Le meilleur point d'entrée pour découvrir Malicia (Rogue) reste le run Chris Claremont sur Uncanny X-Men, à partir d'Uncanny X-Men #171, le numéro où l'ex-vilaine frappe à la porte des X-Men. C'est là que naît la Malicia héroïne que tout le monde connaît, et que s'installe le conflit intérieur — la psyché de Carol Danvers logée dans sa tête — qui servira de colonne vertébrale à trois décennies de récits.
Malicia n'est pas une héroïne comme les autres, et sa bibliographie s'en ressent. Elle débute en 1981 comme antagoniste, membre de la Confrérie des Mauvais Mutants, avant de basculer du côté des X-Men puis, bien plus tard, de devenir capitaine d'une équipe de Vengeurs. Son parcours éditorial est celui d'une rédemption au long cours, jalonnée par un pouvoir qui la condamne à l'isolement : le moindre contact peau contre peau lui vole souvenirs, forces et personnalité de l'autre. C'est ce paradoxe — une femme dont le don interdit toute tendresse — qui a inspiré les meilleurs auteurs de la franchise mutante.
Comme la plupart des personnages nés dans un titre d'équipe, Malicia se lit par blocs cohérents plutôt que numéro par numéro. On peut suivre deux fils rouges : celui de l'appartenance (les grands runs X-Men où elle brille), et celui de l'intime (la lutte contre la psyché de Carol Danvers, la quête de contrôle de ses pouvoirs, la relation avec Gambit). Comprendre cette double trame, c'est déjà savoir dans quel ordre lire.
Ce guide privilégie les runs, les équipes créatives et les sagas réellement notoires. Quand un numéro précis n'éclaire pas la compréhension du parcours, on désigne l'arc par son nom et ses auteurs, comme le font les connaisseurs. Objectif : refermer cette page en sachant exactement quoi lire, dans quel ordre, et pourquoi.
Le meilleur point d'entrée selon votre profil de lecteur
Il existe trois portes légitimes pour entrer dans l'univers de Malicia. Le bon choix dépend de ce que vous cherchez.
La porte classique (recommandée par défaut). Commencez par le run de Chris Claremont sur Uncanny X-Men, à partir d'Uncanny X-Men #171 (1983). C'est le moment où Malicia, submergée par la personnalité de Carol Danvers qu'elle a absorbée, vient chercher de l'aide auprès du professeur Xavier, au grand dam de Tornade et Wolverine. Cette entrée vous donne tout le contexte que les auteurs suivants supposent acquis : la culpabilité, le combat intérieur, la méfiance de l'équipe.
La porte moderne et psychologique. Si vous préférez un récit contemporain qui prend Malicia comme véritable protagoniste, attaquez le run de Mike Carey sur X-Men Legacy (à partir de 2008). Carey fait du personnage le cœur battant de son titre et traite frontalement la question qui la définit : peut-elle un jour maîtriser son pouvoir et toucher sans détruire ? C'est le portrait adulte le plus abouti de l'héroïne.
La porte romanesque et accessible. Enfin, pour une lecture légère, autonome et immédiatement plaisante, plongez dans le diptyque de Kelly Thompson : la mini-série Rogue & Gambit puis la série Mr. and Mrs. X. Ton vif, alchimie de couple assumée, aucune connaissance préalable requise. Idéal pour un nouveau lecteur qui veut aimer le personnage avant de remonter aux origines.
Notre conseil : si vous hésitez, lisez d'abord quelques épisodes de la porte classique pour saisir d'où vient Anna Marie, puis choisissez entre l'approfondissement (Carey) et le plaisir immédiat (Thompson). Les trois se complètent.
Les origines : la vilaine de Claremont et Golden
Tout commence dans Avengers Annual #10 (1981), sous la plume de Chris Claremont et le crayon de Michael Golden. Malicia y apparaît en antagoniste : membre de la Confrérie des Mauvais Mutants menée par Mystique, elle affronte les Vengeurs et absorbe de façon permanente les pouvoirs et une part de la psyché de Carol Danvers (Ms. Marvel). Ce geste fondateur la dote du vol, d'une force surhumaine et d'une durabilité accrue — mais surtout, il installe la malédiction narrative du personnage : une seconde conscience étrangère qui menace de la submerger.
Élevée par Mystique et sa compagne Destinée, deux figures maternelles aussi protectrices que manipulatrices, la jeune femme du Mississippi bascule pourtant. Rongée par le trop-plein d'esprits emmagasinés, elle prend une décision qui change tout et se présente aux X-Men dans Uncanny X-Men #171 (1983). Claremont y transforme une vilaine secondaire en l'un des arcs de rédemption les plus longs et les plus émouvants jamais publiés par l'éditeur. Pour un débutant, ce numéro est la lecture prioritaire absolue.
Ce qu'il faut retenir de cette période fondatrice :
- Le pouvoir-malédiction. L'absorption tactile fait d'elle une héroïne qui ne peut ni serrer une main ni embrasser, ce qui nourrit chaque grand récit ultérieur.
- La psyché de Carol Danvers. La conscience de Ms. Marvel cohabite de force dans sa tête : c'est le moteur dramatique de tout le run Claremont.
- La filiation trouble. Mystique et Destinée comme mères adoptives ancrent Malicia dans une famille mutante ambiguë, terrain que les scénaristes exploiteront sans cesse.
Les runs incontournables dans l'ordre
Une fois les origines digérées, on déroule les grands runs où le personnage s'épanouit. L'ordre de publication est ici la meilleure boussole, car chaque étape suppose la précédente sans jamais imposer de tout lire.
- Uncanny X-Men, run Chris Claremont (à partir de #171). C'est le socle. Claremont intègre Malicia à l'équipe au fil des grandes fresques de la décennie : la saga du Fléau (Brood), l'épisode japonais autour du mariage manqué de Wolverine, puis l'ère australienne (Outback). Tout au long, il fait mûrir le duel intérieur avec Carol Danvers. Lecture prioritaire.
- La bascule de la « Siege Perilous » et la résolution dans la Terre Sauvage. Toujours chez Claremont, à la charnière des années 1980-1990, l'équipe passe par le portail mystique de la Siege Perilous ; le corps de Malicia et la personnalité de Carol Danvers se scindent, avant une confrontation décisive où Magnéto joue un rôle inattendu. C'est l'aboutissement du plus vieux fil narratif du personnage.
- X-Men vol. 2, Chris Claremont et Jim Lee (1991). La relance la plus vendue de l'histoire du médium. Malicia y adopte la combinaison verte iconique dessinée par Jim Lee — celle que popularisera le dessin animé — et s'installe au centre du triangle amoureux avec Gambit et Magnéto. Point de départ visuel de la Malicia « grand public ».
- L'ère Scott Lobdell (années 1990). Après le départ de Claremont, Lobdell entretient le couple naissant avec Gambit et maintient Malicia comme pilier des titres X-Men à travers les grands événements de la décennie. Utile pour saisir la continuité, sans être aussi essentiel que le socle claremontien.
Ce quatuor forme l'ossature « historique » du personnage. Un lecteur pressé peut se concentrer sur les points 1 à 3 ; le point 4 s'adresse à ceux qui veulent suivre la mécanique du couple Malicia-Gambit à sa source.
Les grandes sagas et crossovers à connaître
Ayant grandi dans les titres d'équipe, Malicia traverse la plupart des crossovers mutants majeurs. Inutile de tout lire, mais ces sagas structurent sa légende et reviennent constamment en référence.
- Le Massacre des Mutants (Mutant Massacre, 1986). Ce crossover fondateur, orchestré par Claremont et ses collègues, plonge les X-Men dans un bain de sang contre les Maraudeurs et durcit l'équipe dont Malicia fait désormais partie intégrante.
- La Chute des Mutants (Fall of the Mutants, 1988) et l'ère Outback. L'équipe est déclarée morte aux yeux du monde et s'exile dans l'Outback australien. Malicia y vit certains de ses moments les plus intenses, entre invisibilité forcée et lutte contre la psyché de Carol Danvers.
- Inferno (1988-1989). Signé Claremont, Marc Silvestri et Walter Simonson, ce grand événement démoniaque exploite à plein le rapport de Malicia au contact et à la possession. Arc capital pour comprendre sa fragilité psychique.
- Age of Apocalypse (1995). Dans cet univers alternatif culte où Apocalypse règne, Malicia devient l'épouse de Magnéto et une combattante de premier plan, notamment dans la mini-série Astonishing X-Men par Scott Lobdell et Joe Madureira. L'une des variations « et si ? » les plus appréciées la concernant.
- AXIS (2014). Cet événement inversant l'alignement moral des héros et des vilains offre à Malicia des scènes fortes, dans le prolongement direct du run Uncanny Avengers de Rick Remender.
On peut aborder ces sagas après avoir posé les bases, comme des enrichissements plutôt que des passages obligés. Les recueils dédiés à chaque crossover facilitent grandement la lecture, car ces récits s'éparpillent entre plusieurs titres.
L'ère moderne : Carey, Remender, puis le couple relancé
Quatre temps forts définissent la Malicia contemporaine, et ce sont probablement les lectures les plus gratifiantes pour un public d'aujourd'hui.
Le run Mike Carey sur X-Men Legacy (2008-2012). C'est ici que Malicia devient enfin la véritable protagoniste d'un titre. Carey mène de front la quête de contrôle de ses pouvoirs et un voyage introspectif dans les mémoires du professeur Xavier. Après des décennies passées à ne pouvoir toucher personne, le personnage franchit une étape décisive vers la maîtrise de son absorption. Pour qui a lu les origines, ce run est la suite logique et la plus émouvante.
Le run Rick Remender sur Uncanny Avengers (2012-2014). Événement charnière : Malicia rejoint l'Avengers Unity Squad, une équipe mixte mutants-Vengeurs née après Avengers vs X-Men. Remender lui offre certains de ses arcs les plus âpres — la saga des Jumeaux d'Apocalypse, puis AXIS — et une relation orageuse avec la Sorcière Rouge. C'est la période où Malicia s'affirme comme une héroïne de premier plan au-delà des seuls titres mutants.
Le run Gerry Duggan sur Uncanny Avengers (à partir de 2015). Duggan prolonge l'aventure en confiant à Malicia le commandement de la Unity Squad. Pour la première fois, elle dirige une équipe : un jalon décisif de sa trajectoire, à lire dans la continuité du run Remender.
Le diptyque Kelly Thompson (2018-2019). C'est la consécration romanesque du personnage. La mini-série Rogue & Gambit (dessins de Pere Pérez) revisite la relation sous l'angle d'une thérapie de couple menée sous couverture, mêlant humour et introspection. Elle enchaîne avec Mr. and Mrs. X (dessins d'Oscar Bazaldua), qui suit la lune de miel du couple après le mariage célébré dans les pages de X-Men: Gold. Écriture pétillante, autonomie totale : la meilleure porte d'entrée moderne.
Depuis, Malicia reste au premier plan des grandes fresques mutantes contemporaines, notamment comme membre de l'équipe-vedette X-Men écrite par Gerry Duggan durant l'ère insulaire de Krakoa. Ces apparitions se picorent selon vos affinités, une fois le lien noué avec le personnage.
Les pépites à garder pour plus tard
Le parcours principal accompli, plusieurs lectures secondaires récompensent le lecteur curieux sans être indispensables au débutant.
- Rogue, mini-série de 1995 (Howard Mackie et Mike Wieringo). Le premier récit solo du personnage, qui l'envoie en Louisiane sur les traces de Bella Donna Boudreaux et amorce la mythologie familiale liée à Gambit. Court et charmant.
- Rogue, série régulière de 2004 (Robert Rodi et Cliff Richards). Un solo plus étoffé, tourné vers l'intime et les racines du personnage. Plus confidentiel, à réserver aux lecteurs déjà conquis.
- Astonishing X-Men, version Age of Apocalypse (Lobdell / Madureira). Déjà évoquée : à savourer une fois qu'on connaît la Malicia canonique, pour goûter pleinement la variation où elle est l'épouse de Magnéto.
- X-Treme X-Men (2001) de Chris Claremont et Salvador Larroca. Claremont y reprend son personnage hors du cadre habituel, aux côtés de Tornade et Bishop, dans une période où Malicia perd les pouvoirs hérités de Ms. Marvel. Intéressant pour voir le créateur revisiter sa propre créature.
- Le mariage dans X-Men: Gold. La cérémonie qui unit officiellement Anna Marie et Remy LeBeau constitue un jalon émotionnel à lire juste avant Mr. and Mrs. X.
Ces pépites transforment une simple découverte en véritable connaissance du personnage. Rien ne presse : elles restent là quand l'envie d'approfondir se présente.
Où et comment lire : éditions, recueils et parcours conseillé
Bonne nouvelle : l'essentiel de Malicia est disponible en formats regroupés, bien plus confortables que la chasse au numéro isolé.
- Les intégrales et omnibus X-Men. Pour la période Claremont — des origines jusqu'à l'ère australienne et la relance de 1991 avec Jim Lee — les compilations de grand format rassemblent les épisodes dans l'ordre chronologique, souvent avec du matériel additionnel. C'est la meilleure manière de vivre le socle du personnage sans se perdre.
- Les recueils souples thématiques. Les runs modernes (X-Men Legacy de Carey, Uncanny Avengers de Remender et Duggan, le diptyque de Kelly Thompson) existent en volumes qui rassemblent un arc complet. Format idéal pour débuter : on lit une histoire d'un bloc.
- Les recueils de crossover. Massacre des Mutants, Inferno et Age of Apocalypse disposent de volumes dédiés réunissant tous les titres concernés dans le bon ordre — indispensable pour ces sagas éclatées entre plusieurs séries.
Côté méthode, voici un parcours simple et éprouvé :
- Poser les fondations : le run Claremont sur Uncanny X-Men à partir de #171, jusqu'à l'ère Outback.
- Résoudre le conflit intérieur : l'arc de la Siege Perilous et la confrontation de la Terre Sauvage, qui clôt la saga Carol Danvers.
- Basculer dans l'ère moderne visuelle : X-Men vol. 2 de Claremont et Jim Lee.
- Vivre le portrait adulte : le run Mike Carey sur X-Men Legacy et la maîtrise du pouvoir.
- La voir en meneuse : Uncanny Avengers, de Remender à Duggan.
- Savourer la romance : le mariage dans X-Men: Gold, puis Rogue & Gambit et Mr. and Mrs. X de Kelly Thompson.
- Explorer les à-côtés : les solos de 1995 et 2004, Age of Apocalypse, X-Treme X-Men.
Ce plan mène du contexte au plaisir pur, en respectant à la fois la chronologie éditoriale et la logique émotionnelle du personnage. Un lecteur pressé peut condenser : origines Claremont, puis directement le diptyque Kelly Thompson. Un lecteur méthodique déroulera les sept étapes. Dans les deux cas, vous tenez un parcours cohérent, sans invention ni détour inutile, pour faire d'Anna Marie bien plus qu'une silhouette à la mèche blanche et aux longs gants.
Questions fréquentes
Le meilleur point de départ est le run de Chris Claremont sur Uncanny X-Men, à partir d'Uncanny X-Men #171, le numéro où Malicia rejoint les X-Men. C'est là que naît l'héroïne et que s'installe son conflit intérieur avec la psyché de Carol Danvers. Pour une entrée moderne et autonome, on peut aussi débuter par X-Men Legacy de Mike Carey ou par Rogue & Gambit de Kelly Thompson.
Créée par Chris Claremont et Michael Golden dans Avengers Annual #10 (1981), elle apparaît en membre de la Confrérie des Mauvais Mutants de Mystique et absorbe de façon permanente les pouvoirs de Ms. Marvel. Élevée par Mystique et Destinée, elle bascule ensuite du côté des X-Men dans Uncanny X-Men #171, amorçant l'un des plus longs arcs de rédemption de l'éditeur.
Le run de Mike Carey sur X-Men Legacy (2008-2012) est généralement considéré comme le portrait adulte le plus abouti du personnage : il place Malicia en protagoniste et traite frontalement la maîtrise de son pouvoir d'absorption. Pour un ton plus léger, le diptyque de Kelly Thompson — Rogue & Gambit puis Mr. and Mrs. X — est la lecture la plus accessible.
Ce n'est pas obligatoire pour débuter, mais quelques sagas sont structurantes. Le Massacre des Mutants, la Chute des Mutants avec l'ère Outback, et Inferno approfondissent son intégration et sa fragilité psychique. Age of Apocalypse offre une version alternative marquante où elle épouse Magnéto. On peut les aborder après avoir posé les bases du run Claremont.
Elle démarre dans la relance X-Men vol. 2 de Claremont et Jim Lee (1991) et traverse tout le run des années 1990. Pour la version moderne la plus aboutie, lisez le mariage célébré dans X-Men: Gold, puis le diptyque de Kelly Thompson : Rogue & Gambit et Mr. and Mrs. X, qui suit leur lune de miel. C'est aussi une excellente porte d'entrée pour les nouveaux lecteurs.