Les comics clés de Blackest Night s'articulent autour de trois strates : les origines (Green Lantern #25 avec la première apparition d'Atrocitus et des Red Lanterns, Tales of the Green Lantern Corps #2 avec la toute première apparition de Nekron en 1981), le déclenchement de l'event (Green Lantern #43 et la naissance du premier Black Lantern, Blackest Night #0 en prélude gratuit, puis Blackest Night #1 en août 2009) et sa conclusion (Blackest Night #8 avec l'apparition du White Lantern Corps, puis Brightest Day #0 qui ouvre la suite). Blackest Night #1 reste le numéro le plus recherché en 9.8, avec une cote qui tourne autour de 260 $ et un census CGC de quelques centaines d'exemplaires seulement à ce grade.
Peu d'events DC ont marqué aussi durablement l'imaginaire des lecteurs que Blackest Night. Publié entre 2009 et 2010, ce crossover imaginé par Geoff Johns et dessiné par Ivan Reis a fait sortir de terre — littéralement — des dizaines de héros et de vilains morts, transformés en Black Lanterns au service d'une entité cosmique nommée Nekron. L'idée n'était pas neuve : elle puisait dans des décennies de continuité Green Lantern, mais son exécution, sa noirceur assumée et son ampleur (plus de 60 titres tie-in) en ont fait un jalon du Bronze Age tardif de l'editorial DC moderne.
Pour un collectionneur, Blackest Night pose un problème classique des gros crossovers : où commencer, et surtout où s'arrêter ? Entre la mini-série principale, les tie-ins dans Green Lantern et Green Lantern Corps, les neuf mini-séries dérivées (Titans, Batman, Superman, Wonder Woman, Flash, Tales of the Corps...) et les racines bien plus anciennes du personnage de Nekron, la tentation est grande de tout acheter. Ce guide isole les numéros qui comptent vraiment — ceux qui portent une première apparition, un tournant narratif majeur ou une rareté avérée — et laisse de côté le remplissage.
Blackest Night : contexte et genèse d'un event culte
L'histoire de Blackest Night commence bien avant 2009. Geoff Johns construit patiemment son « spectre émotionnel » depuis son arrivée sur Green Lantern en 2005 : Sinestro Corps War introduit la peur jaune en 2007, puis Green Lantern (vol. 4) #25, publié fin décembre 2007 avec une date de couverture janvier 2008, fait naître la rage rouge en présentant Atrocitus et les Red Lanterns. C'est dans ce même arc, « Rage of the Red Lanterns », qu'apparaît la prophétie de la Blackest Night, révélée à Hal Jordan par l'ancien Gardien Ganthet — le fil rouge qui va tenir toute la saga pendant deux ans.
La mécanique narrative de l'event repose sur un principe simple et terrifiant : la Garde nommée Scar, une Gardienne corrompue, façonne le premier anneau noir et l'envoie réveiller William Hand — Black Hand — après que ce dernier a assassiné sa famille et s'est donné la mort. Ce moment, situé dans Green Lantern #43 (31 août 2009), sert officiellement de prologue à l'event : c'est la naissance du tout premier Black Lantern, l'entité qui va ensuite ranimer des dizaines de morts de l'univers DC, des Flash aux Titans en passant par les Justice Society.
Le lancement grand public a lieu le même jour avec Blackest Night #1, écrit par Geoff Johns et dessiné par Ivan Reis et Oclair Albert, avec Ethan Van Sciver en renfort. La mini-série principale compte huit numéros mensuels, précédés d'un prologue gratuit distribué lors du Free Comic Book Day du 2 mai 2009 : Blackest Night #0, le tout premier titre entièrement inédit que DC ait jamais conçu spécifiquement pour l'opération FCBD. L'event se referme en mai 2010 avec Blackest Night #8, avant d'ouvrir directement sur la suite, Brightest Day, qui ressuscite douze personnages morts dans un flash de lumière blanche.
Pour situer Nekron dans une perspective plus large : le personnage n'est pas né avec Blackest Night. Sa première apparition remonte à Tales of the Green Lantern Corps #2, en juin 1981, sous la plume de Mike W. Barr et Len Wein, avec Joe Staton au dessin. Un comic de l'âge de bronze resté longtemps anecdotique, et que l'event de 2009 a brutalement remis sous les projecteurs.
Tales of the Green Lantern Corps #2
C'est le vrai point de départ, presque trente ans avant l'event. Ce numéro d'anthologie de l'âge de bronze introduit Nekron, le seigneur des morts, bien avant que Geoff Johns n'en fasse l'antagoniste central de Blackest Night. Longtemps considéré comme un simple comic de fond de bac, il a connu une revalorisation nette dès l'annonce de l'event en 2008-2009, un schéma classique pour les premières apparitions « dormantes » soudainement réactivées par un film ou une saga majeure.
Green Lantern (vol. 4) #25
Le numéro qui met le feu aux poudres. « Rage of the Red Lanterns » introduit dans le même épisode Atrocitus, futur chef du Red Lantern Corps, et Larfleeze (Agent Orange), deux figures qui vont peser lourd dans tout le War of Light puis dans Blackest Night. C'est également ici que Ganthet révèle à Hal Jordan la prophétie qui donne son nom à l'event. Un numéro pivot pour quiconque veut remonter aux sources du récit plutôt que se contenter de la mini-série principale.
Blackest Night #0
Distribué uniquement lors du Free Comic Book Day 2009, ce numéro zéro est le tout premier titre entièrement original que DC ait produit pour l'opération FCBD, plutôt qu'une simple réédition promotionnelle. Il pose les dernières pièces avant le lancement de la série régulière : c'est un point d'entrée narratif complet, mais aussi un comic « fantôme » du marché de la revente puisqu'il n'a jamais été vendu en kiosque ni en librairie au prix fort.
Green Lantern (vol. 4) #43
Le prologue officiel de Blackest Night. C'est dans ce numéro que la Gardienne Scar façonne le tout premier anneau noir et ranime William Hand — Black Hand — après son suicide, faisant de lui le premier Black Lantern de l'univers DC et la porte d'entrée de Nekron dans le monde des vivants. Sorti le même jour que Blackest Night #1, ce numéro est souvent négligé par les collectionneurs qui foncent directement sur la mini-série principale, alors qu'il porte la véritable première apparition du concept de Black Lantern.
Blackest Night #1
Le numéro de référence de toute la saga. 52 pages pour 3,99 $ au lancement, avec Ethan Van Sciver en renfort au dessin et quatre variantes distinctes recensées, dont la 1:25 par Ethan Van Sciver et une 1:250 croquis par Ivan Reis. C'est le numéro que tout collectionneur d'event DC des années 2000 possède ou recherche, et celui qui structure la cote de l'ensemble de la série : sa liquidité en fait un bon indicateur de la santé du marché des comics modernes DC.
Green Lantern Corps #38
Aux côtés de Green Lantern #43, ce numéro marque le début du tie-in Green Lantern Corps qui accompagne toute la mini-série principale jusqu'au #46. Tomasi et Gleason y développent des morts et résurrections propres à la Corps, notamment autour de personnages secondaires du corps intergalactique, avec un impact direct sur la mini-série Blackest Night: Tales of the Corps. Un numéro à part entière pour les lecteurs qui veulent suivre l'event dans son intégralité plutôt que la seule colonne vertébrale.
Blackest Night #8
Le finale de la mini-série principale. Nekron sépare Sinestro de l'entité blanche qui vient d'émerger, avant qu'Hal Jordan ne fusionne à son tour avec elle pour affronter le seigneur des morts. C'est dans ce numéro qu'apparaît pour la première fois le White Lantern Corps ainsi que la White Power Battery, éléments qui vont structurer toute la suite éditoriale de Green Lantern jusqu'à War of the Green Lanterns. Un numéro de conclusion qui porte, à lui seul, une première apparition majeure — souvent sous-coté par rapport au #1.
Brightest Day #0
Le pont narratif immédiat après Blackest Night #8. Douze personnages — dont Aquaman, Martian Manhunter, Firestorm, Hawkman et Hawkgirl — sont ramenés à la vie par une lumière blanche jaillie du centre de la Terre, sans savoir pourquoi ils ont été choisis. Ce numéro zéro lance la série bimensuelle Brightest Day (24 numéros, 2010-2011) et relance directement les carrières éditoriales d'Aquaman et de Firestorm, deux personnages qui connaîtront des runs solo majeurs dans la décennie suivante.
L'impact des adaptations sur la cote
Blackest Night n'a jamais eu de véritable adaptation cinématographique ou télévisée jusqu'à récemment, ce qui a longtemps limité l'exposition de l'event auprès du grand public par rapport à des sagas comme Infinity Gauntlet côté Marvel. La situation change avec l'arrivée du DC Universe piloté par James Gunn : la série HBO Lanterns, centrée sur Hal Jordan et une nouvelle recrue, John Stewart, enquêtant sur un meurtre qui les mène vers une « ancienne horreur » terrestre, est largement interprétée par la presse spécialisée comme une porte d'entrée vers Blackest Night dans l'univers filmé. James Gunn lui-même a indiqué que Lanterns était « vraiment important pour mettre en place » la suite du DCU.
Élément notable pour les collectionneurs : l'acteur Garret Dillahunt y interprète un personnage nommé William Macon, largement soupçonné de dissimuler l'identité de Black Hand — l'ancre mortelle de Nekron dans les comics. Si cette piste se confirme à l'écran, elle rejaillirait directement sur la cote de Green Lantern #43, la véritable première apparition du personnage en tant que Black Lantern, et sur Green Lantern (vol. 4) #25, où apparaissent Atrocitus et les racines du War of Light. Ce schéma s'est déjà vérifié ailleurs dans l'industrie : une première apparition tenue pour secondaire pendant quinze ans peut voir sa demande décoller en quelques mois dès qu'une série ou un film confirme son adaptation.
Pour un collectionneur qui suit ce dossier de près, la meilleure stratégie reste la même que pour n'importe quel personnage en amont d'une adaptation potentielle : sécuriser les numéros de première apparition en grade correct avant l'annonce officielle, plutôt qu'après une flambée de prix difficile à anticiper. Le calendrier de diffusion de Lanterns n'est pas encore fixé avec précision, ce qui laisse une fenêtre pour les acheteurs patients — sans certitude, bien sûr, que l'intrigue confirme le lien avec Nekron et Blackest Night tel que la presse le pressent aujourd'hui.
Guide d'achat
- Distinguez première apparition et numéro d'appel. Blackest Night #1 est le numéro le plus connu, mais Green Lantern #43 porte la vraie première apparition du concept de Black Lantern, et Green Lantern #25 celle d'Atrocitus : ce sont souvent ces numéros « satellites » qui offrent le meilleur rapport rareté/prix.
- Ne négligez pas Tales of the Green Lantern Corps #2. C'est un comic de l'âge de bronze, donc plus fragile et moins abondant en haute grade que les sorties de 2009 : privilégiez les grades intermédiaires si le budget ne permet pas un 9.6-9.8, plutôt que de vous rabattre uniquement sur le marché brut sans certification.
- Vérifiez systématiquement le grade avant d'acheter un numéro CGC. Pour un event de 2009-2010, l'écart de cote entre un 9.6 et un 9.8 peut être significatif ; notre article sur la différence entre CGC 9 et 9.8 détaille précisément ce qui justifie l'écart de prix.
- Méfiez-vous des variantes trompeuses. Blackest Night #1 compte au moins quatre versions (première impression, variante 1:25 Van Sciver, variante sketch 1:250 Ivan Reis, variante Diamond Retailer Summit) : le prix affiché varie fortement selon la version, assurez-vous que l'annonce précise bien laquelle est proposée.
- Ne négligez pas le prologue gratuit. Blackest Night #0 n'a jamais été vendu en kiosque, ce qui en fait un numéro plus difficile à localiser en très bon état que son statut de « simple prologue promotionnel » ne le laisse penser.
- Comparez toujours contre des ventes réelles récentes. Les guides de prix évoluent lentement ; une estimation basée sur des ventes eBay des dernières semaines reflète mieux la demande actuelle qu'une fourchette figée depuis plusieurs mois.
- Cataloguez votre collection au fur et à mesure. Avec plus de 60 titres liés à l'event, il est facile de perdre la trace de ce que l'on possède déjà : notre application de gestion de collection permet de suivre chaque numéro, son grade et sa provenance.