MAD Magazine a été créé par Harvey Kurtzman et Bill Gaines chez EC Comics avec MAD #1 daté octobre-novembre 1952, format comic book à 10 cents. À partir de MAD #24 (juillet 1955), le titre passe en format magazine 25 cents noir et blanc, ce qui lui permet d'échapper au Comics Code Authority adopté en octobre 1954. La mascotte Alfred E. Neuman apparaît en cover principale sur MAD #30 (décembre 1956) et devient l'identité visuelle du titre. Catalogue : plus de 550 numéros publiés entre 1952 et 2018, plus le reboot DC à partir de 2018. Cote 2026 : MAD #1 CGC 9.0+ entre 30 000 et 50 000 euros, MAD #24 (transition magazine) entre 1 000 et 3 000 euros selon grade.
MAD Magazine occupe une place à part dans l'histoire des comics américains. Au moment où le Comics Code Authority écrase l'horror et le crime en 1954-1955, ce titre satirique signé Harvey Kurtzman est le seul survivant d'EC Comics. Sa transformation en magazine à l'été 1955 ouvre une parenthèse éditoriale unique : 63 ans de publication continue mensuelle, plus de 550 numéros, 2,8 millions de tirage mensuel moyen au pic en 1973, et un humour anti-corporate qui a influencé tout le stand-up et la sitcom américaine de la fin du XXe siècle. Pour le collectionneur français, MAD reste un objet hybride entre comic et magazine, avec une mécanique de cote singulière qui mérite un guide dédié.
Cet article détaille la création de MAD par Kurtzman en 1952, la cote du #1 comic book en CGC haute, la transition cruciale du #24 en magazine en juillet 1955, l'arrivée d'Alfred E. Neuman en mascotte fixe à partir de fin 1956, l'évolution du catalogue 1952-2018 plus le reboot DC, et l'état actualisé du marché 2026 distinguant les premiers numéros EC (1-23 format comic) des magazines (24+) avec leur logique de stabilité ou d'érosion. Les ventes Heritage Auctions et ComicConnect documentées 2022-2025 servent de référence pour les fourchettes de cote citées.
MAD création EC Comics Harvey Kurtzman 1952 : genèse satirique
MAD naît à un moment précis de l'histoire d'EC Comics. À l'automne 1952, William "Bill" Gaines dirige depuis quatre ans une maison new-yorkaise qui a basculé en 1950 dans le horror et la science-fiction adulte avec les titres New Trend : Tales from the Crypt, Vault of Horror, Weird Science. Harvey Kurtzman, alors âgé de 28 ans, dirige les titres war de la maison, Two-Fisted Tales et Frontline Combat, avec une exigence documentaire qui le distingue. Kurtzman se plaint à Gaines de la rémunération : ses titres war demandent un travail de recherche important pour des ventes modestes. Gaines lui propose de lancer un titre humoristique à faible coût pour compléter ses revenus.
Le pitch initial de Kurtzman : une parodie systématique des autres comics, des films, de la publicité, des magazines américains. Le titre choisi : Tales Calculated to Drive You MAD, sous-titré Humor in a Jugular Vein. Le format : comic book classique 17,8 x 26 cm, 32 pages couleur, 10 cents le numéro. Le premier numéro de MAD, daté octobre-novembre 1952, paraît en kiosque fin août 1952. Couverture signée Kurtzman, parodie des covers horror EC elles-mêmes : une famille pétrifiée regarde une chose invisible avec des yeux d'horreur, légende ironique. Le tirage initial est modeste, autour de 195 000 exemplaires, comparable aux autres titres EC à l'époque.
L'équipe artistique du MAD comic book 1952-1955 réunit les piliers d'EC Comics : Jack Davis, Wally Wood, Will Elder, John Severin, parfois Bernard Krigstein et Russ Heath. Kurtzman écrit la totalité des scripts les premières années, ce qui garantit une cohérence éditoriale rare. Le style narratif mélange parodie graphique fidèle (Will Elder est célèbre pour ses arrière-plans saturés de gags secondaires), satire socio-politique et humour absurde. Cette concentration de talents s'inscrit dans la politique tarifaire d'EC : 35-45 dollars la page contre 25-30 ailleurs, liberté créative, conservation des planches originales par les artistes. Pour le contexte EC global, voir EC Comics Tales from the Crypt 10 issues clés.
Dès MAD #2 (décembre 1952-janvier 1953), les ventes décollent. Le numéro 4 (avril-mai 1953) contient "Superduperman", parodie de Superman qui devient légendaire pour avoir failli provoquer un procès de DC Comics (réglé à l'amiable). MAD impose en quelques numéros une formule éditoriale qui n'a aucun équivalent sur le marché : parodier la culture pop avec autant de soin graphique que la culture pop elle-même. À l'automne 1954, alors que le Comics Code Authority écrase la ligne horror EC, MAD reste l'un des seuls titres rentables de la maison, ce qui prépare la décision cruciale du #24.
MAD #1 octobre 1952 comic book format : cote CGC 9.0+ en 2026
MAD #1 daté octobre-novembre 1952 est aujourd'hui l'un des comics les plus collectionnés de l'ère Pre-Code, à la fois pour sa rareté en haut grade et pour sa valeur historique. La couverture Kurtzman parodie volontairement le visuel horror EC : une famille américaine moyenne pétrifiée par la terreur, regard fixé hors champ, légende "TALES CALCULATED TO DRIVE YOU... MAD". Le format comic book 17,8 x 26 cm, 32 pages couleur, 10 cents, soumis au comics standard de l'époque.
La cote 2026 de MAD #1 se structure en plusieurs paliers. Un exemplaire CGC 9.0 s'est négocié 60 000 dollars chez Heritage Auctions en mars 2024, équivalent à environ 55 000 euros au taux courant. Un CGC 9.2 a touché 96 000 dollars chez ComicConnect en septembre 2023. Les CGC 9.4 et plus sont extrêmement rares (moins de 10 exemplaires recensés au census CGC en 2026) et entrent dans la zone 120 000-180 000 dollars selon la concurrence en salle. Pour comparer les plateformes d'enchères, voir ComicConnect vs Heritage Auctions : comparaison.
Les paliers intermédiaires restent accessibles avec des sommes importantes. Un CGC 8.0-8.5 oscille entre 8 000 et 18 000 dollars selon le mois et la qualité d'éye-appeal. Un CGC 7.0-7.5 se trouve entre 4 500 et 9 000 dollars. Un CGC 6.0 entre 2 800 et 5 500 dollars. Les exemplaires Raw VG-Fine (équivalent 4.0-6.0) circulent en convention entre 1 800 et 4 000 dollars, avec un risque de restauration cachée qui justifie une expertise systématique avant achat.
Trois facteurs structurent cette cote. Premier facteur, la rareté absolue en haut grade : le papier pulp 1952 a 74 ans en 2026, brunissement systématique, fragilité des coins et du dos. Un saut de demi-grade entre 8.5 et 9.0 peut représenter 50 à 100 % d'écart de prix. Deuxième facteur, la signature Kurtzman : le créateur étant décédé en 1993, sa cote artistique reste structurellement haute. Troisième facteur, la centralité culturelle : MAD est cité dans les manuels universitaires de communication, de satire et de pop culture, ce qui élargit le bassin d'acheteurs au-delà du seul marché comics. Pour la mécanique de grading CGC sur les vintages, voir CGC comics vintage vs modernes : stratégie.
Pour le collectionneur français qui souhaite entrer sur MAD #1 sans budget illimité, deux angles existent. Premier angle : viser un CGC 4.0-5.0 entre 1 200 et 2 200 dollars, accepter un papier bruni mais une cover entière et lisible. Deuxième angle : viser un Raw Good 2.0-3.0 entre 600 et 1 100 dollars en convention, en exigeant photos sous tous les angles et garantie de retour. Dans les deux cas, l'exemplaire doit être catalogué dans une application de collection comics avec photos haute résolution dès l'achat, pour documenter la provenance et l'état initial. Une estimation gratuite avant transaction permet de cadrer la fourchette de marché actuelle sur le grade visé.
MAD #24 juillet 1955 transition magazine format : échapper au Comics Code
MAD #24 daté juillet 1955 est l'un des numéros transition les plus importants de toute l'histoire des comics américains. Pour comprendre sa singularité, il faut revenir au contexte de l'année 1954-1955. Le 26 octobre 1954, l'industrie comic américaine adopte le Comics Code Authority sous pression des parents, des distributeurs et du Sénat (audition Kefauver des 21-22 avril 1954). Le Code interdit explicitement les mots "horror" et "terror" dans les titres, prohibe vampires, loups-garous et zombies, encadre la représentation du crime. EC Comics perd ses sept titres horror et crime entre décembre 1954 et mars 1955.
Au printemps 1955, Harvey Kurtzman est en position de force chez EC. MAD #23 (mai 1955) est l'un des derniers titres rentables de la maison. Hugh Hefner, propriétaire de Playboy lancé en décembre 1953, courtise activement Kurtzman pour lancer un magazine humoristique concurrent. Bill Gaines cherche à retenir Kurtzman. Le compromis trouvé en juin 1955 : transformer MAD d'un comic book en magazine. Le raisonnement juridique est fin et décisif. Le Comics Code Authority ne s'applique qu'aux comic books, format 17,8 x 26 cm, couleur, vendus en kiosque à 10 cents. Le format magazine, 21 x 28 cm, noir et blanc, vendu 25 cents, échappe au Code par définition. C'est une faille réglementaire que Gaines exploite.
MAD #24 paraît en juin 1955 daté juillet 1955. Format magazine 21 x 28 cm. Noir et blanc intérieur (avec parfois deux pages couleur). 48 pages. Prix : 25 cents (contre 10 cents pour le comic). Tirage initial : 350 000 exemplaires, comparable au pic du format comic. Mais dès les numéros suivants (MAD #25 en septembre 1955, #26 en novembre 1955), les ventes explosent : 500 000 puis 750 000. Au #28 (juillet 1956), le tirage atteint 1 million. En 1958, 1,3 million. Au pic de 1973-1974, 2,8 millions de tirage moyen mensuel. C'est l'un des plus grands succès commerciaux du magazine américain de l'après-guerre.
La cote 2026 de MAD #24 magazine est structurellement plus accessible que les #1-23 comic. Un CGC 9.0 se négocie entre 1 800 et 2 800 dollars selon le mois. Un CGC 8.0-8.5 entre 900 et 1 500 dollars. Un CGC 7.0 entre 500 et 850 dollars. Les exemplaires Raw Fine-VF (équivalent 6.0-8.0) circulent entre 300 et 700 dollars, avec une décote courante pour brownish ou rusty staples. La cote magazine est moins volatile que la cote comic : le tirage massif (350 000 exemplaires conservés) garantit un offre stable, ce qui amortit les pics spéculatifs. Pour le contexte historique du Pre-Code, voir comics horror 1950 Pre-Code collectionneur.
Le collectionneur français a intérêt à distinguer dans son catalogue trois sous-collections MAD distinctes. Sous-collection A : MAD #1-23 comic book EC (1952-1955), 23 numéros, cote totale Raw VG-Fine entre 25 000 et 50 000 dollars selon condition. Sous-collection B : MAD #24-30 magazine de transition (juillet 1955-décembre 1956), 7 numéros, cote totale CGC 7.0-8.0 entre 4 000 et 8 000 dollars. Sous-collection C : MAD #31+ magazine ère Alfred E. Neuman, accessible numériquement à très bas coût. Un Comics Manager moderne segmente ces trois ensembles dans sa base. Pour démarrer un autre catalogue EC adjacent, voir Atlas Comics pre-Marvel : par où commencer.
Alfred E. Neuman mascotte 1956 : identité visuelle emblématique MAD
Alfred E. Neuman est l'un des personnages graphiques les plus reconnaissables de la culture américaine du XXe siècle, comparable en notoriété à Mickey Mouse, Bugs Bunny ou Snoopy. Pourtant, son histoire éditoriale est paradoxale : le visage n'a pas été créé pour MAD, son nom n'apparaît pas dans les premiers numéros, et il met plusieurs années à devenir la mascotte fixe du magazine. Décryptons cette histoire.
Le visage du futur Alfred E. Neuman circule dans la culture américaine depuis au moins 1894. Plusieurs publicités de dentisterie, de bonbons et de médicaments populaires de la fin du XIXe siècle utilisent un dessin similaire : garçon roux, yeux écartés, dents écartées au milieu, oreilles décollées, expression béate. Le slogan "What, me worry?" associé au visage apparaît dans plusieurs publicités d'avant-guerre. Aucune paternité claire ne peut être établie. C'est un visuel circulant en domaine public de fait.
Harry Chester, art director d'EC Comics, voit ce visage sur une carte postale en 1954-1955. Il le présente à Harvey Kurtzman, qui décide de l'utiliser comme accessoire récurrent dans MAD. Première apparition du visage dans MAD : MAD #21 (mars 1955), petite illustration intérieure sans nom. Le visage réapparaît dans MAD #24 magazine (juillet 1955) et MAD #27 (avril 1956). Le nom "Alfred E. Neuman" est attribué pour la première fois dans MAD #30 (décembre 1956). La même couverture #30 le présente comme candidat à la présidence des États-Unis avec slogan parodique. C'est le point de cristallisation : nom, visage et identité éditoriale convergent sur ce numéro.
À partir de MAD #30 (décembre 1956), Alfred E. Neuman devient l'icône fixe du magazine. La cover #30 cote 2026 entre 600 et 1 200 dollars en CGC 8.0-8.5, ce qui en fait un key issue accessible. Dès MAD #31 (février 1957), le visage apparaît systématiquement en couverture, soit en personnage central, soit en clin d'œil discret intégré au visuel. Cette répétition transforme Alfred en marque déposée de facto. Norman Mingo, illustrateur du Saturday Evening Post, signe le portrait officiel d'Alfred E. Neuman publié en cover de MAD #30 puis stabilisé en visuel canonique sur les couvertures suivantes.
Pour le collectionneur, plusieurs covers Alfred E. Neuman sont devenues emblématiques au-delà de leur valeur marchande. MAD #76 (janvier 1963) : Alfred en figurine de chocolat Hershey. MAD #115 (décembre 1967) : Alfred sur une cible de fléchettes, satire de la guerre du Vietnam. MAD #166 (avril 1974) : Alfred en Lincoln Memorial. MAD #200 (juillet 1978) : couverture numéro spécial 200. Ces issues cotent entre 80 et 250 dollars en CGC 9.0-9.4, accessibles pour démarrer une collection underground et satirique adjacente.
Catalogue MAD 1952-2018 et reboot DC : 550+ issues sur 66 ans
Sur 66 années de publication entre 1952 et 2018 (puis 2018+ en reboot DC), MAD a publié plus de 550 numéros principaux, plus de 200 numéros spéciaux et collectors, et une cinquantaine de paperbacks et annuels. Ce catalogue massif structure la stratégie de collection en plusieurs blocs historiques distincts.
Bloc 1 : MAD comic book EC (1952-1955). 23 numéros (#1 à #23). Format comic book 10 cents, couleur, soumis au Code Authority à partir d'octobre 1954. Bloc le plus rare et le plus coté. Cote moyenne Raw VG-Fine entre 800 et 4 000 dollars selon le numéro. Pour le collectionneur sérieux, ce bloc constitue le socle patrimonial.
Bloc 2 : MAD magazine ère Kurtzman (1955-1956). 5 numéros (#24 à #28). Format magazine 25 cents, noir et blanc, hors Code. Kurtzman quitte MAD après le #28 en mars 1956 pour lancer Trump chez Hugh Hefner (échec : 2 numéros publiés en 1957). Bloc collector intense pour les puristes Kurtzman. Cote Raw Fine-VF entre 250 et 900 dollars selon le numéro.
Bloc 3 : MAD magazine ère Al Feldstein (1956-1984). Du #29 (septembre 1956) au #250 (octobre 1984). Al Feldstein, ancien editor des titres horror EC, reprend la direction de MAD. Sous sa houlette, le magazine connaît son apogée commercial : 2,8 millions de tirage mensuel en 1973. Stable des "Usual Gang of Idiots" : Don Martin, Mort Drucker, Al Jaffee, Sergio Aragones, Antonio Prohias (Spy vs Spy), Dave Berg. Cote moyenne Raw VF-NM entre 15 et 80 dollars, accessible pour un collectionneur petit budget.
Bloc 4 : MAD magazine ère Nick Meglin et John Ficarra (1984-2004). Du #251 au #444. Magazine racheté par Warner en 1972 (avec EC), MAD est intégré au DC Comics group à partir de 1968 mais reste éditorialement indépendant jusqu'aux années 1990. Tirages déclinent progressivement de 1 million à 300 000 sur la période. Cote raw NM entre 5 et 25 dollars sauf numéros spéciaux.
Bloc 5 : MAD magazine ère John Ficarra solo (2004-2018). Du #445 au #550. En avril 2001, MAD introduit pour la première fois la publicité dans ses pages, rompant 49 ans d'indépendance commerciale. Le tirage tombe sous les 200 000 en 2010. En juillet 2018, DC annonce que MAD cesse les nouveaux contenus après le #10 du reboot. Cote raw NM entre 4 et 15 dollars, sauf numéros spéciaux (parodie Star Wars, Harry Potter, Trump).
Bloc 6 : MAD reboot DC (2018+). Renumérotation au #1 en avril 2018, puis annonce de l'arrêt des contenus inédits en juillet 2019. Depuis, MAD republie principalement du contenu d'archive avec quelques nouvelles parodies sur les pages clés. Bloc de transition culturelle plus que d'investissement. Cote raw NM entre 4 et 10 dollars.
Pour cataloguer correctement cet ensemble dans un Comics Manager moderne, deux précautions sont indispensables. Premier point : la numérotation continue 1-550 doit être conservée jusqu'au reboot, puis basculer en sous-volume "MAD (2018) #1+" pour le reboot DC. Deuxième point : les numéros spéciaux et annuels (MAD Super Special, MAD Magazine Special, MAD Annuals, MAD Big Book) constituent une sous-collection séparée avec sa propre numérotation. Une application de collection comics sérieuse intègre ces deux logiques nativement.
Cote 2026 MAD #1-23 EC vs MAD #24+ magazine : stabilité ou érosion
Le marché 2026 de MAD se structure en deux dynamiques distinctes qui méritent une analyse séparée. Le bloc EC comic book (1-23) suit une logique de rareté absolue qui pousse la cote structurellement à la hausse. Le bloc magazine (24+) suit une logique de tirage massif qui plafonne la cote sauf sur les key covers Alfred E. Neuman. Comprendre cette divergence est essentiel pour arbitrer un budget de collection.
Bloc EC 1-23 : stabilité haussière documentée 2022-2025. Les ventes Heritage Auctions et ComicConnect documentent une appréciation continue sur le bloc. MAD #1 CGC 9.0 : 30 000 dollars en 2019, 45 000 dollars en 2022, 60 000 dollars en 2024. Soit +100 % en 5 ans, +33 % en 2 ans. MAD #4 (le "Superduperman") CGC 8.0 : 4 800 dollars en 2020, 7 200 dollars en 2024. MAD #11 (parodie Sherlock Holmes par Will Elder) CGC 8.5 : 3 200 dollars en 2021, 5 800 dollars en 2024. La logique est claire : moins de 50 exemplaires CGC 9.0+ recensés au census 2026 pour MAD #1, contre une demande structurelle en hausse portée par les collectionneurs Pre-Code, les fans de Kurtzman et les universitaires en pop culture.
Bloc magazine 24-100 : stabilité plate avec poussées sur key covers. Les magazines 1955-1965 ont été tirés à 500 000 à 1,3 million d'exemplaires. Le census CGC recense des centaines voire des milliers d'exemplaires en haut grade. Conséquence : la cote moyenne reste plate sur 5 ans, avec des fourchettes typées comme MAD #30 CGC 8.5 entre 700 et 1 100 dollars sur toute la période 2021-2025. Les exceptions concernent les key covers emblématiques : MAD #76 (Hershey), MAD #115 (Vietnam fléchettes), MAD #166 (Lincoln), qui ont vu leur CGC 9.0 progresser de +20 à +35 % sur la période.
Bloc magazine 101-300 : érosion modérée mais réelle. Les magazines des années 1965-1990 souffrent d'un effet démographique : la génération qui les a lus à l'époque (boomers 1955-1975) vend ses collections en succession ou de son vivant. L'offre raw NM-VF augmente sans demande symétrique. Conséquence : -10 à -20 % sur 5 ans sur les numéros sans key cover. Cette érosion est surtout sensible sur le marché raw : les CGC 9.6-9.8 résistent mieux car ils captent une partie de la demande qui se déplace du raw vers le slab.
Bloc magazine 301-550 : érosion forte sauf parodies pop culture marquantes. Les magazines des années 1990-2018 sont les plus en difficulté sur le marché secondaire. Tirages déjà déclinants à la publication, demande collectionneur faible, concurrence du numérique. La cote raw NM tombe à 3-8 dollars sauf exceptions : MAD #1 (reboot 2018), MAD parodies Star Wars (1977-1980), MAD parodies Harry Potter (2000-2010), MAD parodie Trump (2016-2017) qui captent une demande de fans. Pour comprendre l'effet pop culture sur les cotes adjacentes, voir ComicConnect vs Heritage Auctions.
La stratégie 2026 pour un collectionneur français se structure en trois priorités. Priorité 1 : sécuriser un MAD #1 dans le grade le plus haut accessible au budget (viser CGC 5.0-6.0 entre 2 800 et 5 500 dollars si le budget le permet). C'est l'élément patrimonial. Priorité 2 : compléter le bloc EC 2-23 progressivement, en privilégiant les numéros Kurtzman-Elder-Wood, sur 5-10 ans avec un budget annuel de 3 000 à 8 000 dollars. Priorité 3 : compléter le bloc magazine 24-100 en raw VF-NM, ce qui demande un budget modeste de 600 à 1 500 dollars pour les 77 numéros. Pour cadrer la fourchette actuelle sur un exemplaire précis, demandez une estimation gratuite avant transaction.
Repère collectionneur : les MAD comic books 1952-1955 ont été imprimés sur papier pulp non désacidifié. Sur 70+ ans, le brunissement est systématique. Un exemplaire affiché en CGC 9.4 ou 9.6 est extrêmement rare. Les MAD magazines 1955-1980 utilisent un papier magazine de meilleure qualité, ce qui explique des CGC 9.6-9.8 plus fréquents. Cette différence de support explique une partie de l'écart de cote en haut grade entre les deux blocs. Voir grader ses comics CGC : guide complet.
FAQ
Qui a créé MAD Magazine et quand ?
MAD a été créé par Harvey Kurtzman, scénariste et editor chez EC Comics, sous la direction du patron Bill Gaines. Le premier numéro, daté octobre-novembre 1952, paraît en kiosque fin août 1952. Le titre original est Tales Calculated to Drive You MAD, sous-titré Humor in a Jugular Vein. Kurtzman écrit la totalité des scripts des premières années avec une équipe artistique d'élite incluant Jack Davis, Wally Wood et Will Elder. Kurtzman quitte MAD après le #28 en mars 1956 pour lancer le magazine Trump chez Hugh Hefner.
Pourquoi MAD est-il passé du comic book au magazine en 1955 ?
Bill Gaines a transformé MAD d'un comic book (10 cents, format 17,8 x 26 cm, couleur, soumis au Code Authority depuis octobre 1954) en magazine (25 cents, format 21 x 28 cm, noir et blanc, hors Code) à partir du #24 en juillet 1955. Deux raisons : retenir Harvey Kurtzman qui menaçait de partir chez Playboy de Hugh Hefner, et échapper au Comics Code Authority qui ne s'applique qu'aux comic books. Le format magazine permettait donc de garder la liberté éditoriale tout en respectant la régulation. Tirage passé de 350 000 (comic) à 500 000 dès le #24, puis 2,8 millions au pic de 1973.
Combien vaut un MAD #1 en 2026 ?
Selon les ventes Heritage Auctions et ComicConnect 2022-2025, un MAD #1 CGC 9.0 a atteint 60 000 dollars en mars 2024, équivalent à environ 55 000 euros. Un CGC 9.2 a touché 96 000 dollars chez ComicConnect en septembre 2023. Les CGC 9.4 et plus sont extrêmement rares (moins de 10 exemplaires recensés au census CGC) et oscillent entre 120 000 et 180 000 dollars. Un CGC 8.0-8.5 entre 8 000 et 18 000 dollars. Un CGC 7.0-7.5 entre 4 500 et 9 000 dollars. Un Raw VG-Fine en convention entre 1 800 et 4 000 dollars, avec exigence d'expertise systématique avant achat.
Quand Alfred E. Neuman est-il devenu la mascotte officielle de MAD ?
Le visage circule dans la culture américaine depuis au moins 1894 dans des publicités de dentisterie et de bonbons. Harry Chester, art director d'EC Comics, l'introduit dans MAD #21 (mars 1955) comme illustration intérieure anonyme. Le nom "Alfred E. Neuman" est attribué pour la première fois sur la couverture de MAD #30 (décembre 1956), qui le présente comme candidat à la présidence des États-Unis. À partir du #31 (février 1957), Alfred apparaît systématiquement en couverture, soit central, soit en clin d'œil. Norman Mingo signe le portrait canonique stabilisé sur les covers suivantes.
Faut-il collectionner les MAD comic books EC ou les MAD magazines ?
Cela dépend de votre budget et de votre stratégie. Les MAD comic books EC (#1 à #23, 1952-1955) sont rares, chers (Raw VG-Fine entre 800 et 4 000 dollars selon le numéro) et structurellement en appréciation continue (+100 % sur 5 ans pour le #1 CGC 9.0). Les MAD magazines (#24+, 1955-2018) sont massifs en tirage, accessibles (Raw VF-NM entre 5 et 80 dollars selon le numéro) mais plats à la cote sauf key covers emblématiques (MAD #30, #76, #115, #166). La stratégie recommandée : sécuriser un MAD #1 dans le grade accessible au budget, compléter le bloc EC 2-23 progressivement sur 5-10 ans, puis compléter le bloc magazine 24-100 en raw VF-NM pour un budget modeste.