Pour lire Larry Hama, commencez par G.I. Joe: A Real American Hero #21, le numéro muet de mars 1984, puis par Wolverine #75 et ses suites. Remontez aux premiers numéros de G.I. Joe chez Marvel (1982), tentez Nth Man (1989), avancez dans la série jusqu'au numéro final 155 (1994), et terminez par la reprise chez IDW. Six étapes, d'un seul fascicule à plus de cent cinquante.
Larry Hama est le scénariste d'une longévité rare : 155 numéros d'une série adaptée d'une gamme de jouets, sans changer de plume, puis une longue présence sur Wolverine. Cette continuité a un revers pour le lecteur d'aujourd'hui : on ne sait pas par quel bout prendre une œuvre qui couvre plus de dix ans de parution mensuelle, avec des dessinateurs qui se succèdent et un récit qui avance feuilleton après feuilleton.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Ce guide n'est pas un portrait de carrière : il propose un itinéraire. Le principe est de partir du plus court et du plus autonome, un seul numéro, puis d'élargir. L'œuvre de Hama se divise en deux familles qui ne demandent pas la même patience : la saga militaire de G.I. Joe, qui se lit en continu et s'apprécie d'autant mieux qu'on l'a regardée respirer sur plusieurs années, et les récits de super-héros Marvel, plus courts, qui se prennent par arcs.
Étape 1 : G.I. Joe: A Real American Hero #21, « Silent Interlude » (mars 1984)
Le meilleur premier contact tient en un seul fascicule. Dans le numéro 21 de la série Marvel, daté de mars 1984, Hama raconte sans dialogue ni légende un affrontement entre Snake Eyes et Storm Shadow, deux ninjas que tout oppose et que l'organisation du clan Arashikage relie. L'enjeu est de raconter par le seul dessin, et le résultat se lit en dix minutes, même par quelqu'un qui n'a jamais ouvert un numéro de la série.
Pourquoi cette entrée plutôt que le numéro 1 ? Parce qu'elle montre immédiatement ce qui distingue l'écriture de Hama : l'économie de moyens, le sens du rythme, l'attention portée à l'action physique. Le numéro est aussi un jalon de collection ; nous l'analysons dans le dossier consacré à G.I. Joe #21.
Niveau d'effort : très faible. Un fascicule, aucune lecture préalable, une fin en soi.
Étape 2 : Wolverine #75 et la suite (1993)
Passons à Marvel et à son personnage le plus populaire. Hama écrit la série régulière Wolverine à partir du numéro 31, et le numéro 75, dessiné par Adam Kubert, vient juste après la perte de l'adamantium : Logan y affronte les conséquences d'un squelette réduit à l'os, sous un jour plus brut que dans les années précédentes. C'est l'un des chapitres les plus cités de la série régulière, parce qu'il change durablement ce que Wolverine est capable de faire.
Cette étape convient bien au deuxième rang du parcours : le récit est un jalon connu des amateurs de X-Men, il se lit sans avoir tout suivi, et l'enjeu se comprend en deux pages. Pour replacer l'épisode dans la série, notre fiche sur la série régulière Wolverine de 1988 en détaille les repères.
Niveau d'effort : faible à moyen. Un numéro clé, puis la suite de la période si l'envie vient. La période d'avant le numéro 75 est moins nécessaire qu'on ne le croit, car chaque chapitre rappelle l'essentiel.
Un prolongement existe pour qui veut rester dans l'univers de Wolverine : la mini-série Weapon X, quatre numéros publiés en 1995 pendant l'événement Âge d'Apocalypse, écrite par Hama. Elle montre le même auteur sur un terrain différent : un Logan d'une réalité alternative, un monde où les alliances changent de camp, et un format court qui oblige à resserrer chaque scène. Elle suppose en revanche un minimum de repères sur l'événement qui l'entoure.
Étape 3 : les débuts de G.I. Joe chez Marvel (1982)
Le premier numéro de G.I. Joe: A Real American Hero paraît chez Marvel en juin 1982, dessiné par Herb Trimpe. Hama y pose le cadre : une équipe d'élite recrutée par l'armée américaine pour contrer Cobra, une organisation terroriste dirigée par Cobra Commander. Le ton est celui d'un thriller militaire, avec des missions menées par une poignée de spécialistes, et non celui d'une publicité pour jouets. Les personnages portent des noms de code et leurs fiches d'état civil, que Hama rédigeait aussi pour la gamme, donnent à chacun un passé qui nourrit les scènes.
C'est un cap : on entre dans un feuilleton. Les cinq ou six premiers numéros peuvent se lire d'une traite et permettent de savoir si l'ambiance vous plaît. L'atout du début tient à ce que la série n'a pas encore ses ramifications ; l'inconvénient, que les enjeux sont plus modestes qu'ils ne le seront plus tard.
Niveau d'effort : moyen. Plusieurs fascicules, un univers qui s'étend et une énumération de personnages qu'il faut apprivoiser.
Étape 4 : Nth Man, the Ultimate Ninja (1989)
Après deux étapes centrées sur des licences et un héros très connu, voici un titre de création de Hama chez Marvel : Nth Man, the Ultimate Ninja, lancé en 1989. La série mêle super-pouvoirs, arts martiaux et une mythologie propre, loin des figures établies de la maison. C'est la meilleure preuve que Hama ne se limite pas à ses deux séries les plus célèbres.
Cette étape est plus risquée que les précédentes : le titre est moins diffusé, moins réédité et moins documenté que Wolverine ou G.I. Joe. Elle s'adresse à celui ou celle qui a envie de voir le scénariste hors des cadres imposés par une licence ou un héros vedette. Le plaisir vient de la découverte d'une œuvre de série B assumée, plus que d'une lecture de référence.
Niveau d'effort : moyen. Une série courte, mais des fascicules plus durs à rassembler que pour les titres principaux.
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Étape 5 : G.I. Joe, de 1982 au numéro 155 (1994)
Le cœur de l'œuvre est ici : 155 numéros, de 1982 à 1994, écrits pour la plupart par Hama. Lire cette série en entier, c'est suivre une guerre qui change de visage : l'organisation Cobra évolue, les Joes se renouvellent, les histoires de Snake Eyes et de Storm Shadow se prolongent, et l'on mesure le travail de construction d'un monde mené sur plus d'une décennie. Le numéro final, le 155, ferme la série Marvel en 1994.
Ce qui frappe en avançant, c'est la patience du feuilleton. Hama laisse des fils dormir pendant des mois, fait revenir un second rôle quand on l'avait oublié et accepte que la guerre ne se gagne jamais complètement. L'auteur travaillait sous une contrainte inhabituelle : une gamme de figurines dictait une partie du casting, et il fallait faire exister des personnages dont le jouet venait de sortir. Il en tire une galerie de seconds rôles singulièrement vivants, où chaque spécialiste, du démineur au pilote, a droit à sa scène.
La difficulté tient à la longueur et à la dépendance au feuilleton : certains chapitres reprennent des fils posés des dizaines de numéros plus tôt. Un lecteur qui a déjà goûté aux étapes 1 et 3 saura s'il veut continuer ; sinon, mieux vaut s'arrêter à l'épisode 21 et à une sélection d'arcs.
Niveau d'effort : élevé. Plus de cent cinquante fascicules à lire dans l'ordre, ou une grande série de recueils.
Étape 6 : G.I. Joe chez IDW, la reprise (à partir de 2010)
La dernière étape prolonge le fil. En 2010, IDW relance la série G.I. Joe: A Real American Hero avec Hama à l'écriture, en reprenant la numérotation là où Marvel l'avait laissée. C'est une suite directe, à la fois exigeante et touchante : elle suppose de connaître la fin de la série Marvel et les relations des principaux personnages, et elle prouve que Hama a continué à travailler le même univers pendant des années.
Il y a aussi un plaisir de collectionneur à lire cette suite : voir un auteur revenir sur un univers qu'il a quitté seize ans plus tôt, avec la même voix et des préoccupations qui ont mûri, est rare dans un genre dominé par les relances confiées à de nouvelles équipes. Le film Snake Eyes, sorti en 2021, a remis le personnage en lumière, mais la lecture reste le meilleur moyen de comprendre pourquoi il est devenu une figure culte.
Cette étape intéressera surtout le lecteur qui a terminé la série d'origine. Les personnages ont vieilli, la guerre contre Cobra a changé de nature, et le dessin passe d'une génération à l'autre. Sans les cinq étapes précédentes, vous manquerez de repères ; avec elles, vous goûterez l'écart.
Niveau d'effort : élevé. Une série longue qui présuppose la lecture de la précédente.
Comment lire : fascicules ou recueils
Pour G.I. Joe, deux supports coexistent : les fascicules Marvel d'origine, qui plaisent à ceux qui aiment l'objet, et des recueils proposés par IDW qui rassemblent les numéros dans l'ordre. Si vous voulez simplement lire, le recueil est plus économique et évite de courir après les numéros rares. Si vous aimez l'objet, les fascicules du début de la série et le numéro 21 sont des repères réguliers de collection, et notre dossier sur G.I. Joe #21 détaille ce qui se regarde avant d'acheter.
Pour les Wolverine de Hama, les fascicules des années 1990 ne sont pas rares, et les recueils de la série régulière restent la solution la plus simple. Pour Nth Man, comptez sur des fascicules plutôt que sur des recueils. Dans tous les cas, évaluez votre exemplaire par comparaison avec des ventes terminées plutôt qu'avec des annonces, et lisez en entier la description de l'état.
Récapitulatif : l'ordre conseillé
- Étape 1 : G.I. Joe: A Real American Hero #21 (mars 1984), le numéro muet.
- Étape 2 : Wolverine #75, après la perte de l'adamantium, et la période de Hama à partir du numéro 31.
- Étape 3 : G.I. Joe: A Real American Hero #1 (juin 1982), avec Herb Trimpe.
- Étape 4 : Nth Man, the Ultimate Ninja (1989).
- Étape 5 : la série G.I. Joe jusqu'au numéro 155 (1994).
- Étape 6 : la reprise chez IDW à partir de 2010.
Si vous n'avez qu'un fascicule à lire, prenez le numéro 21. Si vous voulez la saga complète, prévoyez de longs mois. Si votre intérêt va à Wolverine, l'étape 2 suffit pour juger de l'apport de Hama.
Questions fréquentes
Par G.I. Joe: A Real American Hero #21, le numéro muet de mars 1984 : un fascicule, aucune lecture préalable, et une démonstration de la manière dont Hama raconte par l'image. Si vous préférez Marvel, Wolverine #75 est la deuxième entrée.
Non. Le numéro 21 raconte l'affrontement entre Snake Eyes et Storm Shadow sans aucun texte, et se comprend seul. La série complète, 155 numéros de 1982 à 1994, enrichit ensuite le contexte, mais elle n'est pas un prérequis pour saisir l'essentiel de la rivalité.
À partir du numéro 31 de la série régulière lancée en 1988, selon les repères que nous utilisons dans nos dossiers sur la série. Le numéro 75, dessiné par Adam Kubert, est le chapitre de cette période le plus souvent cité par les lecteurs.
Pas vraiment. IDW poursuit la numérotation de la série Marvel à partir de 2010 avec Hama à l'écriture, et suppose de connaître les personnages et la fin de 1994. Lisez d'abord le numéro 21 et quelques arcs de la série d'origine avant d'y venir.
Cela dépend du titre : G.I. Joe #1 et #21 sont les repères les plus recherchés, les numéros courants de la série restent faciles à trouver, et Nth Man demande davantage de patience. Comparez des ventes terminées plutôt que des annonces avant de fixer votre budget.
Vous possédez un G.I. Joe de 1982 à 1994 ou un Wolverine de la période Hama ? Estimez chaque fascicule selon son état avant de le garder, de l'échanger ou de le vendre.
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