Marvel Super-Heroes #18 (1969) : les premiers Gardiens de la Galaxie, illustration article

Les Gardiens de la Galaxie apparaissent pour la première fois dans Marvel Super-Heroes #18, daté de janvier 1969, écrit par Arnold Drake et dessiné par Gene Colan. Au XXXIe siècle, quatre survivants de mondes conquis par les Badoon se liguent contre l'occupant : l'astronaute terrien Vance Astro, Martinex de Pluton, Charlie-27 de Jupiter et Yondu de Centauri-IV. C'est le numéro recherché pour la première équipe, pas pour celle du cinéma.

Ce numéro est l'un des rares du catalogue où l'acheteur et le vendeur peuvent être d'accord sur le titre, le prix et l'état, et se tromper quand même sur ce qui est vendu. Un collectionneur qui cherche « la première apparition des Gardiens de la Galaxie » veut neuf fois sur dix l'équipe qu'il a vue à l'écran : un hors-la-loi humain, une tueuse à la peau verte, un raton laveur armé et un arbre. Aucun de ces personnages n'est dans Marvel Super-Heroes #18. Le numéro est bien une première apparition d'équipe, authentique et datée, mais d'une équipe différente, et cette confusion se paie au moment de la revente plus souvent qu'à l'achat.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Carte d'identité : Marvel Super-Heroes #18 (1969) : la première équipe des Gardiens

Ce que contient réellement Marvel Super-Heroes #18

Le sommaire du numéro est tenu par un seul récit complet, situé au XXXIe siècle. Arnold Drake y installe une Terre et un système solaire déjà perdus : la Fraternité des Badoon a soumis les colonies humaines, et la résistance ne tient plus qu'à des individus que rien ne destinait à se rencontrer. Vance Astro est un astronaute parti de la Terre au XXe siècle, arrivé après un voyage d'un millénaire sur Centauri-IV, où il découvre que l'humanité l'a devancé par un moyen plus rapide que le sien. Yondu est natif de cette planète, archer dont les flèches obéissent au son. Charlie-27 vient des colonies de Jupiter, où la gravité a produit une morphologie massive. Martinex est le dernier survivant de Pluton, au corps cristallin.

Les quatre se trouvent, s'allient et se nomment dans ce même numéro : le nom d'équipe n'arrive pas plus tard, il est posé là. Pour un collectionneur, c'est important, car cela fait de Marvel Super-Heroes #18 une première apparition multiple, quatre personnages et une formation, et non une simple préfiguration. Gene Colan est aux dessins, dans un registre plus sombre et plus charpenté que le graphisme spatial clair qu'on associe souvent à la science-fiction Marvel de cette période.

Une anthologie en fin de parcours : le contexte éditorial

Marvel Super-Heroes n'était pas une série de personnage mais un titre d'essai. Il avait pris la suite numérotée de Fantasy Masterpieces, ce qui explique que la numérotation de ce #18 ne corresponde pas à dix-huit numéros publiés sous ce titre, et qu'une recherche dans le catalogue puisse renvoyer les deux intitulés pour la même série. C'est dans ce titre que Captain Marvel avait été lancé quelques numéros plus tôt, au #12 : la logique de la maison était d'y tester une idée sur un épisode long, puis de décider.

Pour les Gardiens, la décision a été de ne rien décider. Le titre a basculé vers la réimpression peu après, et l'équipe de Drake et Colan n'a pas eu de suite immédiate. Elle est restée inemployée plusieurs années avant de revenir en invitée dans les séries des années 1970, chez les Defenders de Docteur Strange notamment, puis dans une série qui lui a enfin été consacrée, avant de croiser les Avengers à la fin de la décennie. Ce trou de plusieurs années est précisément ce qui a fait de ce numéro une curiosité de fond de carton pendant longtemps, et non une pièce suivie.

Pourquoi ce numéro est devenu une clé, et à quel moment

La trajectoire de cote de Marvel Super-Heroes #18 n'est pas celle d'un classique reconnu depuis toujours. Pendant des décennies, ce fut un numéro d'anthologie de 1969 avec une équipe obscure, cher pour les spécialistes du cosmique, invisible pour les autres. Son statut a changé quand le nom « Guardians of the Galaxy » est devenu une marque grand public, à partir du moment où la franchise s'est installée au cinéma. Le marché a alors cherché « la première apparition », et l'a trouvée ici, parce que c'est bien ici que le nom naît.

Cette dynamique a une conséquence pratique : la demande sur ce numéro est plus sensible à l'actualité audiovisuelle qu'à l'histoire interne de la série. Elle monte quand le nom est à l'écran, elle retombe ensuite, et elle se rouvre à chaque fois qu'un personnage de 1969 refait surface dans une production. Yondu en est l'exemple le plus net : son nom a été repris au cinéma pour un personnage traité très différemment de l'archer de Centauri-IV, et cette reprise a tiré le numéro plus sûrement que n'importe quelle relecture du récit de Drake.

Les Gardiens de 1969 et ceux des années 2000 : ce qui ne se recoupe pas

C'est le point à comprendre avant d'acheter. L'équipe fondée en 2008 par Dan Abnett et Andy Lanning, celle dont le public connaît la composition, réunit des personnages créés séparément et ailleurs : Star-Lord et Rocket Raccoon sont apparus dans le magazine Marvel Preview au milieu des années 1970, Groot bien plus tôt encore, dans une anthologie de monstres de 1960, Drax dans les pages d'Iron Man en 1973, Gamora chez Jim Starlin au milieu des années 1970. Aucun de ces débuts n'est Marvel Super-Heroes #18.

Le lien entre les deux formations existe, mais il est mince et il passe par un seul homme : Vance Astro, devenu Major Victory, a figuré dans l'équipe des années 2000. Autrement dit, le numéro de janvier 1969 est la première apparition de l'équipe qui a porté ce nom d'abord, et la première apparition d'un seul membre de l'équipe que le public identifie aujourd'hui. Un vendeur qui écrit « 1st appearance Guardians of the Galaxy » dit vrai ; un acheteur qui comprend « premier Star-Lord » se trompe. La description n'est pas mensongère, elle est simplement incomplète, et c'est à vous de poser la question.

Ce qui fait varier la cote de ce numéro

Sur un numéro de janvier 1969, trois variables pèsent avant toute autre. La première est la tenue du dos : les agrafes de cette période et un papier de newsstand déjà acide font que le pli central et les coins supérieurs portent les premiers défauts. La deuxième est la blancheur relative des pages : un exemplaire au papier franchement bruni plafonne quel que soit l'aspect de la couverture. La troisième est la planéité de la couverture, car l'encre sombre employée sur cette illustration de groupe laisse voir les frottements et les plis de lecture plus crûment qu'un fond clair.

À cela s'ajoute un facteur propre aux anthologies : ces titres étaient moins conservés que les séries de personnages vedettes. Un acheteur de 1969 gardait son Amazing Spider-Man et lisait son anthologie. La conséquence se mesure aujourd'hui dans la rareté relative des hauts grades plutôt que dans la rareté des exemplaires eux-mêmes. En clair, trouver un exemplaire complet est faisable ; trouver un exemplaire que la notation placera dans le haut du spectre est une autre affaire, et c'est là que l'écart de cote se creuse, souvent d'un facteur important pour un seul cran.

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Reconnaître une édition d'une autre

Le tirage d'origine est un fascicule de kiosque américain de janvier 1969, au prix de couverture de douze cents, sans code-barres : les codes-barres n'arrivent sur les comics qu'à la fin des années 1970, et leur présence sur un exemplaire de ce titre disqualifie immédiatement l'hypothèse d'un tirage d'époque. Vérifiez ensuite l'indicia, en bas de la première page intérieure : il porte la date, le numéro et l'éditeur, et c'est la seule mention qui ne se laisse pas falsifier sans toucher au papier.

Trois autres objets circulent sous le même visuel. Les exemplaires distribués au Royaume-Uni à cette période portent parfois un prix en pence imprimé ou tamponné sur la couverture : ce sont des exemplaires d'époque, mais leur traitement sur le marché diffère du tirage américain, et un vendeur devrait le signaler. Les réimpressions en recueil du récit existent et ne valent pas le fascicule. Enfin, si une édition facsimilé de ce numéro a été publiée, elle se reconnaît à son papier moderne, à son dos et à un indicia contemporain qui mentionne la réédition : un facsimilé n'est pas une contrefaçon, mais le confondre avec un tirage de 1969 change tout.

Les pièges à l'achat

Le premier piège est le libellé d'annonce. Une fiche qui met en avant des noms issus du cinéma à propos d'un numéro de 1969 signale soit un vendeur qui ne sait pas ce qu'il vend, soit un vendeur qui compte sur la confusion. Demandez une photo de l'indicia et une photo du dos, pas seulement de la couverture.

Le deuxième piège est la restauration non déclarée. Sur un fascicule de cet âge, le renforcement discret du pli central, le recollage d'une agrafe ou le retouchage d'un angle de couverture sont fréquents et ne se voient pas sur une photo de face prise de loin. Un exemplaire restauré se négocie dans une catégorie distincte, pas avec une petite décote.

Le troisième piège est le lot. Les anthologies de la fin des années 1960 circulent souvent en paquets où le #18 sert d'argument de vente pour écouler les numéros voisins. Le calcul à faire est simple : ce que vous paieriez pour le #18 seul, au grade estimé, comparé au prix du lot. Si l'écart ne couvre pas le reste du paquet, c'est le reste du paquet que vous achetez.

Les numéros voisins qui comptent aussi

Dans le même titre, le #12 reste la pièce la plus suivie, pour le lancement de Captain Marvel. Les numéros encadrant le #18 relèvent de la même logique d'essai et n'ont pas produit de personnage durable, ce qui les laisse accessibles : ils complètent une série sans peser sur un budget.

Hors du titre, la vraie constellation à surveiller si votre objectif est l'équipe moderne se trouve ailleurs : les magazines noir et blanc du milieu des années 1970 pour Star-Lord et Rocket Raccoon, une anthologie de monstres de 1960 pour Groot, et la zone cosmique de Jim Starlin pour Gamora et Thanos. C'est là, et pas dans Marvel Super-Heroes #18, que se jouent les premières apparitions des personnages du cinéma. Et pour les Badoon, adversaires du récit de 1969, le fil remonte à la série du Silver Surfer, où ils avaient été introduits quelques mois plus tôt.

Les sections de cette fiche, de la description du numéro aux pièges à l'achat

Ce que la notation change sur ce numéro précis

Faire noter un exemplaire de Marvel Super-Heroes #18 a un sens différent selon l'état de départ. Dans le haut du spectre, la notation est à peu près indispensable : l'écart de cote entre deux crans voisins y est tel qu'aucun acheteur sérieux ne paiera le haut du marché sur une simple description. Dans le bas et le milieu du spectre, le coût de la prestation et de l'expédition pèse lourd par rapport au gain, et un exemplaire décrit honnêtement avec de bonnes photos se vend sans difficulté.

Le cas intéressant est l'exemplaire moyen que vous pensez meilleur qu'il n'est. Sur ce numéro, la couverture sombre et le papier de 1969 produisent beaucoup de déceptions à l'ouverture de la coque. Avant d'envoyer, examinez le pli central à la lumière rasante et regardez la tranche des pages de profil : ces deux gestes expliquent la plupart des écarts entre le grade espéré et le grade obtenu. Et si l'exemplaire est destiné à rester dans votre collection plutôt qu'à repartir, la notation ne vous apporte rien que la pochette et le carton ne fassent déjà.

Comment le suivre dans une collection, et ce qu'il faut retenir

Ce numéro mérite une fiche plus bavarde que la moyenne, parce que son intérêt tient à une distinction qui ne se lit pas sur la couverture. Notez le titre tel qu'il figure sur l'objet, le numéro, la date de janvier 1969, et surtout une mention claire de ce que l'exemplaire est : première apparition de l'équipe de Vance Astro, Martinex, Charlie-27 et Yondu. Vous vous épargnerez une mauvaise surprise le jour où un héritier, un acheteur ou vous-même relirez la ligne dix ans plus tard.

Dans My Comics Collection, l'objet se retrouve en cherchant le titre dans le catalogue, y compris sous l'intitulé antérieur de la série. Renseignez le grade estimé ou certifié, le type de tirage, l'éventuel prix en pence, et la présence ou non d'une restauration : ce sont ces quatre champs, pas la couverture, qui détermineront la valeur que vous lirez plus tard. Et si vous arrivez sur cette page parce que vous cherchiez le premier Star-Lord, la bonne nouvelle est que vous venez d'éviter l'erreur la plus répandue du marché cosmique : le numéro de 1969 est une vraie clé, mais pas celle que vous croyiez acheter. Les deux peuvent entrer dans la même collection, à condition de savoir laquelle vous payez.

Un exemplaire de janvier 1969 au papier bruni et un exemplaire au pli central intact n'appartiennent pas au même marché : faites estimer le vôtre avant de le mettre en vente ou de l'envoyer en notation.

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Questions fréquentes

Non. Star-Lord est apparu pour la première fois dans un magazine Marvel du milieu des années 1970, soit plusieurs années après ce numéro. Marvel Super-Heroes #18 introduit l'équipe de 1969 : Vance Astro, Martinex, Charlie-27 et Yondu. Une annonce qui associe les deux mélange deux formations distinctes portant le même nom d'équipe.

Le récit est écrit par Arnold Drake et dessiné par Gene Colan. C'est l'unique épisode d'origine de cette équipe, publié avec une date de couverture de janvier 1969, dans un titre d'anthologie qui servait de banc d'essai à des idées non encore attribuées à une série régulière.

Parce que Marvel Super-Heroes reprend la numérotation de Fantasy Masterpieces, le titre qui l'a précédé. Ce #18 n'est donc pas le dix-huitième fascicule paru sous ce nom. Dans un catalogue, la même série peut apparaître sous les deux intitulés, ce qui explique les recherches infructueuses.

Il s'agit d'un exemplaire d'époque destiné au marché britannique, pas d'une réimpression. Son traitement diffère cependant de celui du tirage américain de janvier 1969, et les acheteurs n'y réagissent pas de la même façon. Un vendeur devrait toujours le mentionner, et une photo de la couverture permet de le vérifier.

Cela dépend du grade. Dans le haut du spectre, la notation est quasiment exigée par le marché, car l'écart entre deux crans y est considérable. Dans le milieu et le bas, le coût de la prestation absorbe souvent le gain, et des photos nettes du pli central et de la tranche suffisent à vendre correctement.