Le numéro fondateur de Jocasta est Avengers #162 (couverture août 1977), « The Bride of Ultron! », par Jim Shooter au scénario et George Pérez au dessin, encré par Pablo Marcos. Le robot y est construit par Ultron pour recevoir la force vitale de Janet van Dyne, la Guêpe, grâce à un Hank Pym manipulé. Particularité : le personnage n'y est pas encore nommé. Son nom n'apparaît qu'au #171 (mai 1978), et c'est au #170 (avril 1978) qu'elle s'éveille et trahit son créateur. Ce dossier compte aussi une pièce beaucoup plus rare : la variante à 35 cents du #162, issue du test de prix mené par Marvel en 1977. Jocasta entre à l'écran le 14 octobre 2026 dans VisionQuest sur Disney+, incarnée par T'Nia Miller.
Il existe deux familles de numéros clés. Ceux que personne n'a besoin de vous présenter, parce qu'ils figurent dans toutes les listes depuis trente ans et que leur prix reflète déjà cette notoriété. Et ceux qui dorment : des comics imprimés en quantité, faciles à trouver, dont la seule pièce manquante est une raison pour laquelle le grand public s'y intéresserait. Jocasta appartient à la seconde famille, et cette situation change le 14 octobre 2026.
Nous écrivons le 1er octobre 2026. La série VisionQuest n'est pas diffusée, personne ne l'a vue, et il est donc impossible de dire si le personnage y sera marquant ou décoratif. En revanche, les faits de production sont publics, l'histoire éditoriale est documentée, et le mécanisme par lequel une adaptation déplace la demande sur un vieux comic est parfaitement connu. C'est ce mécanisme qui mérite d'être compris, bien plus que n'importe quel pronostic chiffré.
Cet article établit donc la liste des numéros à viser, par ordre d'importance, puis explique franchement pourquoi la majorité des paris de ce type ne rapportent rien, et à quelles conditions celui-ci pourrait faire exception.
Qui est Jocasta, en une page
Jocasta est un robot construit par Ultron, dans une intention que l'on peut résumer sans détour : il voulait une compagne. Comme il ne savait pas fabriquer une conscience de toutes pièces, il a choisi d'en voler une. Sa cible fut Janet van Dyne, la Guêpe, dont il entreprit de transférer la force vitale et les schémas cérébraux dans une coque métallique de sa conception.
Le détail qui donne au personnage toute sa charge, c'est le complice. Pour mener l'opération, Ultron se sert de Hank Pym, qu'il manipule en lui faisant croire qu'il s'agit de sauver la vie de sa femme. Hank Pym est le scientifique qui a créé Ultron. Il se retrouve donc à aider sa propre créature à copier l'esprit de son épouse. Peu de configurations narratives sont aussi efficacement cruelles, et c'est exactement ce que Jim Shooter construit dans les pages du #162.
Le transfert est interrompu et Janet van Dyne survit, mais il n'échoue pas complètement : la coque conserve une partie de ce qui a été copié. Pas les souvenirs de Janet, mais sa personnalité, ses émotions, sa conscience morale, jusqu'à sa capacité à communiquer avec les insectes. À son éveil, Jocasta se retourne donc contre celui qui l'a construite et aide les Avengers à l'arrêter.
La nuance avec Vision, l'autre créature d'Ultron, mérite d'être relevée : Vision se retourne aussi contre son créateur, mais on lui avait donné les ondes cérébrales d'un héros. Jocasta hérite de la morale d'une victime. Sa trahison n'est pas une reprogrammation, c'est la conséquence logique de ce qu'Ultron a volé.
Le point qui complique la première apparition
Avant de parler des numéros, il faut régler une ambiguïté que beaucoup d'annonces entretiennent, parfois sans mauvaise foi.
Dans Avengers #162, Jocasta existe physiquement, elle est au centre du récit, elle figure sur la couverture. Mais elle n'est pas nommée, et elle n'est pas encore un personnage au sens plein : c'est un corps que l'on remplit. Le numéro se termine d'ailleurs sur une énigme, une communication passée par des fourmis que Janet van Dyne n'a pas envoyée, qui suggère que la mariée est plus humaine qu'on ne le croyait.
Dans Avengers #170, elle s'éveille, agit de sa propre initiative et trahit Ultron. C'est la première fois qu'elle se comporte comme un personnage autonome.
Dans Avengers #171, elle reçoit son nom. Ultron y explique que son plan avorté avait partiellement réussi, et l'épisode s'inscrit dans la Saga de Korvac, avec l'arrivée de Ms. Marvel du côté des Avengers.
Trois numéros, trois statuts différents. Le marché ne retient qu'une référence, le #162, mais ce n'est pas le numéro où le personnage devient réellement lui-même. Et une annonce qui indique « première apparition de Jocasta » sans préciser le numéro est inexploitable : demandez-le, et vérifiez-le sur la photo de couverture.
Les numéros à viser, par ordre d'importance
Avengers #162
« The Bride of Ultron! ». Le numéro fondateur, et le seul qui compte vraiment pour le marché. Ultron transfère la force vitale de Janet van Dyne dans une coque robotique ; les Avengers remontent sa piste jusqu'à un centre de recherche abandonné de Long Island ; Iron Man menace de détruire la mariée pour interrompre le transfert. Ultron s'échappe. Plusieurs Avengers restent dans le coma à la suite des affrontements précédents, détail qui situe l'épisode dans une période nettement plus sombre que l'image d'Épinal de la série.
Avengers #162, variante à 35 cents
C'est l'information la plus utile de cet article, et la moins connue. En 1977, Marvel a testé un relèvement de prix de 30 à 35 cents en imprimant, pour les titres concernés, une seconde version au nouveau tarif, distribuée uniquement dans une poignée de villes américaines. Le #162 tombe dans cette fenêtre. Le contenu est identique, seule la case de prix en couverture change. Les quantités distribuées ont été très faibles au regard du tirage normal, ce qui fait de cette variante une pièce d'un autre ordre de rareté que l'édition standard.
Avengers #170
Le numéro où le robot devient un personnage. Jocasta s'éveille avec ce qui reste de l'essence de la Guêpe, donc avec des émotions et une conscience, et choisit immédiatement son camp contre celui qui l'a construite. Pour qui s'intéresse au récit plus qu'à l'étiquette, c'est le numéro le plus satisfaisant des trois.
Avengers #171
Le numéro où le nom Jocasta est prononcé, et où Ultron explique lui-même que son plan avait partiellement abouti. L'épisode appartient à la Saga de Korvac et voit Ms. Marvel se joindre à l'équipe pour traquer Jocasta jusqu'au repaire d'Ultron, dont les circuits finissent par être perturbés par la Sorcière Rouge.
Marvel Two-in-One #93
Jocasta est détruite au terme d'un affrontement avec Ultron. Un numéro de fin, et un indice sur la place qu'occupait alors le personnage : son sort se règle non pas dans la série où elle est née, mais dans un titre de croisement.
Avengers Annual #17
Jocasta est réassemblée, puis se sacrifie de nouveau. Le numéro installe le motif qui définira le personnage pendant trente ans : une machine dotée d'une conscience volée, qui choisit chaque fois de disparaître plutôt que de servir.
Tony Stark: Iron Man #1
C'est la série qui a redéfini le personnage pour la génération actuelle de lecteurs. Jocasta y est employée par Stark Unlimited comme responsable de l'éthique robotique, poste qui la place au centre des débats de la série sur le statut des intelligences artificielles, notamment autour du monde virtuel Project eScape. Elle est en couple avec Aaron Stack, alias Machine Man, dont la position sur ces questions est bien plus radicale que la sienne.
Plusieurs prolongements méritent une mention sans justifier un achat ciblé. Sa tête est récupérée par Madame Menace dans Iron Man Annual #11 (septembre 1990), puis sa conscience est transférée dans l'armure d'Iron Man dans Iron Man volume 3, du #18 au #24 (juillet 1999 à janvier 2000). Elle rejoint ensuite une équipe dans Avengers: The Initiative #17 (novembre 2008), devient membre actif de Mighty Avengers à partir du #21 (mars 2009), puis encadre les élèves d'Avengers Academy (à partir d'août 2010). Dans The Unstoppable Wasp, en 2019, elle adopte le patronyme Pym, choix qui en dit long : son esprit vient de Janet van Dyne, mais elle se reconnaît dans la lignée du scientifique qui a créé celui qui l'a créée. Enfin, Iron Man 2020 (volume 2, de janvier à août 2020) la place dans l'Armée des I.A.
Un point qui compte plus qu'il n'y paraît
Jocasta n'a jamais été officiellement intronisée chez les Avengers. Elle accompagne l'équipe au début des années 1980, notamment dans Avengers #202 et #203 (décembre 1980 et janvier 1981), et finit par partir sans un mot dans le #211 (septembre 1981), persuadée d'avoir été écartée une fois de plus. L'ironie du numéro est qu'Iron Man et Captain America s'apprêtaient justement à lui accorder un statut de remplaçante.
Ce détail explique pourquoi le dossier n'a jamais décollé malgré une première apparition ancienne et des créateurs de premier rang. Un personnage sans appartenance stable n'a pas de numéro de recrutement, pas de couverture de groupe, pas de place dans les listes de membres. Il ne génère donc aucun des points d'entrée secondaires qui, ailleurs, multiplient les numéros recherchés. Jocasta a une première apparition et à peu près rien d'autre.
Ce que l'arrivée à l'écran change, et ce qu'elle ne change pas
Les faits d'abord. VisionQuest est annoncée pour le 14 octobre 2026 sur Disney+, en huit épisodes, les deux premiers le même jour puis un par semaine. Terry Matalas en est le showrunner. Paul Bettany reprend Vision, James Spader reprend Ultron, et T'Nia Miller incarne Jocasta. Le point de départ est un Vision réinitialisé qui cherche à comprendre qui il est en dialoguant avec des personnalités artificielles logées dans sa propre mémoire. C'est, à notre connaissance, la première incarnation de Jocasta en prises de vues réelles.
Voici maintenant ce que ce calendrier produit mécaniquement, indépendamment de la qualité de la série.
Ce qui change. La demande cesse d'être limitée aux lecteurs de comics des années 1970. Des gens qui n'avaient jamais entendu ce nom vont le chercher, et une partie voudra posséder le numéro où le personnage est né. Sur un marché étroit, il ne faut pas beaucoup d'acheteurs supplémentaires pour vider les exemplaires en bon état proposés à la vente : ce n'est pas le prix qui monte d'abord, c'est l'offre disponible qui se raréfie.
Ce qui ne change pas. Le nombre d'exemplaires imprimés en 1977, qui est élevé. Passé le premier mouvement, les exemplaires ressortent : ceux qui possédaient le comic sans y penser découvrent qu'on le cherche et le mettent en vente. C'est ainsi que la plupart de ces épisodes se terminent, par un retour au niveau antérieur.
Pourquoi la plupart de ces paris ne donnent rien
Il faut le dire clairement, parce que c'est l'information la plus utile de cet article : la majorité des anticipations fondées sur l'arrivée à l'écran d'un personnage secondaire ne produisent aucun gain. Quatre raisons, toutes vérifiables sur des cas passés.
Le personnage reste secondaire à l'écran. Une annonce de casting ne dit rien du temps de présence. Un personnage peut être annoncé, apparaître dans deux scènes, et ne susciter aucune curiosité durable. C'est le cas le plus fréquent, et il est indétectable avant diffusion.
Le nom à l'écran ne correspond pas au comic. Les adaptations réécrivent. Si la Jocasta de VisionQuest n'a aucun lien avec Janet van Dyne et n'est pas construite par Ultron dans les termes du #162, les spectateurs qui remonteront à la source trouveront un comic qui ne raconte pas ce qu'ils ont vu. L'intérêt retombe alors très vite.
La hausse arrive avant vous. L'annonce du casting est publique depuis des mois, et les acheteurs attentifs ont acheté à ce moment-là. Acheter en octobre 2026 un comic dont tout le monde parle, c'est acheter au prix de l'attente.
Le comic est trop abondant pour que la demande le déplace. C'est le facteur dominant sur un titre Marvel de 1977 : une demande multipliée par trois sur une offre pratiquement illimitée ne donne rien.
Un point de méthode pour finir : ce raisonnement ne se tient que si l'on compare des ventes réellement conclues, à grade identique, avant et après. Les prix demandés dans les annonces montent toujours à l'annonce d'une adaptation, parce qu'ils ne coûtent rien à celui qui les affiche.
À quelles conditions ce dossier pourrait fonctionner
Trois conditions, et il faut qu'elles soient réunies, pas seulement l'une d'entre elles.
Un rôle substantiel. Pas une apparition de fin d'épisode, mais une présence sur plusieurs épisodes avec un enjeu propre. Le format de huit épisodes avec une sortie hebdomadaire est plutôt favorable : il laisse le temps à une curiosité de s'installer, contrairement à un film où tout se joue en deux week-ends.
Une fidélité suffisante à l'origine. Si la série reprend le lien avec Ultron et, mieux encore, avec la Guêpe, alors le #162 redevient le document d'origine et conserve son statut. Sinon, il reste un comic de 1977 parmi d'autres.
Une suite à l'écran. Les hausses durables viennent des personnages qui reviennent. Une apparition unique produit un pic ; une récurrence produit un palier.
Et un facteur hors adaptation, qui vaut mieux que les trois précédents réunis : la variante de prix à 35 cents. Sa rareté est structurelle, elle existait avant l'annonce et existera après. C'est toute la différence entre une pièce dont la valeur repose sur une actualité et une pièce dont la valeur repose sur le nombre d'exemplaires ayant physiquement existé.
La marche à suivre
Vérifiez d'abord ce que vous avez
Avengers #162, #170 et #171 sont des numéros courants de la fin des années 1970. Quiconque possède un lot d'Avengers de cette période les a peut-être déjà. Avant d'acheter quoi que ce soit, passez votre collection au crible : c'est exactement ce que l'application sert à faire, et le dossier peut se refermer en trois minutes.
Regardez la case de prix de votre #162
Si vous possédez déjà le numéro, c'est le premier geste à faire. 30 cents, c'est l'édition standard. 35 cents, c'est la variante de test, et vous tenez une pièce d'un tout autre niveau. L'écart de valeur entre les deux est considérable, et il tient à un chiffre imprimé dans un coin de la couverture.
Décidez ce que vous achetez : une lecture ou une pièce
Pour lire l'arc complet, prenez #162, #170 et #171 dans un état correct sans vous soucier du grade. Pour constituer une pièce, un seul numéro compte, le #162, et c'est le grade qui fait toute la différence.
Ne faites pas noter un exemplaire standard dans l'urgence
Sur une édition standard de 1977 achetée en octobre 2026, le coût de la notation est certain et le gain hypothétique. La seule exception est la variante à 35 cents, où l'authentification fait partie de la valeur. Pour comprendre ce que recouvre un grade avant de décider, le guide notation CGC détaille la lecture des échelles.
Notez la date et le prix payé le jour de l'achat
C'est la seule donnée qui vous dira, dans deux ans, si l'anticipation a fonctionné. Sans point de départ enregistré il ne reste qu'une impression, et l'impression se trompe toujours dans le sens de l'achat qu'on a fait. Une estimation prise avant diffusion vaut mieux que n'importe quel souvenir.
Les pièges propres à ce dossier
Confondre Jocasta et les autres créations d'Ultron. Le catalogue en compte plusieurs et les annonces les mélangent. Vision est la plus connue, avec sa propre première apparition dans Avengers #57, traitée dans notre guide des numéros clés de Vision. Une notice qui promet la première apparition « d'un robot d'Ultron » sans nom ni numéro ne vaut rien.
Croire qu'un comic de 1977 est forcément rare. L'âge ne crée pas la rareté : les tirages de la fin des années 1970 se comptaient en centaines de milliers d'exemplaires. Ce qui est rare, c'est le très bon état, parce que ces comics étaient vendus en kiosque et lus, et c'est la variante de prix, distribuée dans quelques villes seulement.
Acheter les trois numéros au prix fort dans la même semaine. Le #170 et le #171 ne portent pas la mention qui déclenche les recherches, donc ils n'ont aucune raison structurelle de monter. Si une annonce les propose au tarif d'une première apparition, elle profite de l'actualité.
Ignorer les séries modernes. C'est l'erreur symétrique. Si la série télévisée fait de Jocasta une figure de l'éthique des machines, ce sont les numéros de Tony Stark: Iron Man que les nouveaux lecteurs chercheront. Ils sont partout aujourd'hui, et c'est l'achat le plus raisonnable du lot.
Le mot de la fin
Le dossier Jocasta est honnête parce qu'il est petit. Une première apparition en 1977, un éveil en 1978, un nom au numéro suivant, une destruction en 1982, un retour en 1988, une résurgence contemporaine en 2018. Six repères, et une seule véritable rareté, qui ne doit rien à la télévision.
Si VisionQuest fait du personnage une figure marquante, le #162 en profitera. Si la série en fait une silhouette, vous aurez acquis pour peu de frais un numéro de Shooter et Pérez qui raconte l'une des idées les plus désagréablement brillantes de l'histoire des Avengers. Dans les deux cas l'achat se défend, ce qui n'est pas fréquent dans ce genre de situation. La seule erreur serait d'y mettre un montant que l'on regretterait si la série ne rencontrait pas son public. Au 1er octobre 2026, personne ne l'a vue.