proche du neuf, car l'étiquette descriptive fixe alors noir sur blanc le rang du tirage. Pour un exemplaire de réimpression, la démarche certifie ce qui limite la valeur et n'apporte pratiquement rien à la revente.

Elle plafonne la cote plus bas que celle d'une clé adaptée, mais elle la rend aussi plus stable : il n'y a ni emballement d'annonce ni rechute après un report de tournage. La série, achevée au trentième numéro en 2022, conserve une demande alimentée par la recommandation entre lecteurs.