Un Mark Jewelers insert est un encart publicitaire de quatre pages, agrafé au centre du comic, qui vantait bagues de fiançailles et bijoux à destination des militaires américains. Les sources documentées situent ces encarts entre 1972 et le milieu des années 1980, certaines prolongeant jusqu'au début des années 1990, chez Marvel, DC et Gold Key. Les exemplaires concernés partaient vers les points de vente des bases militaires, aux États-Unis et outre-mer, ce qui en fait un sous-ensemble d'un sous-ensemble : à partir des numéros datés d'octobre 1980, l'encart n'apparaît plus que dans des exemplaires kiosque, déjà minoritaires. CGC mentionne l'encart sur l'étiquette, et un exemplaire dont l'encart a été arraché peut repartir en étiquette verte « qualifiée ». La prime existe, mais elle est très inégale : forte sur un numéro clé convoité, quasi nulle ailleurs.
Il existe dans les comics américains une catégorie d'objets que presque personne ne cherchait au moment où ils circulaient, et que personne ne regarde encore vraiment aujourd'hui en France. Les encarts Mark Jewelers en font partie. Ce sont des pages de publicité pour bijoutier, imprimées sur un papier plus épais que le reste du fascicule, insérées au milieu de certains exemplaires et de certains seulement. Rien dans la couverture ne les annonce. Rien dans les sommaires ne les mentionne. Il faut ouvrir le comic, ou regarder sa tranche, pour savoir.
Cette discrétion est exactement ce qui rend le sujet intéressant, et ce qui le rend piégeux. Intéressant parce qu'un objet qu'on ne remarque pas est un objet qu'on ne conserve pas : la mortalité de ces exemplaires a été élevée, et leur rareté est réelle. Piégeux parce que la rareté seule ne crée pas de valeur, et que la littérature disponible sur le sujet est mince, dispersée, parfois contradictoire. Cet article tient donc deux promesses : vous donner une méthode d'identification qui fonctionne, et vous dire honnêtement où s'arrête ce qui est établi.
Un bijoutier, des soldats, et une idée commerciale très ciblée
Le point de départ est une opération de publicité classique dans sa mécanique et singulière dans sa cible. Mark Jewelers était un détaillant de bijouterie qui a passé accord avec des éditeurs de comics pour faire glisser dans certains exemplaires un encart vantant bagues de fiançailles, alliances, montres et colliers. La cible n'était pas le lecteur adolescent moyen : c'était le militaire américain en poste, loin de chez lui, et susceptible d'acheter un bijou pour quelqu'un resté au pays.
Le raisonnement commercial se lit sans effort. Les comics étaient un produit de grande consommation présent dans les points de vente des bases, y compris outre-mer. Le lectorat militaire était jeune, souvent célibataire ou récemment fiancé, disposait d'une solde régulière, et se trouvait géographiquement coupé des commerces où il aurait fait cet achat autrement. Un encart cartonné au milieu d'un fascicule à vingt-cinq ou trente-cinq cents touchait cette population pour un coût dérisoire. L'opération était, dans sa logique, parfaitement rationnelle.
Sur l'annonceur lui-même, en revanche, il faut être franc : la documentation est presque inexistante. Les recherches publiées par des collectionneurs qui ont tenté de remonter la piste de l'entreprise se sont arrêtées faute de traces. Une enquête parue en 2021 raconte précisément cet échec : l'auteur n'a trouvé ni acte de naissance, ni acte de décès de la société, et les homonymes contactés n'avaient aucun lien avec elle. Plusieurs sources mentionnent une société du même nom en Californie, mais l'une d'elles note que cette société a été créée en 1981, soit plusieurs années après les premiers encarts, ce qui rend le rattachement douteux. Il existe également des bijoutiers dont le nom s'écrit avec une orthographe voisine, sans rapport établi.
Autrement dit : l'objet est documenté, l'annonceur ne l'est pas. C'est une asymétrie inhabituelle, et elle explique une partie du flou qui entoure cette niche. Quand l'émetteur d'une variante est un éditeur, on peut reconstituer des tirages, des contrats, des notes internes. Quand c'est un annonceur disparu, il ne reste que les exemplaires eux-mêmes.
La période et les éditeurs : ce qui est établi, ce qui varie selon les sources
Les bornes temporelles diffèrent d'une source à l'autre, et il vaut mieux présenter cet écart que le masquer.
Le repère le plus souvent cité place les encarts entre 1972 et 1986. Des recensements de collectionneurs identifient des exemplaires dès les numéros datés d'août 1972, en citant notamment Action Comics #415 et House of Secrets #99 comme les plus anciens repérés chez DC. Un relevé dédié aux séries de licence documente une plage allant de novembre 1972 à juillet 1986. D'autres sources, notamment des boutiques spécialisées, prolongent la pratique jusqu'au début des années 1990. Une partie de ce désaccord vient probablement de la méthode : identifier le dernier encart suppose d'avoir dépouillé des séries entières, exemplaire par exemplaire, ce que personne n'a fait de façon exhaustive.
Sur les éditeurs, le consensus est plus net. Marvel et DC sont systématiquement cités. Gold Key apparaît dans les relevés les plus anciens, avec une nuance utile : certains numéros Gold Key du début des années 1970 contenaient une publicité Mark Jewelers d'une seule page, imprimée sur le papier ordinaire du fascicule, et non un encart distinct. Ces exemplaires-là ne constituent pas une variante, puisque l'intégralité du tirage les portait. La distinction est fondamentale et mérite d'être retenue : ce qui fait la variante, ce n'est pas la présence d'une publicité pour bijoutier, c'est la présence d'un encart physiquement séparé que seule une partie du tirage a reçu.
Une autre observation structurante figure dans les relevés : à partir des numéros datés d'octobre 1980, les encarts Mark Jewelers n'apparaissent plus que dans des exemplaires de l'édition kiosque. Cela ne vient pas d'une décision de l'annonceur mais de la réorganisation de la distribution américaine, où le réseau des librairies spécialisées se sépare progressivement du réseau de presse. Pour qui connaît déjà la distinction entre édition kiosque et édition librairie, la conséquence est immédiate : sur les numéros postérieurs à cette date, un exemplaire à encart est forcément un exemplaire kiosque, et la rareté de l'encart s'ajoute à celle, déjà réelle, du kiosque.
Pourquoi ces exemplaires sont rares : trois filtres successifs
La rareté des exemplaires à encart ne vient pas d'un tirage limité décidé par l'éditeur. Elle vient de l'empilement de trois filtres indépendants, et c'est ce qui la rend difficile à chiffrer.
Le filtre de destination
Seule une fraction du tirage recevait l'encart, et cette fraction partait vers les points de vente des bases militaires américaines, sur le territoire national comme outre-mer. Un lecteur qui achetait son comic dans un drugstore ordinaire n'avait aucune chance de tomber sur un exemplaire à encart. La géographie de la diffusion, pas le tirage, est le premier facteur de rareté.
Le filtre du kiosque
Sur la seconde moitié de la période, l'encart n'existe que dans l'édition kiosque. Or le kiosque devient lui-même minoritaire au fil des années 1980, à mesure que la librairie spécialisée absorbe le marché. Chercher un exemplaire à encart sur un numéro de 1984 revient donc à chercher une sous-population d'une population déjà réduite. C'est ce qu'un observateur a décrit comme une rareté à plusieurs étages, difficile à suivre.
Le filtre de l'arrachage
L'encart est raide. Les premières versions étaient imprimées sur carton, les suivantes sur papier glacé épais. Dans les deux cas, le fascicule se feuillette mal et s'ouvre de travers. Beaucoup de lecteurs ont donc tout simplement retiré l'encart pour lire confortablement. Chaque arrachage détruit une variante sans détruire le comic : l'exemplaire survit, la particularité disparaît.
Reste la question du chiffre. On lit parfois qu'environ 2 % du tirage aurait reçu l'encart. Cette estimation circule dans des ouvrages de référence, mais elle est présentée comme une opinion et non comme une mesure. Les recensements de collectionneurs les plus prudents disent autre chose : le rapport entre exemplaires ordinaires et exemplaires à encart est inconnu, et l'on constate seulement que les seconds sont nettement moins nombreux. C'est la formulation honnête, et c'est celle qu'il faut adopter. Si l'on veut raisonner sérieusement sur ces volumes, mieux vaut employer les méthodes générales d'estimation de tirage et de rareté que de répéter un pourcentage dont personne ne connaît la source.
Méthode d'identification : six gestes, dans cet ordre
L'identification est à la portée de n'importe qui, à condition de procéder dans le bon ordre et de ne pas sauter l'étape de la tranche, qui est la plus rapide.
Vérifier d'abord la fenêtre de dates
Regardez la date portée dans l'ours, au bas de la première page. Si elle est antérieure à 1972 ou postérieure à la fin des années 1980, l'hypothèse de l'encart devient très improbable et vous pouvez arrêter là. Ce réflexe vous évitera d'inspecter des centaines de fascicules pour rien. Sur les numéros postérieurs à octobre 1980, ajoutez une seconde condition : l'exemplaire doit être une édition kiosque, repérable à son code-barres.
Examiner la tranche supérieure, comic fermé
C'est le geste le plus efficace et le moins risqué. Posez le fascicule fermé et regardez la tranche du haut en lumière rasante. Un encart sur papier épais crée une bande visible au milieu de l'épaisseur, souvent d'une teinte différente du papier journal environnant. Les descriptions de collectionneurs parlent d'une bande de stock lourd, parfois bleutée, repérable sans ouvrir le comic. Cette inspection ne manipule rien et ne risque donc pas d'abîmer les agrafes.
Ouvrir au centre, sur un support plat
L'encart est agrafé au centre du fascicule, à l'emplacement de la double page centrale. Ouvrez le comic à plat, sans forcer le dos, jusqu'à atteindre le milieu. L'encart s'impose de lui-même : il est plus rigide, plus brillant, et son format peut être très légèrement différent de celui des pages du comic. Ne pliez jamais la couverture vers l'arrière pour aller plus vite : c'est le geste qui crée les plis de dos.
Compter les pages et lire ce qu'elles annoncent
L'encart typique représente environ quatre pages de publicité, consacrées à des bagues, des alliances, des montres et des colliers. Le contenu doit être une publicité de bijouterie au nom de Mark Jewelers, pas une publicité de bijouterie quelconque. Il a existé d'autres encarts du même genre pour d'autres annonceurs du secteur, sur des numéros du début des années 1970 : une publicité de bijoux sur papier épais n'est donc pas, à elle seule, la preuve d'un Mark Jewelers.
Distinguer l'encart de la simple page de publicité
Si la publicité pour bijoutier est imprimée sur le papier ordinaire du fascicule et fait partie de la pagination normale, vous n'avez pas une variante : tout le tirage la portait. C'est le cas documenté de quelques numéros Gold Key du début des années 1970. Le critère est physique et sans ambiguïté : l'encart est un cahier distinct, sur un autre papier, ajouté au moment de l'assemblage.
Chercher un code d'encart, puis consigner le résultat
Les relevés les plus détaillés notent la présence, sur certains encarts, d'un petit code alphanumérique qui permet de distinguer les versions successives de la publicité. Ce niveau de détail n'intéresse qu'une poignée de spécialistes, mais il existe. Dans tous les cas, finissez par écrire ce que vous avez constaté dans votre inventaire, en face du numéro concerné : encart présent, absent, ou partiellement arraché. Sans cette note, l'information se perdra au premier rangement.
Quand l'encart a été retiré : ce que cela change vraiment
C'est le point où la niche cesse d'être une curiosité pour devenir une question d'évaluation sérieuse, et c'est aussi celui où il faut être le plus prudent.
Un exemplaire dont l'encart a été arraché pose un problème de nature particulière. Il ne s'agit pas d'un défaut d'état ordinaire, comme un pli ou une décoloration : il s'agit d'une page manquante. Or une page manquante n'est pas traitée par les services de notation comme une usure, mais comme une incomplétude. Les observations rapportées par des collectionneurs indiquent que CGC attribue dans ce cas une étiquette verte, dite « qualifiée », qui signale explicitement que l'exemplaire est incomplet par rapport à ce qu'il devrait être. Le même principe s'applique plus largement : un encart agrafé dans le fascicule fait partie de l'objet, et son absence se mentionne.
Deux conséquences pratiques en découlent, et elles vont dans des directions opposées.
La première est désagréable. Si vous détenez un exemplaire kiosque d'un numéro connu pour avoir reçu des encarts, et que la double page centrale manque, votre exemplaire n'est pas simplement un exemplaire ordinaire : il peut être perçu comme un exemplaire à encart amputé, avec l'étiquette qui va avec. Sur un numéro recherché, cette distinction compte.
La seconde est une mise en garde contre la réparation. L'idée de recoller un encart retrouvé à sa place paraît séduisante : elle est à éviter absolument. Les interventions de ce type relèvent de la restauration, et la restauration se signale par une étiquette distincte de celle de l'incomplétude. Vouloir corriger un défaut d'incomplétude par un ajout de matière revient à échanger un signalement contre un autre, généralement moins bien accueilli. La règle est simple : on n'ajoute rien à un comic de collection, et on ne retire rien non plus. Le détail de ces catégories d'étiquettes est traité dans notre guide sur la notation CGC.
Dernière précision, et elle est importante pour ne pas sur-interpréter : les sources de collectionneurs notent que l'encart est mentionné sur l'étiquette, mais aussi que cette mention a parfois été omise, obligeant des propriétaires à faire réétiqueter leur exemplaire. L'absence de mention sur une étiquette ancienne ne prouve donc pas l'absence d'encart. C'est contre-intuitif, et c'est une source d'erreur fréquente dans cette niche.
L'effet sur la valeur, et pourquoi il est si inégal
Voici la partie où l'honnêteté importe le plus, parce que c'est celle que les discussions de collectionneurs déforment le plus volontiers.
La prime existe, et elle est documentée sur des numéros précis. L'exemple le plus souvent cité concerne Werewolf by Night #32, première apparition de Moon Knight. Un relevé publié par un service de suivi de cotes indique qu'un exemplaire noté 6.5 avec encart Mark Jewelers s'est vendu le 31 octobre 2020 à 1 975 dollars, alors que la valeur de marché estimée d'un exemplaire ordinaire de même note se situait autour de 975 dollars. L'écart, sur cette vente-là, est du même ordre que la valeur du comic lui-même. C'est un cas réel, daté, et documenté.
Mais il faut immédiatement poser la contrepartie, et elle est massive : ce cas n'est pas représentatif. Sur la plupart des numéros, l'encart ne produit rien du tout, ou si peu que l'écart se perd dans la dispersion normale des prix. Les mêmes relevés qui documentent la prime sur un numéro clé mentionnent ailleurs des exemplaires à encart de séries moyennes vendus à des niveaux à peine distinguables de ceux d'exemplaires ordinaires, voire en baisse par rapport à des transactions antérieures. Les commentateurs les plus lucides de cette niche le disent sans détour : la rareté est présente partout, mais la prime ne se matérialise que là où un acheteur la fait exister.
Le mécanisme est en réalité simple à comprendre, et il vaut bien au-delà des Mark Jewelers. Une particularité d'exemplaire ne crée pas de la demande, elle la segmente. Sur un numéro où des milliers de personnes se disputent les exemplaires, une sous-catégorie rare fournit un critère de départage, et le prix s'écarte. Sur un numéro où la demande est faible, la même sous-catégorie rare ne départage rien, parce qu'il n'y a personne à départager. L'encart ne fabrique donc pas de valeur : il amplifie une valeur qui existait déjà. C'est la logique que l'on retrouve dans tout le domaine des particularités d'édition, et que nous détaillons dans le guide des variantes de couverture.
Trois facteurs expliquent concrètement l'inégalité observée.
D'abord le numéro lui-même. Une première apparition majeure attire une population d'acheteurs assez large pour qu'une fraction d'entre eux s'intéresse aux particularités. Un numéro de milieu de série n'attire personne de ce profil. C'est pourquoi les listes de numéros à encart qui circulent entre collectionneurs sont presque toutes des listes de numéros déjà clés par ailleurs : des numéros d'Uncanny X-Men, de New Mutants, ou d'Amazing Spider-Man. L'encart y est un supplément, pas le sujet.
Ensuite la note. Sur un exemplaire noté haut, la rareté combinée de l'encart et de l'état crée une population de quelques dizaines d'exemplaires, parfois moins, et c'est là que les écarts de prix deviennent visibles. Sur un exemplaire moyen ou abîmé, l'encart ne change pratiquement rien, parce que l'acheteur d'un exemplaire de lecture n'achète pas une particularité.
Enfin la notoriété de la particularité elle-même. Une variante connue de tous se négocie avec un écart stable, parce que tout le monde sait ce qu'elle vaut. Une variante connue d'une poignée de gens se négocie de façon erratique : selon que le vendeur sait ou non ce qu'il vend, et que l'acheteur sait ou non ce qu'il achète, le même objet peut passer au prix d'un exemplaire ordinaire ou au double. Les encarts Mark Jewelers sont encore dans cette seconde situation, et c'est précisément ce qui en fait une niche.
Pour qui cette niche a du sens, et pour qui elle n'en a pas
Il faut dire clairement pourquoi ce sujet reste marginal, parce que les raisons sont structurelles et qu'elles ne disparaîtront pas.
La première raison est l'invisibilité. Une variante de couverture se voit à un mètre ; un encart ne se voit pas du tout. Une particularité qu'on ne peut pas montrer sans ouvrir l'objet, et qu'on ne peut plus montrer du tout une fois l'objet mis sous scellé, se diffuse mal. Elle n'existe que par la mention sur une étiquette, c'est-à-dire par un intermédiaire.
La deuxième raison est la fragilité du corpus. Comme personne ne collectionnait ces exemplaires à l'époque, personne n'en a dressé la liste complète. Il n'existe pas de recensement exhaustif des numéros concernés, seulement des listes partielles établies par des collectionneurs à partir de leurs propres trouvailles. Cette absence de référentiel empêche la niche de se structurer : on ne peut pas collectionner méthodiquement un ensemble dont les contours sont inconnus.
La troisième raison est culturelle et vaut particulièrement en France. Le ressort de cette collection est en partie mémoriel : il touche à la vie des militaires américains en garnison, à des bases dont les noms ne disent rien à un lecteur français, et à une pratique commerciale propre à ce contexte. Cette dimension, qui alimente l'intérêt aux États-Unis, ne se transpose pas.
Pour autant, cette niche a un sens précis pour trois profils.
Le collectionneur qui travaille déjà le kiosque y trouve une extension naturelle. Si vous inspectez de toute façon les codes-barres et les dates de vos exemplaires des années 1980, ajouter un coup d'œil à la tranche ne coûte rien et peut faire apparaître une particularité dans un lot déjà acheté. C'est le meilleur rapport entre effort et résultat de tout le sujet.
Le chercheur de fonds de bac y trouve un avantage d'information. Dans un marché où la plupart des vendeurs ne regardent pas la tranche, savoir regarder est un avantage réel. Les témoignages de collectionneurs qui décrivent avoir trouvé un exemplaire à encart dans un bac à bas prix ne sont pas des légendes : ils sont la conséquence directe du fait que l'information n'est pas partagée.
Le collectionneur de longue haleine sur une série unique y trouve un objectif supplémentaire. Si vous complétez une série entière des années 1970 ou 1980, la version à encart de quelques numéros constitue un prolongement cohérent, à la manière d'une seconde couche posée sur un ensemble déjà constitué. C'est un projet de durée, pas une opération.
En revanche, cette niche n'a aucun sens pour qui cherche un rendement. Les encarts ne sont ni assez documentés, ni assez liquides, ni assez uniformément valorisés pour constituer une stratégie. Celui qui achète un exemplaire à encart en espérant la prime observée sur un numéro clé se prépare à une déception sur les quatre-vingt-dix-neuf autres.
Comment consigner la chose dans une collection
Un dernier point pratique, souvent négligé, et qui détermine si tout ce travail d'identification sert à quelque chose.
Une particularité invisible disparaît de la mémoire d'une collection en quelques mois. Vous repérez un encart, vous êtes content, vous rangez le comic, et deux ans plus tard vous ne savez plus lequel de vos trois exemplaires de ce numéro le portait. Le problème n'est pas l'identification, c'est la trace.
La bonne pratique consiste à traiter l'exemplaire à encart comme une entrée distincte dans l'inventaire, et non comme une note jetée dans un commentaire. Concrètement : une ligne par exemplaire, avec la mention de l'encart, son état, et si possible une photographie de la tranche et de la double page centrale. La photographie de la tranche a une utilité particulière : c'est la preuve que vous pourrez montrer sans ouvrir à nouveau le fascicule. C'est exactement le genre d'information que une application de suivi de collection est faite pour retenir, et que le classeur de fiches papier perd systématiquement.
Il faut aussi consigner les négatifs. Noter qu'un exemplaire précis ne porte pas d'encart a autant de valeur que l'inverse, parce que cela vous dispense de le réinspecter. Sur une série de cent cinquante numéros dans la bonne fenêtre de dates, la différence entre une liste d'inspections tenue et une liste non tenue représente plusieurs heures de travail refait.
Enfin, une recommandation de conservation. Si vous détenez un exemplaire à encart, le risque principal n'est pas l'usure mais le retrait accidentel, par vous ou par quelqu'un d'autre. Un comic à encart s'ouvre mal, et c'est en forçant l'ouverture qu'on arrache la double page centrale. Manipulez-le à plat, limitez les consultations, et si l'exemplaire a de la valeur, considérez qu'une mise sous pochette rigide protège ici autant la particularité que l'état. Une estimation préalable vous dira si cette précaution se justifie pour l'exemplaire que vous avez entre les mains.