Pour découvrir Scarlet Witch, commencez par la série solo Scarlet Witch de James Robinson (2015-2017), puis enchaînez sur la saga culte House of M de Brian Michael Bendis et Olivier Coipel. Le solo de Robinson offre un portrait autonome et intimiste de Wanda Maximoff sans exiger de continuité préalable, tandis que House of M constitue son récit le plus emblématique et le plus influent.
Peu de personnages Marvel ont une bibliographie aussi déroutante que celle de Wanda Maximoff. Née ennemie des X-Men, devenue Vengeuse, épouse d'un synthézoïde, mère de jumeaux magiques, sorcière du chaos, briseuse de réalité puis figure de rédemption : sa trajectoire éditoriale s'étale sur plus de soixante ans et traverse aussi bien la mythologie mutante que celle des Avengers et de la magie Marvel. Pour un nouveau lecteur, la difficulté n'est pas de trouver de la matière, mais de savoir dans quel ordre l'aborder pour ne pas se perdre.
Ce guide propose un parcours raisonné. Plutôt que de tout lire chronologiquement — ce qui imposerait de démarrer par des apparitions de groupe où Wanda n'est qu'un personnage secondaire — nous distinguons les points d'entrée accessibles, les runs fondateurs qui construisent réellement le personnage, les grandes sagas incontournables et les pépites à réserver une fois familiarisé avec son univers. L'objectif : que vous compreniez qui est Wanda, d'où viennent ses pouvoirs et pourquoi elle est devenue l'un des personnages les plus importants de l'univers Marvel moderne.
Un point de méthode utile en préambule : Scarlet Witch n'a longtemps pas eu de série à son seul nom. Son histoire s'écrit d'abord dans les pages des Avengers, des West Coast Avengers puis dans de grands événements collectifs. Suivre Wanda, c'est donc apprendre à repérer les runs où elle occupe véritablement le devant de la scène. C'est exactement ce que balise ce parcours.
Par où commencer : le meilleur point d'entrée
Si vous voulez rencontrer Wanda en tant que personnage central et non comme membre d'équipe parmi d'autres, le meilleur point de départ est la série solo Scarlet Witch écrite par James Robinson (2015-2017). C'est le premier titre à porter son nom seul et à traiter frontalement son identité de sorcière. Chaque chapitre est largement autonome, illustré par des artistes différents (parmi lesquels Vanesa Del Rey, Marco Rudy ou Steve Dillon), ce qui donne un objet à l'esthétique changeante, presque anthologique. Robinson y explore la sorcellerie détraquée du monde, l'héritage de Wanda et la quête de ses origines réelles. Aucune connaissance préalable n'est requise : c'est une porte d'entrée idéale.
Deux alternatives selon votre profil :
- Vous voulez d'emblée le récit qui a marqué la décennie ? Attaquez directement House of M. C'est autonome, spectaculaire et cela vous fera comprendre en une lecture pourquoi Wanda est traitée comme une puissance de niveau cosmique.
- Vous découvrez Wanda via l'écran ? Le couple qu'elle forme avec la Vision est le cœur émotionnel du personnage. Dans ce cas, la maxisérie Vision and the Scarlet Witch de Steve Englehart (voir plus bas) est le complément parfait, même si c'est un récit plus ancien.
Notre recommandation ferme pour un néophyte : solo de Robinson d'abord (pour le personnage), House of M ensuite (pour l'impact), puis remontez vers les runs fondateurs une fois accroché.
Aux origines : de l'ennemie des X-Men à la Vengeuse
Wanda Maximoff apparaît pour la première fois dans X-Men #4 (1964), sous la plume de Stan Lee et le crayon de Jack Kirby. Elle n'y est pas une héroïne mais un membre de la Confrérie des Mauvais Mutants de Magneto, aux côtés de son frère jumeau Pietro, alias Quicksilver (Vif-Argent). Ses pouvoirs y sont d'abord de simples « hexes », des sorts de malchance altérant les probabilités.
Le vrai tournant intervient dans Avengers #16 (1965), toujours par Lee, lorsque Wanda et Pietro rejoignent une équipe Avengers entièrement renouvelée — la fameuse formation surnommée « le drôle de quatuor de Cap », aux côtés de Captain America et Hawkeye (Œil-de-Faucon). Ce basculement du camp des vilains à celui des héros est fondateur : il installe la dualité qui définira Wanda pendant des décennies, entre héritage mutant et vocation de Vengeuse.
Pour aborder ces origines sans vous noyer, la bonne approche n'est pas de lire l'intégralité des premiers Avengers, mais de repérer les jalons :
- La première apparition (X-Men #4) — utile à connaître, pas indispensable à lire en premier.
- L'entrée chez les Avengers (Avengers #16) — le socle de son statut d'héroïne.
- Le run de Roy Thomas sur les Avengers, qui approfondit la relation naissante entre Wanda et la Vision et pose les bases de sa magie.
Ces débuts sont surtout un contexte. Le personnage moderne se construit vraiment dans les runs suivants.
Les runs fondateurs à lire dans l'ordre
Voici la colonne vertébrale du personnage, dans un ordre de lecture recommandé. Ce sont les runs où Wanda cesse d'être un second rôle pour devenir un véritable sujet narratif.
- Le run de Steve Englehart sur les Avengers (années 1970) — Englehart est sans doute l'auteur qui a le plus fait pour Wanda. Il développe sa magie du chaos, l'oppose à la magie disciplinée, introduit sa formation auprès de la sorcière Agatha Harkness et fait mûrir son idylle avec la Vision jusqu'au mariage, célébré dans Giant-Size Avengers #4 (1975). C'est ici que le couple Vision-Wanda devient l'un des plus attachants de Marvel.
- La maxisérie The Vision and the Scarlet Witch de Steve Englehart et Richard Howell (série en douze numéros, milieu des années 1980) — le run le plus important centré sur Wanda avant l'ère moderne. Le couple s'installe en banlieue, Wanda tombe enceinte par magie et met au monde des jumeaux, Thomas et William. Englehart y consolide le lien de Wanda avec l'entité démoniaque Chthon et sa nature de sorcière. Un préquel de quatre numéros signé Bill Mantlo et Rick Leonardi existe également.
- Le run de John Byrne sur les West Coast Avengers (fin des années 1980) — c'est ici que tout bascule dans le tragique. Byrne orchestre le démantèlement de la Vision (l'arc dit « Vision Quest ») et révèle que les jumeaux de Wanda n'étaient que des fragments d'âme d'un démon. La descente psychologique de Wanda commence là : c'est la matrice de tous ses effondrements futurs.
- Le run de Kurt Busiek et George Pérez sur les Avengers (fin des années 1990) — après des années difficiles, Busiek reconstruit Wanda, approfondit sa magie du chaos et son lien à Chthon, et développe sa relation avec Wonder Man (Miracle). Un run superbe visuellement, qui redonne au personnage une stature de premier plan.
Lus dans cet ordre, ces quatre ensembles racontent une arche cohérente : l'épanouissement, le bonheur domestique, la perte, puis la reconstruction. C'est la fondation indispensable pour comprendre ce qui suit.
Les grandes sagas et crossovers à connaître
À partir des années 2000, Wanda quitte le second rang pour devenir le moteur d'événements majeurs de tout l'univers Marvel. Ces sagas sont incontournables, et la plupart se lisent très bien de façon autonome.
- Avengers Disassembled, de Brian Michael Bendis et David Finch (2004) — le point de rupture. Rongée par le retour du souvenir de ses enfants perdus, Wanda perd le contrôle de ses pouvoirs et provoque la mort de plusieurs Avengers, dont la Vision. C'est brutal, controversé et fondateur pour l'ère Bendis. À lire avant House of M, dont c'est le prologue direct.
- House of M, de Brian Michael Bendis et Olivier Coipel (2005) — le sommet. Pour épargner Wanda, les héros hésitent sur son sort ; elle réécrit alors la réalité entière, créant un monde où les mutants dominent. La conclusion, résumée par trois mots devenus légendaires — « No more mutants » —, décime la population mutante et redéfinit l'univers Marvel pour des années. Le récit le plus important du personnage.
- Avengers vs. X-Men (2012) — dans son dénouement, Wanda joue un rôle central pour réamorcer la puissance mutante aux côtés de Hope Summers, amorçant sa réhabilitation vis-à-vis des mutants qu'elle avait dévastés.
- Avengers: The Children's Crusade, d'Allan Heinberg et Jim Cheung (2010-2012) — l'un des plus beaux récits de rédemption de Wanda. Les Young Avengers Wiccan et Speed, qui pourraient être les réincarnations de ses fils disparus, partent à sa recherche. Une mini-série magnifiquement dessinée, essentielle sur le plan émotionnel.
Ordre conseillé pour ce bloc : Disassembled → House of M → Children's Crusade → Avengers vs. X-Men. Vous suivrez ainsi la chute, l'apocalypse, puis la lente remontée vers la rédemption.
L'ère moderne : solos et redéfinition du personnage
La dernière décennie a enfin donné à Wanda ce qui lui manquait : des séries à son nom et une réécriture assumée de ses origines. C'est aussi la période la plus accessible pour un lecteur d'aujourd'hui.
- Uncanny Avengers, de Rick Remender (à partir de 2012) — Wanda intègre l'escouade d'unité Avengers, censée réconcilier héros et mutants. Remender exploite sa culpabilité, sa relation avec Rogue (Malicia) et Wonder Man, et amorce l'un des grands bouleversements de son mythe : la remise en cause de sa filiation avec Magneto.
- La série solo Scarlet Witch de James Robinson (2015-2017) — déjà recommandée comme point d'entrée, elle mérite d'être relue à ce stade car elle formalise la révélation de ses véritables origines : Wanda et Pietro ne seraient pas les enfants biologiques de Magneto ni des mutants au sens strict, mais le produit d'expériences liées à l'Évolutionnaire (High Evolutionary), leur mère véritable étant la sorcière Natalya Maximoff. Un pivot majeur de la continuité récente.
- The Trial of Magneto, de Leah Williams et Lucas Werneck (2021) — dans le contexte de l'ère mutante de Krakoa, Wanda est retrouvée assassinée, déclenchant une enquête et une réconciliation posthume puis effective avec la nation mutante qu'elle avait meurtrie. Un récit dense mais gratifiant pour qui a lu les sagas antérieures.
- La série solo Scarlet Witch de Steve Orlando et Sara Pichelli (à partir de 2023) — le titre le plus récent, où Wanda ouvre un lieu-refuge magique venant en aide à ceux qui frappent à sa porte. Ton plus lumineux, format épisodique, excellent point de contact pour un lecteur contemporain.
Cette ère assume Wanda comme sorcière à part entière plus que comme mutante, tout en réparant les torts causés à la communauté mutante. C'est la version du personnage la plus proche de sa popularité actuelle.
Les pépites à garder pour plus tard
Une fois les runs majeurs digérés, plusieurs récits plus anciens ou plus pointus enrichissent considérablement la compréhension de Wanda. À réserver aux lecteurs déjà familiers de son univers.
- La saga « Celestial Madonna » de Steve Englehart (années 1970) — grand récit choral des Avengers, décisif pour l'histoire du couple Vision-Wanda et le contexte de leur mariage.
- L'arc révélant les origines de Mount Wundagore dans les Avengers de la fin des années 1970 — c'est là qu'on découvre la naissance des jumeaux, le rôle de la vache-humanoïde Bova et la connexion à l'Évolutionnaire, socle que l'ère moderne réactivera. C'est aussi la première grande manifestation de Chthon, le dieu ancien lié à la magie du chaos de Wanda.
- Les récits liés au Darkhold et à Chthon — le grimoire démoniaque et son créateur reviennent régulièrement hanter Wanda ; ils éclairent la source occulte de ses pouvoirs et sa vulnérabilité aux forces qu'elle canalise.
- Les apparitions de Wanda chez les Young Avengers — utiles pour prolonger le fil Wiccan/Speed entamé dans Children's Crusade et comprendre la dimension familiale du personnage.
Ces pépites ne sont pas des points de départ : elles récompensent le lecteur qui veut relier les fils entre magie du chaos, héritage familial et destin des jumeaux.
Où et comment lire : recueils et parcours conseillés
La plupart des runs et sagas cités existent aujourd'hui en recueils reliés, en intégrales regroupant plusieurs numéros par période, ou en omnibus pour les runs les plus volumineux. Sans citer d'éditeur ni de référence précise, voici comment naviguer intelligemment :
- Pour les sagas modernes autonomes (Disassembled, House of M, Children's Crusade), privilégiez les recueils dédiés à l'événement : ils rassemblent la mini-série principale et se lisent d'un bloc, sans dépendances externes lourdes.
- Pour les runs de fond (Englehart, Byrne, Busiek/Pérez), cherchez les intégrales ou recueils couvrant la période concernée des Avengers ou des West Coast Avengers. Wanda y partage l'affiche, mais ce sont ses chapitres essentiels.
- Pour les solos (Robinson, Orlando), les séries récentes sont généralement disponibles en un ou deux recueils par run, faciles à trouver et parfaits pour débuter.
Un parcours complet recommandé, du plus accessible au plus riche :
- Solo de James Robinson (2015) — pour rencontrer le personnage.
- House of M — pour l'impact, précédé si possible d'Avengers Disassembled.
- The Vision and the Scarlet Witch d'Englehart — pour le cœur émotionnel historique.
- West Coast Avengers de Byrne — pour la tragédie fondatrice.
- Children's Crusade puis ère Krakoa (Trial of Magneto) — pour la rédemption.
- Solo de Steve Orlando (2023) — pour la version contemporaine du personnage.
Suivez ce fil et vous aurez parcouru l'essentiel : l'ennemie devenue Vengeuse, l'épouse et la mère, la sorcière brisée, la briseuse de mondes, puis la figure réconciliée. C'est toute la richesse de Wanda Maximoff — un personnage dont la lecture, bien ordonnée, se révèle l'une des plus émouvantes de l'univers Marvel.
Questions fréquentes
Non, ce n'est pas indispensable pour débuter. Wanda apparaît d'abord dans les X-Men, mais son histoire se construit surtout dans les Avengers, ses séries solo et de grands événements. Une connaissance des X-Men enrichit toutefois la lecture des sagas récentes liées à la nation mutante, comme The Trial of Magneto.
Elle l'a longtemps été dans la continuité classique, présentée comme la fille de Magneto et la sœur jumelle de Quicksilver. Un retournement majeur des années 2010, développé notamment dans le solo de James Robinson, a révélé qu'elle ne serait ni l'enfant biologique de Magneto ni une mutante au sens strict, mais le produit d'expériences liées à l'Évolutionnaire, sa mère véritable étant la sorcière Natalya Maximoff.
Avengers Disassembled (2004) est le récit où Wanda perd le contrôle et provoque la mort de plusieurs Avengers, dissolvant l'équipe. House of M (2005) en est la suite directe : pour décider de son sort, les héros la confrontent, et Wanda réécrit alors la réalité entière. Lisez Disassembled d'abord, House of M ensuite.
La série solo Scarlet Witch de James Robinson (2015-2017) est le meilleur point d'entrée : elle est centrée sur Wanda, largement autonome et n'exige aucune connaissance préalable. Si vous préférez le récit le plus marquant, House of M se lit également très bien de façon indépendante.
Les deux étiquettes ont coexisté. Présentée d'abord comme mutante manipulant les probabilités, elle est ensuite définie comme une sorcière canalisant la magie du chaos, liée à l'entité Chthon et formée par Agatha Harkness. L'ère moderne assume pleinement sa dimension de sorcière tout en retravaillant ses origines réelles.