Les meilleurs arcs narratifs de Deadpool sont le run de Joe Kelly (1997-1999) pour l'équilibre humour/émotion, Uncanny X-Force de Rick Remender (2010-2012) pour la profondeur dramatique, et le run de Gerry Duggan (2012-2018) pour la construction à long terme du personnage.
En plus de trente ans de publication, Deadpool a traversé des dizaines d'arcs narratifs de qualité variable. Si le personnage est souvent réduit à son humour potache et ses ruptures du quatrième mur, les meilleurs scénaristes ont su exploiter la complexité émotionnelle cachée derrière le masque — le cancer terminal, l'identité fracturée, le désir désespéré d'être accepté comme héros.
Ce guide classe et analyse les arcs narratifs essentiels par ordre chronologique, en précisant pour chaque arc les numéros à collecter, leur valeur sur le marché secondaire et leur importance dans la mythologie Deadpool.
Le run Joe Kelly : Deadpool #1-33 (1997-1999)
Joe Kelly a transformé Deadpool d'un personnage unidimensionnel en l'anti-héros complexe que nous connaissons aujourd'hui. Son run est unanimement reconnu comme le meilleur de la franchise, et ce pour trois raisons : il a établi le ton humoristique unique du personnage, il a introduit une profondeur émotionnelle inattendue, et il a créé le supporting cast qui définit Deadpool (Blind Al, Weasel, T-Ray).
Arc "Drowning Man" (#1-5) — introduction de la série avec Deadpool engagé par le mystérieux Tolliver pour un contrat qui le met face à Sasquatch. Le ton est posé dès le premier numéro : action, humour et conscience de soi.
Arc "Blind Al" (#14-19) — le chef-d'oeuvre de Kelly. Le #14, où Deadpool s'insère dans un ancien numéro de Spider-Man, est un tour de force technique et narratif. L'arc révèle la relation perturbante entre Wade et Blind Al, mélange de Stockholm et de besoin d'affection. Ces numéros en CGC 9.8 se vendent entre 80 $ et 150 $.
Arc "T-Ray/Identity" (#25-33) — le climax du run Kelly, avec la révélation sur l'identité de Wade Wilson et la confrontation avec T-Ray. Le #25 est un numéro clé qui se vend 60-100 $ en CGC 9.8.
Uncanny X-Force : #1-35 (2010-2012, Rick Remender)
Bien que ce ne soit pas une série solo Deadpool, Uncanny X-Force de Rick Remender est largement considérée comme la meilleure utilisation du personnage dans un contexte d'équipe. Remender écrit un Deadpool qui utilise l'humour comme mécanisme de défense face à l'horreur de ce que l'équipe doit faire — notamment tuer un enfant Apocalypse dans le premier arc.
Arc "The Apocalypse Solution" (#1-4) — l'arc d'ouverture qui pose les enjeux moraux de toute la série. La décision de tuer Evan (Kid Apocalypse) divise l'équipe et Deadpool se retrouve dans une position morale inattendue. Uncanny X-Force #1 en CGC 9.8 se négocie entre 100 $ et 180 $.
Arc "Dark Angel Saga" (#8-18) — souvent cité parmi les 10 meilleurs arcs X-Men de tous les temps. Deadpool y joue un rôle crucial, notamment dans l'Age of Apocalypse alternatif. C'est dans ces numéros que le personnage montre sa profondeur sous la plume de Remender.
Arc "Final Execution" (#25-35) — la conclusion magistrale qui voit Deadpool prendre une décision héroïque majeure. Le #35 (dernier numéro) en CGC 9.8 se vend 40-70 $.
Le run Gerry Duggan : Deadpool #1-250 puis #1-36 (2012-2018)
Le run le plus long jamais consacré à Deadpool, s'étalant sur six ans et plus de 80 numéros au total. Duggan (d'abord co-écrit avec Brian Posehn) a construit un arc narratif de longue haleine : la quête de Deadpool pour devenir un véritable héros, et l'échec tragique de cette quête.
Arc "Dead Presidents" (#1-6) — des présidents américains zombifiés ressuscités que Deadpool doit éliminer. L'arc d'ouverture parfait : fun, accessible, avec un concept high-concept irrésistible. Les dessins de Tony Moore (Walking Dead) ajoutent un cachet supplémentaire.
Arc "The Good, The Bad and The Ugly" (#15-19) — considéré comme le sommet du run Duggan. Deadpool, Wolverine et Captain America infiltrent un camp de concentration nord-coréen où des mutants sont exploités pour créer des armes biologiques. L'arc le plus sombre et le plus émouvant de toute la franchise, avec la révélation que Wade a une fille. Les CGC 9.8 de ces numéros se vendent 30-60 $.
Arc "Secret Empire" (Despicable Deadpool #287-300) — la trahison ultime. Deadpool, manipulé par un Steve Rogers HYDRA, commet des actes impardonnables. La série se conclut avec Deadpool rejeté par tous ses alliés, dans un final d'une tristesse remarquable pour un personnage "comique". Le #300 en CGC 9.8 : 50-90 $.
Arcs sous-estimés à redécouvrir
Cable & Deadpool "If Looks Could Kill" (#1-6, 2004) — Fabian Nicieza (co-créateur de Deadpool) retrouve son personnage et crée la meilleure bromance de l'univers Marvel. L'alchimie entre le straight man Cable et le wildcard Deadpool est à l'origine de l'angle Cable dans Deadpool 2.
Deadpool & The Mercs for Money (2016) — arc sous-estimé où Deadpool gère une équipe de mercenaires. L'humour de gestion d'entreprise appliqué au monde des super-héros fonctionne remarquablement bien.
Spider-Man/Deadpool "Isn't it Bromantic?" (#1-5, 2016) — Joe Kelly revient pour les cinq premiers numéros de la série Spider-Man/Deadpool. La dynamique entre les deux personnages est une masterclass de comédie super-héroïque, avec un sous-texte émotionnel sur le besoin d'approbation de Deadpool.
Pour les collectionneurs, ces arcs secondaires offrent un excellent rapport qualité/prix : les numéros clés se trouvent généralement entre 20 $ et 60 $ en CGC 9.8, un tarif très accessible pour constituer une collection thématique complète.
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