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Groot apparaît pour la première fois dans Tales to Astonish #13 (novembre 1960), créé par Stan Lee, Larry Lieber et Jack Kirby comme un monstre alien silencieux venu de la « planète X ». Oublié pendant près de cinquante ans, le personnage renaît en 2008 dans Annihilation: Conquest avant de devenir un pilier des Gardiens de la Galaxie, puis une star mondiale grâce au film Marvel Studios de 2014 et à la série I Am Groot sur Disney+.

Il existe peu de personnages Marvel dont la trajectoire éditoriale soit aussi singulière que celle de Groot. Là où la plupart des super-héros naissent avec une identité stable qui s'affine au fil des décennies, Groot commence sa carrière en 1960 comme une simple créature de « comic de monstres », un genre alors en perte de vitesse chez Atlas Comics (l'ancien nom de Marvel), avant de disparaître presque totalement des radars éditoriaux pendant près de cinq décennies. Son retour, orchestré au milieu des années 2000 dans le cadre d'un événement cosmique méconnu du grand public, l'a transformé en un membre à part entière des Gardiens de la Galaxie, puis en véritable phénomène culturel une fois porté à l'écran par Marvel Studios.

Cette histoire en deux temps — le monstre du Silver Age et le héros contemporain — explique pourquoi Groot occupe une place particulière dans les collections : ses clés d'origine appartiennent à l'âge d'argent le plus recherché du marché, tandis que ses apparitions modernes (2007-2014) forment une seconde vague de collection portée par le succès cinématographique. Comprendre cette double temporalité est essentiel pour tout collectionneur qui souhaite investir intelligemment sur le personnage, qu'il s'agisse de traquer un exemplaire d'époque ou une clé moderne liée aux Gardiens.

Dans cet article, nous retraçons l'histoire éditoriale complète de Groot : sa création par l'équipe Lee/Lieber/Kirby, son long sommeil éditorial, sa résurrection cosmique, son intégration aux Gardiens de la Galaxie modernes, puis l'onde de choc provoquée par les adaptations audiovisuelles sur la cote de ses comics fondateurs.

Groot, enfant du Silver Age et des comics de monstres

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Avant de devenir un super-héros, Groot fut d'abord un monstre. À la charnière des années 1950 et 1960, Atlas Comics — qui deviendra Marvel Comics quelques mois plus tard — publie une multitude de titres d'anthologie mettant en scène des créatures gigantesques venues de mondes lointains : Journey Into Mystery, Strange Tales ou encore Tales to Astonish. C'est dans ce dernier titre, au numéro 13 daté de novembre 1960 (mis en vente en juin 1960), que Groot fait sa toute première apparition dans un récit intitulé « I Challenged... Groot! The Monster from Planet X! ».

Le scénario est signé Larry Lieber, le frère de Stan Lee, sur des crayonnés de Jack Kirby encrés par Dick Ayers, avec une colorisation de Stan Goldberg et un lettrage de Ray Holloway ; Stan Lee occupe le poste d'éditeur. L'histoire, longue de sept pages seulement, met en scène Groot se présentant comme le monarque de la planète X, venu sur Terre pour capturer une petite ville entière afin de la ramener chez lui à des fins d'étude scientifique. Le personnage est alors dépeint comme un arbre humanoïde géant, capable de contrôler d'autres arbres par télékinésie et insensible aux armes conventionnelles humaines.

Le twist final de cette histoire de monstre typique de l'époque est resté célèbre parmi les lecteurs du Silver Age : c'est une scientifique, Leslie Evans, qui parvient à neutraliser Groot non pas par la force, mais grâce à des termites spécialement élevées en laboratoire, capables de dévorer l'intérieur de sa structure ligneuse. Le récit se referme sur un rebondissement qui deviendra une habitude de la maison : Groot survit à cette défaite et se retrouve emprisonné dans la collection de monstres de Taneleer Tivan, alias le Collectionneur — un personnage qui restera lui aussi durablement lié à l'univers cosmique Marvel.

Un titre d'anthologie, pas encore un univers partagé

Il est important de resituer ce récit dans son contexte éditorial : en 1960, l'univers partagé Marvel tel que nous le connaissons n'existe pas encore. Les Quatre Fantastiques, première pierre de la Marvel moderne, ne débuteront qu'en novembre 1961. Tales to Astonish #13 appartient donc à une ère où chaque histoire de monstre était indépendante, sans continuité ni intention de bâtir un personnage récurrent. Groot n'était concrètement qu'une créature parmi des dizaines d'autres — Fin Fang Foom, Gorgilla, Rommbu — publiées dans ce type de titres pour occuper le lecteur en attendant l'explosion du genre super-héroïque qui allait suivre l'année suivante.

C'est précisément ce statut de « guest star jetable » qui rend aujourd'hui Tales to Astonish #13 si recherché : personne, en 1960, n'aurait pu deviner que ce monstre au dialogue minimaliste deviendrait soixante ans plus tard l'un des visages les plus reconnaissables du cinéma de super-héros. Le comic est aujourd'hui classé 24e sur la liste Overstreet des 50 comics du Silver Age les plus recherchés, aux côtés de titres bien plus célèbres à l'époque de leur publication.

Une longue absence éditoriale, ponctuée d'apparitions cosmiques

Après cette première histoire, Groot ne disparaît pas totalement des pages Marvel, mais il change profondément de statut. Il devient un personnage réutilisable au sein de la collection du Collectionneur, apparaissant occasionnellement comme simple élément de décor cosmique dans des récits mettant en scène des personnages comme le Surfer d'Argent ou les Vengeurs, sans jamais retrouver de rôle scénaristique central. Pendant près de cinq décennies, Groot reste un clin d'œil nostalgique réservé aux lecteurs les plus fidèles du matériau Atlas des origines, plutôt qu'un personnage porteur d'histoires.

Cette longue traversée du désert éditorial a une conséquence directe sur le marché de la collection : contrairement à des personnages exploités en continu, dont chaque décennie produit son lot de clés secondaires, Groot n'offre quasiment aucune apparition marquante entre 1960 et le milieu des années 2000. Le collectionneur qui cible l'histoire de Groot doit donc composer avec un vide éditorial de plusieurs décennies, ce qui concentre mécaniquement l'intérêt collector sur un nombre très restreint de numéros.

Ce phénomène n'est pas propre à Groot : il concerne une grande partie du casting cosmique créé par Atlas puis Marvel au tournant des années 1960, un vivier de monstres et d'aliens ponctuels que les scénaristes ont régulièrement réactivé au fil des décennies pour peupler la galerie du Collectionneur ou servir de faire-valoir à des héros plus établis. Ce qui distingue Groot du lot, c'est qu'il a fini par être extrait de cet anonymat collectif pour devenir le point de départ d'une équipe entière, alors que la quasi-totalité de ses contemporains monstrueux sont restés cantonnés au rang de figurants récurrents, sans jamais accéder au statut de personnage principal.

La renaissance cosmique : Annihilation: Conquest et la naissance des Gardiens modernes

Le tournant décisif survient au milieu des années 2000, lorsque Marvel relance tout son secteur cosmique à travers une série de méga-événements : Annihilation (2006), puis Annihilation: Conquest (2007-2008). C'est dans la mini-série Annihilation: Conquest — Star-Lord, écrite par Keith Giffen avec des dessins de Timothy Green II, que Peter Quill (Star-Lord) croise pour la première fois la route de Rocket Raccoon et de Groot dans une configuration qui préfigure directement l'équipe qui deviendra plus tard les Gardiens de la Galaxie du cinéma.

Cette réunion improbable — un mercenaire humain, un raton laveur armé jusqu'aux dents et un arbre extraterrestre télépathe — donne naissance, dans les pages d'Annihilation: Conquest #6 (avril 2008), à la formation officielle d'une nouvelle équipe. Celle-ci prend véritablement son envol avec le lancement de Guardians of the Galaxy volume 2 #1 en juillet 2008, écrit par Dan Abnett et Andy Lanning avec des dessins de Paul Pelletier. Ce numéro fondateur réunit pour la première fois la formation complète : Star-Lord, Rocket Raccoon, Groot, Gamora, Drax le Destructeur, Adam Warlock et Phyla-Vell (alias Quasar), rejoints par Mantis. C'est cette itération de l'équipe, portée par la plume d'Abnett et Lanning pendant près de trois ans, qui servira de socle scénaristique direct à l'adaptation cinématographique de 2014.

Pour la collection, ce diptyque éditorial — la mini-série Annihilation: Conquest — Star-Lord pour la toute première rencontre, puis Guardians of the Galaxy vol. 2 #1 pour la formation officielle de l'équipe — constitue la seconde vague de clés Groot, bien plus récente et bien plus accessible que le numéro de 1960, mais tout aussi structurante pour comprendre le personnage tel qu'on le connaît aujourd'hui.

L'ère Bendis et le lancement du volume 3 (2013)

En 2013, dans le sillage du succès critique de la période Abnett/Lanning, Marvel confie à Brian Michael Bendis le lancement d'un tout nouveau Guardians of the Galaxy volume 3, avec Steve McNiven aux dessins pour le premier numéro. Cette relance, pensée en amont de la sortie du film prévu pour l'été suivant, s'accompagne d'une stratégie de couvertures variantes particulièrement dynamique, notamment la désormais célèbre variante « Baby » de Skottie Young mettant en scène des versions enfantines des membres de l'équipe, Groot compris. Cette période marque également l'intégration plus étroite de Groot au sein du casting principal des Gardiens dans la continuité éditoriale contemporaine, avec un développement de sa relation avec Rocket Raccoon qui deviendra centrale dans l'identité du personnage.

L'impact des adaptations sur la cote

Rien n'a transformé la valeur de collection de Groot autant que son passage au cinéma. Le film Guardians of the Galaxy, réalisé par James Gunn et sorti à l'été 2014, introduit Groot au grand public via la voix de Vin Diesel — qui ne prononce que trois mots dans tout le long-métrage : « I am Groot ». Le film rencontre un succès colossal : 333,7 millions de dollars de recettes en Amérique du Nord et environ 439,6 millions à l'international, pour un total mondial d'environ 773,3 millions de dollars, faisant de lui le plus gros succès super-héroïque de l'année 2014.

Cette exposition mondiale a eu un effet immédiat et mesurable sur le marché du comic ancien. La demande pour Tales to Astonish #13, jusque-là un numéro apprécié des seuls spécialistes du Silver Age, a explosé auprès d'un public de collectionneurs beaucoup plus large, cinéphile autant que lecteur de comics. À titre d'exemple documenté, un exemplaire gradé CGC 9.2 s'est vendu pour plus de 80 000 dollars lors d'enchères en 2017, un niveau de prix qui illustre à quel point ce petit récit de monstre en sept pages, initialement pensé comme un simple bouche-trou éditorial, est devenu l'une des clés du Silver Age les plus courtisées du marché.

La séquence finale du premier film, où Groot se sacrifie pour protéger ses coéquipiers avant de renaître sous la forme d'un jeune pousse dansante (« Baby Groot »), a également créé une toute nouvelle icône visuelle, exploitée dans Guardians of the Galaxy Vol. 2 (2017) puis dans Guardians of the Galaxy Vol. 3 (2023). Sur le plan éditorial, cette popularité a directement inspiré le lancement d'une série solo, Groot (2015), écrite par Jeff Loveness et dessinée par Brian Kesinger, qui suit les frasques d'un Groot adolescent et de Rocket Raccoon lors d'un voyage interstellaire mouvementé sur six numéros.

Plus récemment, Marvel Studios a prolongé cette dynamique avec I Am Groot, une série de courts-métrages animés diffusée sur Disney+ à partir d'août 2022, créée et réalisée par Kirsten Lepore, avec une animation photoréaliste produite par Luma Pictures et toujours la voix de Vin Diesel. Cette production, centrée sur les mésaventures de Baby Groot entre les deux premiers films, confirme que Groot est désormais un pilier autonome du planning éditorial et audiovisuel de Marvel, bien au-delà de son rôle initial de simple membre d'équipe.

La sortie de Guardians of the Galaxy Vol. 3 en mai 2023, qui clôt la trilogie réalisée par James Gunn au cinéma, a constitué un nouveau point d'attention pour les collectionneurs suivant le personnage : ce troisième film, centré sur le passé de Rocket Raccoon, marque la dernière apparition de la formation originale du casting cinématographique et referme un cycle entamé neuf ans plus tôt. Chaque sortie de ce type déclenche mécaniquement un regain d'intérêt de la presse généraliste pour les origines papier des personnages concernés, avec un effet d'entraînement observable sur les recherches et les ventes portant sur Tales to Astonish #13 comme sur les clés modernes des Gardiens.

Pourquoi Groot reste un cas d'école pour les collectionneurs

Le parcours de Groot illustre un phénomène que les collectionneurs chevronnés connaissent bien : la valeur d'un comic ancien n'est jamais figée au moment de sa publication, elle se construit — ou se reconstruit — au fil des décennies en fonction de la trajectoire du personnage dans la culture populaire. En 1960, personne n'aurait misé un centime supplémentaire sur Tales to Astonish #13 par rapport aux dizaines d'autres histoires de monstres publiées la même année. C'est précisément l'absence de statut particulier à l'origine, combinée à une renaissance cosmique inattendue puis à un succès cinématographique retentissant, qui a fait de ce numéro l'une des clés silver age les plus demandées aujourd'hui.

Cette dynamique se reproduit, à une échelle différente, avec les clés modernes : Annihilation: Conquest — Star-Lord #1 et Guardians of the Galaxy vol. 2 #1 sont longtemps restés des numéros de second plan, aimés des seuls lecteurs de comics cosmiques, avant de devenir des pièces recherchées une fois le film sorti. Pour un collectionneur, comprendre cette mécanique — origine obscure, résurrection éditoriale, puis validation par un média grand public — permet d'anticiper quels personnages ou quelles équipes actuellement mineures pourraient connaître le même sort dans les années à venir.

Guide d'achat : comment collectionner Groot sans se tromper

Avant d'investir dans un exemplaire de Tales to Astonish #13 ou dans l'une des clés modernes du personnage, quelques précautions s'imposent, propres à la nature particulière de cette collection.

Pour estimer rapidement la valeur actuelle d'un exemplaire précis, qu'il s'agisse du numéro fondateur de 1960 ou d'une clé moderne des Gardiens de la Galaxie, il est possible de renseigner la série, le numéro et l'état du comic afin d'obtenir une fourchette de prix basée sur les ventes réelles. Un collectionneur qui suit sa collection sur la durée peut également s'appuyer sur une application de suivi pour organiser ses acquisitions et suivre l'évolution de leur cote au fil du temps.

Foire aux questions

Groot fait sa première apparition dans Tales to Astonish #13, daté de novembre 1960 (mis en vente en juin 1960), dans un récit de sept pages intitulé « I Challenged... Groot! The Monster from Planet X! », écrit par Larry Lieber avec des dessins de Jack Kirby encrés par Dick Ayers.
Groot a été créé par le trio Stan Lee (éditeur), Larry Lieber (scénario) et Jack Kirby (dessin), au sein du studio Atlas Comics, qui deviendra Marvel Comics l'année suivante.
Groot est réintroduit dans l'univers cosmique Marvel dans la mini-série Annihilation: Conquest — Star-Lord (2007-2008) de Keith Giffen et Timothy Green II, avant que la formation officielle des Gardiens de la Galaxie modernes ne soit établie dans Guardians of the Galaxy volume 2 #1 (juillet 2008), écrit par Dan Abnett et Andy Lanning.
Ce numéro combine la rareté propre aux comics Silver Age de 1960 et une demande démultipliée par le succès mondial du film Guardians of the Galaxy (2014) ; il figure au 24e rang de la liste Overstreet des 50 comics du Silver Age les plus recherchés, et un exemplaire gradé CGC 9.2 s'est vendu plus de 80 000 dollars en 2017.
Oui, Marvel a publié une mini-série de six numéros intitulée Groot (2015), écrite par Jeff Loveness et dessinée par Brian Kesinger, suivant les aventures de Groot et Rocket Raccoon lors d'un voyage interstellaire, publiée dans la foulée du succès du premier film Guardians of the Galaxy.