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Les key issues incontournables de la Suicide Squad couvrent près de sept décennies d'histoire éditoriale : The Brave and the Bold #25 (1959) qui invente le concept de Task Force X, Batman #59 (1950) qui introduit Deadshot, Legends #1 (1986) qui présente Amanda Waller, Suicide Squad #1 (1987) qui fonde la version « mission suicide » moderne, Fightin' 5 #40 (1966) qui fait naître Peacemaker chez Charlton Comics, Batman Adventures #12 (1993) qui donne à Harley Quinn sa toute première apparition en comic book, puis Suicide Squad #1 New 52 (2011) et Suicide Squad Vol. 5 #1 (2019) qui redessinent l'équipe pour les générations récentes de lecteurs.

Peu d'équipes de l'univers DC affichent un historique éditorial aussi éclaté que la Suicide Squad. Contrairement à la Justice League ou aux X-Men, dont la continuité reste relativement linéaire, Task Force X a été réinventée à trois reprises par des équipes créatives différentes, avec à chaque fois une distribution presque entièrement renouvelée. Cette particularité complique la tâche du collectionneur : il n'existe pas un seul « Suicide Squad #1 » qui ferait consensus, mais plusieurs premiers numéros, chacun marquant une rupture éditoriale majeure et chacun recherché pour des raisons différentes.

Ce qui rend ce corpus de comics particulièrement intéressant du point de vue de la cote, c'est la manière dont les adaptations à l'écran ont rebattu les cartes en quelques années seulement. Des personnages restés dans l'ombre pendant des décennies, comme Peacemaker, sont devenus des objets de spéculation intense dès l'annonce d'un casting, tandis que d'autres, comme Amanda Waller ou Deadshot, ont vu leur cote se stabiliser sur le temps long grâce à une présence constante dans les comics et les produits dérivés.

Ce guide recense les numéros qui comptent réellement pour un collectionneur sérieux, avec les informations vérifiables sur les créateurs, les dates de parution et les données de marché disponibles publiquement, sans valeur inventée là où aucune donnée fiable n'existe.

De Task Force X aux black ops : l'histoire éditoriale de la Suicide Squad

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Le concept qui donnera naissance à la Suicide Squad naît en 1959, dans The Brave and the Bold #25, sous la plume de Robert Kanigher et le crayon de Ross Andru. À cette époque, il ne s'agit pas encore d'une équipe de super-vilains graciés en échange de missions à haut risque : le groupe original, surnommé Task Force X, réunit des agents gouvernementaux sans super-pouvoirs affrontant des menaces impossibles, un peu à la manière d'une cellule militaire d'intervention face à l'inexplicable. Cette version originelle disparaît après quelques parutions, mais le nom et le concept de « mission suicide » restent dans un coin de la mémoire éditoriale de DC pendant près de trois décennies.

C'est en 1986, dans la mini-série événement Legends, que les bases de la Suicide Squad telle qu'on la connaît aujourd'hui sont posées. Le personnage d'Amanda Waller, bureaucrate impitoyable dirigeant un programme carcéral secret, y fait sa toute première apparition. Cette mini-série, plotée par John Ostrander et scénarisée par Len Wein avec des dessins de John Byrne, sert de tremplin à trois séries régulières, dont une nouvelle version de Suicide Squad. L'idée centrale change alors radicalement de nature : ce ne sont plus des agents volontaires mais des criminels condamnés qui composent l'équipe, chacun négociant une réduction de peine contre des missions où la mort est une probabilité assumée dès le briefing.

Le lancement de la série Suicide Squad en mai 1987, écrite par John Ostrander avec Luke McDonnell aux dessins, concrétise cette proposition. C'est ce comic qui installe durablement Deadshot, jusque-là un personnage secondaire de l'univers Batman apparu près de quarante ans plus tôt, comme pilier de l'équipe. Ostrander y développe également Amanda Waller en profondeur et introduit plusieurs recrues qui deviendront familières aux lecteurs assidus. La série tiendra 66 numéros jusqu'en 1992, une longévité rare pour un titre construit sur la prémisse que ses personnages peuvent mourir à tout moment.

Les décennies suivantes verront l'équipe redistribuée à plusieurs reprises : le relaunch New 52 de 2011 réinvente Harley Quinn visuellement et thématiquement, la période Rebirth puis la série de Tom Taylor à partir de fin 2019 modernisent encore le ton, jusqu'à l'ajout de Peacemaker dans la continuité éditoriale à la suite du film de James Gunn. Chacune de ces étapes a produit un numéro d'ouverture qui fait aujourd'hui l'objet d'une demande spécifique sur le marché de la collection.

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The Brave and the Bold #25

Août-septembre 1959, Robert Kanigher (scénario) & Ross Andru (dessin)
Toute première apparition de la Suicide Squad

Ce numéro invente littéralement le concept de Task Force X, près de trente ans avant la version popularisée par John Ostrander. L'équipe originale, composée de Rick Flag Jr., Karin Grace, du Dr Hugh Evans et de Jess Bright, n'a aucun super-pouvoir : ce sont des militaires et scientifiques envoyés au front de catastrophes surnaturelles dans le récit « The Three Waves of Doom ». Historiquement, ce titre est donc la pierre fondatrice absolue de toute la franchise, ce qui en fait un Silver Age recherché par les collectionneurs de fondamentaux DC autant que par les fans de la Squad moderne.

Valeur constatée :CGC 9.2 adjugé 25 000 $ (juillet 2015) ; CGC 9.0 adjugé 9 300 $ (avril 2025)
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Batman #59

Juillet 1950, David Vern Reed (scénario) & Lew Sayre Schwartz (dessin)
1ère apparition de Deadshot

Dans le récit « The Man Who Replaced Batman », un tireur d'élite masqué du nom de Deadshot défie le Dark Knight pour le titre de justicier de Gotham, avant de basculer du côté criminel. Ce comic Golden Age est aujourd'hui l'un des books les plus difficiles à dénicher en haute grade : le recensement CGC ne compte qu'un peu plus de 80 exemplaires non restaurés pour l'ensemble des grades confondus, ce qui en fait une pièce nettement plus rare que la plupart des débuts de super-vilains DC des années 1950. Deadshot restera un personnage secondaire pendant près de quarante ans avant de devenir la figure centrale de la Suicide Squad d'Ostrander.

Valeur constatée :CGC 8.0 vendu 5 975 $ ; CGC 6.0 estimé autour de 3 000 $ ; CGC 2.0 vendu 1 195 $ (2018)
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Legends #1

Novembre 1986, John Ostrander (intrigue), Len Wein (scénario) & John Byrne (dessin)
1ère apparition d'Amanda Waller

Cette mini-série événement de six numéros sert de rampe de lancement à trois séries régulières DC, dont la Suicide Squad moderne. Amanda Waller y apparaît pour la première fois comme la bureaucrate qui va bâtir le programme carcéral Task Force X tel qu'on le connaît aujourd'hui, aux côtés d'un casting large incluant Darkseid, Flash et Captain Marvel/Shazam. Pour tout collectionneur qui cherche l'origine du personnage plutôt que celle de l'équipe, Legends #1 est le numéro à posséder, davantage que le #3 souvent confondu avec lui puisque Waller y apparaît déjà et que le #3 ne fait que développer sa mise en place de l'équipe.

Rareté :Tirage copieux propre au Copper Age ; exemplaires CGC 9.4-9.6 circulent régulièrement sur le marché secondaire
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Suicide Squad #1 (1987)

Mai 1987, John Ostrander (scénario) & Luke McDonnell (dessin)
Lancement de la série fondatrice moderne

C'est ce numéro qui fixe la formule qui définira la Suicide Squad pour les décennies suivantes : des criminels condamnés, dirigés par Amanda Waller, envoyés en mission au péril de leur vie contre une réduction de peine. Deadshot y occupe la couverture et devient de facto le visage de l'équipe. Le numéro introduit également plusieurs recrues moins connues du grand public comme Briscoe, Jihad, Ravan et Jaculi. Vendu 0,75 $ à sa sortie, ce comic reste la référence absolue pour quiconque veut posséder l'acte de naissance de la Suicide Squad telle qu'elle a inspiré les films.

Valeur constatée :Exemplaires CGC 8.0 à 9.0 disponibles sur le marché secondaire, demande stable auprès des lecteurs de la run Ostrander
5

Fightin' 5 #40

Novembre 1966, Joe Gill (scénario) & Pat Boyette (dessin), Charlton Comics
1ère apparition de Peacemaker

Longtemps considéré comme une curiosité mineure de l'âge d'argent de Charlton Comics, ce numéro présente Christopher Smith, alias Peacemaker, comme un pacifiste prêt à tout pour imposer la paix par la force. Le personnage restera cantonné à des rôles secondaires et des mini-séries confidentielles pendant plus de cinquante ans. Sa sélection par James Gunn pour le film The Suicide Squad (2021), puis son incarnation par John Cena dans la série HBO Max qui porte son nom, a totalement renversé la perception de ce comic auparavant négligé par les collectionneurs de Silver Age.

Évolution constatée :CGC 9.2 vendu 515 $ (décembre 2019) puis 4 250 $ (novembre 2020), soit +725% ; seulement 56 exemplaires recensés au CGC census
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Batman Adventures #12

Août 1993, Kelley Puckett (scénario), Mike Parobeck (dessin) & Rick Burchett (encrage)
1ère apparition en comic book d'Harley Quinn

Harley Quinn a été créée pour Batman: The Animated Series avant d'exister sur papier : ce numéro, adapté de la série animée, est le tout premier comic book où le personnage apparaît, dans le récit « Batgirl: Day One ». Publié à la fois en kiosque et en circuit direct, l'exemplaire kiosque (newsstand) est nettement plus rare que la version direct market et se négocie avec une prime sensible en haute grade. Ce numéro a connu un pic de valeur lors de la sortie du Suicide Squad de 2016, où Harley apparaissait pour la première fois au cinéma, avant une correction du marché dans les années suivantes.

Valeur constatée :CGC 9.8 vendu autour de 1 700 $ (record proche de 2 000 $ au pic de marché) ; CGC 7.0 autour de 600 $
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Suicide Squad #1 (New 52)

Sortie le 14 septembre 2011 (cover date novembre 2011), Adam Glass (scénario) & Federico Dallocchio (dessin)
Redesign majeur d'Harley Quinn

Ce relaunch New 52 marque une rupture visuelle radicale pour Harley Quinn : sa combinaison de bouffonne classique disparaît au profit d'un look corset et hot pants, sa peau devient blanche et sa chevelure se divise en mèches bleue et rouge, dans une esthétique clairement inspirée des jeux vidéo Batman: Arkham. C'est aussi la première apparition de cette équipe reformée aux côtés de King Shark et Deadshot dans la continuité New 52. Le numéro a suscité une controverse éditoriale notable à sa sortie concernant la représentation du personnage, ce qui a renforcé sa notoriété culturelle bien au-delà du cercle des seuls collectionneurs.

Rareté :Tirage important propre à l'ère New 52 ; forte disponibilité en CGC 9.8, cote portée par la popularité continue du design Harley New 52
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Suicide Squad Vol. 5 #1

Sortie le 18 décembre 2019, Tom Taylor (scénario) & Bruno Redondo (dessin)
Relaunch qui ouvre l'arc Bad Blood

Ce numéro inaugure la run de Tom Taylor et Bruno Redondo, saluée par la critique pour son ton plus tranchant et sa gestion du roster, avec l'arc « Bad Blood » qui redistribue les cartes de l'équipe. Cette période prépare directement le terrain éditorial dans lequel Peacemaker sera ensuite intégré à la Task Force X, en écho à son arrivée au cinéma deux ans plus tard. C'est un point d'entrée recherché par les lecteurs qui veulent comprendre la version de l'équipe la plus proche, tonalement, de celle popularisée par James Gunn.

Rareté :Tirage moderne standard ; demande portée par la popularité de la run Taylor/Redondo plutôt que par la spéculation pure

L'impact des adaptations sur la cote

Peu de franchises DC illustrent aussi clairement l'effet des adaptations sur le marché de la collection que la Suicide Squad. Le cas Peacemaker en est l'exemple le plus spectaculaire : entre décembre 2019 et novembre 2020, un exemplaire CGC 9.2 de Fightin' 5 #40 est passé de 515 $ à 4 250 $, soit une progression de 725% en moins d'un an, uniquement sur la base des annonces de casting puis de la confirmation de la série HBO Max. Ce mouvement s'explique aussi par la rareté objective du comic : le CGC n'en a recensé que 56 exemplaires à ce jour, un volume dérisoire comparé aux tirages massifs des comics Silver Age plus connus.

Le film Suicide Squad de 2016 a produit un effet comparable, quoique moins extrême, sur Batman Adventures #12. La première apparition en comic book d'Harley Quinn a vu sa cote grimper significativement à l'approche et au moment de la sortie du film, avant un tassement progressif dans les années suivantes à mesure que l'offre s'est stabilisée et que la demande s'est reportée sur d'autres apparitions du personnage. C'est un schéma classique du marché du comic book moderne : un pic corrélé à l'actualité cinématographique, suivi d'une consolidation autour d'une valeur plancher plus durable, portée par la popularité intrinsèque du personnage plutôt que par la spéculation ponctuelle.

Le film The Suicide Squad (2021) de James Gunn, malgré une performance décevante au box-office avec 167,4 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget de 185 millions, est resté le contenu DC le plus streamé sur HBO Max au moment de sa sortie. Son influence s'est surtout fait sentir sur le repositionnement éditorial de personnages secondaires comme Peacemaker, intégré à la continuité de l'équipe dans les comics justement parce que Gunn l'avait choisi pour le film. Ce phénomène de rétroaction, où une adaptation modifie durablement la composition de l'équipe sur papier, est propre à la Suicide Squad et rend certains numéros récents intéressants à surveiller sur le temps long plutôt qu'à court terme.

Pour un collectionneur, la leçon pratique de ces cycles est double : d'une part, la fenêtre de hausse la plus forte se situe généralement entre l'annonce du casting et la sortie effective du film ou de la série, ce qui signifie qu'attendre la sortie pour acheter revient souvent à payer le pic. D'autre part, l'écart de valeur entre deux grades proches peut devenir considérable une fois qu'un personnage explose en popularité : comprendre la différence entre un CGC grade 9 et un 9.8 devient alors déterminant avant tout achat, en particulier sur des livres modernes à fort tirage comme le New 52 Suicide Squad #1, où le premium de grade peut représenter la majorité de l'écart de prix entre deux exemplaires.

Guide d'achat

Foire aux questions

C'est The Brave and the Bold #25 (août-septembre 1959), écrit par Robert Kanigher et dessiné par Ross Andru, qui introduit le concept de Task Force X sous sa forme originelle, près de trente ans avant la version popularisée par John Ostrander en 1987.
Amanda Waller apparaît pour la première fois dans Legends #1 (novembre 1986), pas dans le #3. Le #3 développe la mise en place de la nouvelle Suicide Squad mais Waller y figure déjà comme personnage établi.
Fightin' 5 #40, sa première apparition, ne compte que 56 exemplaires recensés au CGC census. Sa cote a bondi de 725% entre décembre 2019 et novembre 2020 suite à l'annonce du casting de John Cena dans le film de James Gunn, puis à la série HBO Max qui a suivi.
Ni l'un ni l'autre dans cet ordre : Harley Quinn a été créée pour Batman: The Animated Series avant d'apparaître pour la première fois en comic book dans Batman Adventures #12 (août 1993), soit une adaptation animée qui précède sa version papier.
Le #1 de 1987 par John Ostrander fonde la formule moderne de l'équipe centrée sur Deadshot et Amanda Waller. Le #1 New 52 de 2011 par Adam Glass est un relaunch complet de la continuité qui redessine radicalement Harley Quinn et introduit King Shark dans l'équipe.