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Poison Ivy fait ses debuts dans Batman #181 (cover date juin 1966, en kiosque le 19 avril 1966), sous la plume de Robert Kanigher et le crayon de Sheldon Moldoff, avec Carmine Infantino credite comme co-createur du personnage. Son origine moderne — la botaniste Pamela Isley transformee par les toxines du Dr Jason Woodrue — est fixee en 1988 dans Secret Origins #36 par Neil Gaiman. Batman #181 reste la key issue de reference : la CGC recensait 3 540 exemplaires gradés a l'ete 2023, avec seulement quatre 9.8 et aucun exemplaire au-dessus, et un 9.8 s'est vendu 96 000 $ en aout 2023.

Peu de vilains du Rogues Gallery de Batman ont connu une trajectoire aussi singuliere que Poison Ivy. Nee dans un recit un peu oublie du Silver Age, la botaniste toxique a d'abord vecu dans l'ombre de figures plus tapageuses comme le Joker ou le Pingouin, avant de devenir, cinquante ans plus tard, l'un des personnages les plus discutes de tout le catalogue DC — portee par une reecriture d'origine signee Neil Gaiman, une idylle avec Harley Quinn devenue canonique, et une serie solo saluee par la critique en 2022.

Pour un collectionneur francais qui s'interesse a l'univers Batman, Poison Ivy occupe une place a part : son comic de premiere apparition est un Silver Age accessible comparé aux mastodontes comme Batman #1 ou Detective Comics #27, tout en restant un vrai marqueur de rarete avec un tirage d'epoque limite et une cote qui grimpe nettement des le grade superieur. Cet article retrace l'histoire editoriale complete du personnage — de sa creation en 1966 a ses adaptations les plus recentes — et donne des reperes concrets pour qui veut se lancer dans la collection autour d'elle.

Ce qui frappe surtout, en retracant le parcours du personnage, c'est le decalage entre son statut editorial d'origine et sa place actuelle dans la pop culture. A sa creation, Poison Ivy n'est qu'une menace ponctuelle parmi d'autres dans un Batman qui multiplie les nouveaux vilains pour accompagner l'engouement televisuel des annees 1966. Cinquante-huit ans plus tard, elle est devenue une figure centrale de plusieurs medias — comics, animation, cinema, jeu video, series live-action — au point que sa key issue fondatrice, longtemps consideree comme un Silver Age secondaire, s'echange desormais a des niveaux comparables a certaines cles bien plus celebres a sa sortie.

Poison Ivy : de la creation en 1966 a l'icone du Rogues Gallery

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L'histoire commence dans un Batman du Silver Age qui cherchait de nouveaux adversaires pour renouveler une galerie de vilains alors dominee par le Joker, le Pingouin, l'Homme-Mystere ou Double-Face. Robert Kanigher, scenariste prolifique chez DC (deja pere de Wonder Woman a l'epoque Golden Age et createur de Sgt. Rock), imagine une femme fatale toxique dont le corps secrete des poisons vegetaux et dont les baisers peuvent tuer. Le dessin est confie a Sheldon Moldoff, alors ghost-artist attitre de Batman — signant contractuellement sous le nom de Bob Kane, comme c'etait l'usage a l'epoque pour la plupart des histoires du Chevalier Noir. Carmine Infantino, qui supervisait la direction artistique du titre, est aujourd'hui credite comme co-createur visuel du personnage.

Le recit, intitule "Beware of — Poison Ivy!", parait dans Batman #181, date de couverture juin 1966 et mis en vente le 19 avril 1966. Sur le plan du design, Poison Ivy emprunte sa coupe de cheveux et son allure a la pin-up Bettie Page, tres populaire dans l'imagerie des annees 1950-60, tandis que le concept narratif d'une femme empoisonnee par sa propre beaute doit beaucoup a la nouvelle "Rappaccini's Daughter" de Nathaniel Hawthorne, un classique de la litterature americaine du XIXe siecle mettant en scene une jeune femme rendue toxique par son pere botaniste. Cette double filiation — pin-up culture et litterature gothique — donne au personnage une texture inhabituelle pour l'epoque, a mi-chemin entre la femme fatale de film noir et la figure quasi mythologique.

Il faut noter que Batman #181 est aussi memorable pour une autre raison, purement contextuelle : sa parution coincide avec l'explosion de la serie television Batman avec Adam West, lancee en janvier 1966, qui a temporairement multiplie les ventes de comics Batman et pousse les scenaristes a produire des adversaires visuellement forts, capables de fonctionner aussi bien sur le papier qu'a l'ecran. Poison Ivy nait donc dans ce contexte de surchauffe editoriale, sans toutefois etre adaptee par la serie Adam West elle-meme — elle restera un personnage strictement comics pendant plus de vingt-cinq ans avant sa premiere incarnation audiovisuelle.

L'ere Bronze et la refonte de l'origine par Neil Gaiman

Apres sa creation, Poison Ivy reste un temps un second couteau relativement generique dans les recits Batman des annees 1960-70, convoquee ponctuellement comme menace exotique sans grande epaisseur psychologique. Le veritable tournant intervient en 1988, dans Secret Origins #36, une histoire intitulee "Pavane" et signee par un jeune Neil Gaiman, alors encore loin de la notoriete que lui vaudront Sandman ou American Gods.

Gaiman y etablit ce qui deviendra le canon durable du personnage : Pamela Isley, botaniste douee elevee dans une famille aisee mais emotionnellement distante, poursuit des etudes avancees en biochimie vegetale aux cotes d'un certain Alec Holland — futur Swamp Thing — sous la direction du professeur Jason Woodrue, qui deviendra lui-meme le vilain Floronic Man. Seduite puis manipulee par Woodrue, Isley est injectee de force avec une serie de poisons et de toxines experimentales ; elle survit, mais son corps se transforme durablement, la rendant immunisee a tous les poisons connus et capable de secreter ses propres toxines mortelles au contact. Des developpements ulterieurs relieront ses pouvoirs a une force elementale nommee "le Green", la meme energie qui anime Swamp Thing, inscrivant Poison Ivy dans une mythologie vegetale plus large de l'univers DC.

Cette reecriture change la nature du personnage : d'une femme fatale au concept simple, elle devient une figure tragique, victime d'un abus de pouvoir academique avant de se muer en eco-terroriste convaincue que l'humanite est une menace pour la nature. Cette complexite nourrira toutes les incarnations ulterieures du personnage, des comics aux dessins animes.

Des annees 90 a Gotham City Sirens : l'ascension du personnage

Le vrai coup d'accelerateur pour la notoriete de Poison Ivy vient paradoxalement de la television plutot que des comics : l'episode "Pretty Poison", diffuse le 14 septembre 1992 dans Batman: The Animated Series, introduit le personnage au grand public avec la voix de Diane Pershing. L'episode installe durablement l'image d'une eco-terroriste obsedee par la preservation des plantes, prete a empoisonner un procureur pour sauver une espece vegetale menacee — une caracterisation directement heritee de la version Gaiman. Le succes de la serie animee, aujourd'hui consideree comme l'une des meilleures adaptations de super-heros jamais produites, ancre Poison Ivy dans l'imaginaire collectif bien au-dela du lectorat de comics.

Dans les comics eux-memes, les annees 2000 marquent une nouvelle etape avec le rapprochement editorial entre Poison Ivy, Harley Quinn et Catwoman. Le scenariste Paul Dini, qui avait coecrit "Pretty Poison" pour la serie animee et cree Harley Quinn pour l'ecran avant qu'elle ne rejoigne les comics, lance en 2009 la serie Gotham City Sirens, qui reunit les trois personnages en un trio anti-heroique partageant un appartement a Gotham. Cette serie consolide durablement l'amitie entre Ivy et Harley, jusque-la traitee de maniere plus episodique, et prepare le terrain pour l'evolution romantique du duo une decennie plus tard.

Au fil des decennies, Poison Ivy a egalement circule entre plusieurs statuts narratifs a l'interieur meme de l'univers DC : tantot menace solitaire agissant seule contre Batman, tantot membre ponctuelle de collectifs de vilains comme la Legion of Doom ou la Suicide Squad selon les eras editoriales, tantot allie de circonstance de heros vegetaux comme Swamp Thing, avec lequel elle partage la meme source de pouvoirs. Cette flexibilite scenaristique — rare chez les vilains secondaires du Silver Age — explique en partie sa longevite : contrairement a des personnages restes figes dans un seul registre, Ivy a pu etre reecrite comme menace pure, comme anti-heroine, comme figure romantique ou comme porte-parole d'un discours ecologiste, selon les besoins de chaque run. Le relaunch New 52 de 2011 la reintroduit ainsi dans une veine plus radicale et davantage connectee au Green, tandis que l'ere Rebirth (a partir de 2016) la rapproche de nouveau de Harley Quinn dans des histoires courtes qui preparent le terrain aux developpements romantiques ulterieurs.

Harley et Ivy : la romance qui a redefini le personnage

Aucune evolution recente n'a autant marque Poison Ivy que sa relation avec Harley Quinn. Le sous-texte affectif entre les deux personnages existe depuis les annees 1990, mais il faut attendre 2015 pour que les scenaristes Jimmy Palmiotti et Amanda Conner, alors aux commandes de la serie Harley Quinn, decrivent publiquement le duo comme des "petites amies sans la jalousie de la monogamie". Le premier baiser explicitement montre dans la continuite intervient dans Harley Quinn Vol. 3 #25 (2017), dessine par Chad Hardin : la scene originale montrait un baiser sur les levres, mais DC Comics a fait modifier la case pour un baiser sur la joue avant publication — une anecdote editoriale que l'artiste lui-meme revelera plus tard, en partageant le dessin original non retouche.

Le veritable baiser canonique et sans ambiguite, integre a la continuite principale de l'univers Batman, arrive avec Batman: Urban Legends #1 (2021), signe Stephanie Phillips et Laura Braga, qui montre en flash-back le debut de la romance entre les deux femmes — un recit qui influencera directement les series Batman suivantes ainsi que la propre serie Harley Quinn de Phillips. Le duo ira meme jusqu'au mariage dans la mini-serie Injustice: Year Zero, ou Harley et Ivy se marient a Las Vegas.

Cette dimension romantique irrigue directement la serie solo Poison Ivy lancee le 7 juin 2022 par la scenariste G. Willow Wilson (connue pour Ms. Marvel) et le dessinateur Marcio Takara. Concue au depart comme une mini-serie dans le cadre du Pride Month de DC, elle suit une Ivy depossedee de ses pouvoirs et mourante apres les evenements de "Fear State", qui entreprend un dernier periple a travers les Etats-Unis pour completer une mission radicale : sauver la planete en effacant l'humanite. Wilson a decrit le projet comme "une histoire d'amour du point de vue d'une vilaine", largement construite sous forme de lettres qu'Ivy adresse a Harley. Le succes critique — 8,9/10 sur les quinze premieres critiques agregees, puis une moyenne de 8,2/10 sur la serie complete selon Comic Book Roundup — a conduit DC a prolonger le projet initial de six numeros en une serie ongoing complete, avec l'artiste Atagun Ilhan rejoignant Takara sur le second arc.

L'impact des adaptations sur la cote

Poison Ivy a connu une multiplication d'adaptations audiovisuelles qui, cumulees, ont largement nourri la demande sur son comic fondateur et ses cles editoriales. Apres Batman: The Animated Series en 1992, elle apparait au cinema des 1997 dans Batman & Robin, incarnee par Uma Thurman face a George Clooney — un film commercialement decevant a sa sortie mais qui a, avec le recul et la reevaluation nostalgique des annees 2010-2020, contribue a maintenir la notoriete du personnage aupres d'un public grand public peu familier des comics.

La serie Fox Gotham (2014-2019) integre le personnage des sa premiere saison sous les traits d'une jeune Ivy Pepper adolescente (Clare Foley), avant une transformation en version adulte confiee successivement a Maggie Geha en saison 3 puis a Peyton List a partir de la saison 4 — un choix de recasting qui a lui-meme fait parler au sein de la fanbase. Plus recemment, la serie animee Harley Quinn (HBO Max, depuis 2019), avec Lake Bell dans le role d'Ivy, a joue un role determinant dans la popularisation grand public du couple "Harlivy", en officialisant leur relation romantique des la saison 2 (2020) — bien avant que les comics ne le fassent explicitement dans leur continuite principale. Ce succes streaming a genere un regain d'interet direct pour les comics sur lesquels cette relation s'appuie, notamment la run Palmiotti/Conner et la serie Gotham City Sirens.

Cote jeu video, Poison Ivy est presente dans la trilogie Batman: Arkham de Rocksteady, avec un traitement different a chaque episode : menace directe pour Batman dans Arkham Asylum (2009), antagoniste davantage tournee vers Catwoman dans Arkham City (2011), puis quasi-alliee du heros dans Arkham Knight (2015) — une evolution qui reflete, dans le jeu, le meme glissement vers la complexite morale que le personnage a connu dans les comics depuis Gaiman.

Sur le marche du papier, cette accumulation d'adaptations profite avant tout a Batman #181, la clef originelle. Selon le recensement CGC arrete a la mi-aout 2023, 3 540 exemplaires du numero etaient alors gradués, avec seulement quatre exemplaires a 9.8 et aucun au-dessus — un plafond de qualite tres bas pour un comic Silver Age aussi demande, ce qui explique la prime payee pour les tout meilleurs grades. Un exemplaire CGC 9.8 White Pages s'est vendu 96 000 $ le 10 aout 2023, tandis que la meilleure vente enregistree pour un grade 9.6 atteint 17 000 $. Un exemplaire propre en grade 9.0 se negocie generalement entre 3 000 $ et 3 600 $, et les grades autour de 4.0 restent accessibles, dans la fourchette basse des centaines de dollars. Ces ecarts tres marques entre grades intermediaires et grades sommitaux sont typiques des key issues Silver Age a faible population au sommet du census.

Guide d'achat : collectionner Poison Ivy sans se tromper

Se constituer une collection coherente autour de Poison Ivy suppose de bien distinguer la piece fondatrice, les cles secondaires liees a ses reecritures d'origine, et les numeros modernes portes par sa popularite actuelle. Voici les reperes essentiels avant d'acheter :

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Foire aux questions

Poison Ivy apparait pour la premiere fois dans Batman #181 (DC Comics), date de couverture juin 1966 et mis en vente le 19 avril 1966, dans le recit "Beware of — Poison Ivy!" ecrit par Robert Kanigher et dessine par Sheldon Moldoff, avec Carmine Infantino credite comme co-createur du personnage.
Poison Ivy a ete creee par le scenariste Robert Kanigher et l'artiste Sheldon Moldoff pour le recit publie dans Batman #181, avec Carmine Infantino credite comme co-createur du design visuel du personnage. Son apparence s'inspire du look de la pin-up Bettie Page.
L'origine moderne du personnage, faisant de Poison Ivy la botaniste Pamela Isley transformee par des experiences toxiques menees par le professeur Jason Woodrue, a ete etablie par Neil Gaiman dans Secret Origins #36, publie en 1988.
La valeur varie fortement selon le grade : un exemplaire CGC 9.8 s'est vendu 96 000 $ en aout 2023, un 9.6 a atteint 17 000 $, un 9.0 se situe generalement entre 3 000 $ et 3 600 $, tandis que les grades autour de 4.0 restent accessibles dans la fourchette basse des centaines de dollars. Utilisez un estimateur base sur les ventes reelles pour obtenir une fourchette actualisee selon l'etat precis de votre exemplaire.
Un premier baiser dans la continuite apparait dans Harley Quinn Vol. 3 #25 (2017), mais la relation devient sans ambiguite canonique dans l'univers principal avec Batman: Urban Legends #1 (2021), qui montre en flash-back le debut de leur romance.