Le meilleur point d'entrée pour découvrir Power Girl est le récit « Power Trip » (JSA: Classified #1-4, 2005), écrit par Geoff Johns et dessiné par Amanda Conner, immédiatement suivi de la série solo Power Girl lancée en 2009. Ce diptyque remet à plat son identité, tranche des années de flou éditorial et lance le duo créatif qui a définitivement fixé le personnage moderne. En quelques chapitres, on comprend qui elle est, d'où elle vient et pourquoi elle compte.
Power Girl, alias Kara Zor-L (ou Karen Starr dans le civil), est l'un des personnages les plus attachants et les plus malmenés de l'écurie DC. Cousine de Superman venue de la Terre-Deux, elle est apparue au milieu des années 1970, a survécu à plusieurs refontes cosmiques de l'univers DC, et a fini par obtenir la reconnaissance et la série solo qu'elle méritait. Son parcours éditorial épouse presque parfaitement l'histoire des grandes crises multiverselles de DC, ce qui en fait un fil rouge passionnant pour comprendre l'éditeur dans son ensemble.
Pour un nouveau lecteur, cette longévité peut être intimidante : entre les origines successives, les changements de continuité et les équipes qui se relaient, difficile de savoir par quel bout attraper le personnage. La bonne nouvelle, c'est que Power Girl possède un point d'entrée idéal et un « âge d'or » solo très identifiable. Ce guide propose un parcours raisonné, du meilleur point de départ jusqu'aux pépites à réserver pour plus tard, en s'appuyant uniquement sur des runs, des créateurs et des sagas réels et notoires.
Nous suivrons une logique double : d'abord un ordre de découverte pensé pour le plaisir de lecture, puis des repères chronologiques pour les collectionneurs qui veulent remonter aux sources. L'objectif est simple : que vous sachiez, à la fin, exactement quoi lire en premier, quoi lire ensuite, et ce que vous pouvez garder pour approfondir.
Le meilleur point d'entrée : « Power Trip » et la série solo de 2009
Si vous ne deviez lire qu'une seule chose pour rencontrer Power Girl, ce serait « Power Trip », l'arc en quatre parties publié dans JSA: Classified #1-4 (2005). Écrit par Geoff Johns et magnifiquement mis en images par Amanda Conner, ce récit prend enfin au sérieux la question qui avait empoisonné le personnage pendant deux décennies : Power Girl est-elle vraiment la cousine kryptonienne de Superman, ou une créature magique, ou autre chose encore ? Le Psycho-Pirate manipule ses souvenirs pour la faire douter, et l'histoire s'en sert pour réaffirmer, avec force et émotion, son ascendance de la Terre-Deux.
Une fois ce socle posé, enchaînez avec la série solo Power Girl lancée en 2009. Les douze premiers numéros, écrits par Jimmy Palmiotti et Justin Gray et dessinés par Amanda Conner, constituent la porte d'entrée moderne par excellence. On y découvre son identité civile de Karen Starr, patronne de la société de technologie Starrware, sa complicité avec son amie Terra, et une galerie d'adversaires savoureux dont l'Ultra-Humanite et l'extraterrestre dragueur Vartox. Le ton mêle super-héroïsme classique, humour et scènes du quotidien : c'est léger, généreux et parfaitement lisible sans connaissances préalables.
Les origines : de All Star Comics à Showcase
Power Girl fait ses débuts dans All Star Comics #58 (1976), sous la plume de Gerry Conway et les crayons de Ric Estrada et Wally Wood, lors de la grande relance de la Société de Justice d'Amérique (JSA). Elle y est présentée comme la version adulte, plus affirmée et plus combative, de la Supergirl de la Terre-Deux : même origine kryptonienne, mais un caractère volontaire qui refuse de vivre dans l'ombre de son cousin. D'emblée, elle tranche avec les héroïnes plus effacées de l'époque.
Pour approfondir ses débuts, les lecteurs curieux se tourneront vers Showcase #97-99 (1978), un récit solo en trois parties écrit par Paul Levitz et dessiné par Joe Staton. Ces numéros creusent son histoire personnelle, sa jeunesse et son arrivée sur Terre, et posent les fondations de sa mythologie. C'est une lecture d'archive précieuse pour comprendre la Power Girl « originelle », avant que les grandes crises ne viennent tout compliquer.
- All Star Comics #58 (1976) : première apparition, au sein de la JSA relancée.
- Showcase #97-99 (1978) : premier grand focus solo sur ses origines.
- Infinity, Inc. (à partir de 1984) : la suite naturelle, où elle rejoint la nouvelle génération de héros de la Terre-Deux.
Les runs incontournables, dans l'ordre
Après ses origines, plusieurs runs d'équipe l'ont installée comme une figure centrale de l'univers DC. Le premier jalon est Infinity, Inc., lancé en 1984 par Roy Thomas (avec notamment Jerry Ordway au dessin), série qui réunit les héritiers de la JSA et donne à Power Girl un rôle de premier plan aux côtés d'une équipe de jeunes surhumains.
Vient ensuite la grande période Justice League : à la fin des années 1980 et au début des années 1990, Power Girl intègre la branche européenne de la Ligue dans l'ère Justice League International / Justice League Europe, marquée par le ton mi-héroïque mi-comique de Keith Giffen et J.M. DeMatteis. C'est là que son caractère bien trempé fait des étincelles au sein d'un groupe haut en couleur.
Le sommet, toutefois, reste la série JSA lancée en 1999 par Geoff Johns, David S. Goyer et James Robinson. Power Girl y est un membre fondamental de la nouvelle Société de Justice, et le mystère de ses origines devient l'un des fils narratifs les plus tenaces du run. Cette période culmine plus tard dans la relance Justice Society of America (2007), toujours pilotée par Geoff Johns, où elle accède à un rôle de meneuse de l'équipe. Lue dans l'ordre — Infinity, Inc., puis l'ère Justice League, puis JSA — cette trajectoire montre une héroïne qui gagne progressivement en assurance et en stature.
Les grandes sagas et crossovers à connaître
Le destin éditorial de Power Girl est indissociable des grandes crises de DC. Crisis on Infinite Earths (1985), de Marv Wolfman et George Pérez, fusionne le multivers et supprime la Terre-Deux : privée de son point d'ancrage, Power Girl se retrouve avec une origine soudain intenable, ce qui déclenche des années de retcons contradictoires (on lui invente notamment une ascendance atlante liée au sorcier Arion). Comprendre cette saga, c'est comprendre pourquoi le personnage a autant flotté.
Le crossover Zero Hour (1994) ajoute une nouvelle couche à ce brouillard de continuité, avant que Infinite Crisis (2005-2006), de Geoff Johns et Phil Jimenez, ne lui offre enfin une place capitale. Dans cette saga, Power Girl est au cœur de l'intrigue : elle retrouve le Superman de la Terre-Deux, Kal-L, et son statut de survivante d'un univers disparu prend un poids émotionnel considérable. C'est le moment où « Power Trip » et Infinite Crisis se répondent pour refermer, ensemble, la question de son identité.
- Crisis on Infinite Earths : le point de rupture qui brouille ses origines.
- Zero Hour : nouvelle secousse de continuité.
- Infinite Crisis : la saga qui la remet au centre et scelle sa véritable nature.
L'ère moderne : Worlds' Finest, Earth 2 et le renouveau
Avec la refonte éditoriale du début des années 2010, Power Girl connaît une nouvelle jeunesse. Dans la série Earth 2 (2012), écrite par James Robinson, la Kara Zor-L de cette Terre parallèle se retrouve échouée sur la Terre principale. Ce fil se prolonge dans Worlds' Finest (2012-2015), scénarisé par Paul Levitz et dessiné notamment par George Pérez, Kevin Maguire et Jae Lee, où elle forme un duo mémorable avec la Huntress (Helena Wayne). Deux exilées d'un monde perdu qui cherchent à rentrer chez elles : le pitch est simple et efficace, et le partenariat entre les deux héroïnes fait tout le sel de la série.
Plus récemment, Power Girl a bénéficié d'un véritable renouveau avec une nouvelle série solo lancée en 2023, écrite par Leah Williams et dessinée par Marguerite Sauvage. Ce run réinvente le personnage en lui ajoutant des capacités psychiques et en explorant sa vie intérieure, son besoin d'ancrage et ses liens avec la famille super-héroïque. C'est une porte d'entrée moderne, au graphisme lumineux, pour les lecteurs qui préfèrent commencer par une publication contemporaine plutôt que par les archives.
Les pépites à garder pour plus tard
Une fois les grands runs digérés, plusieurs récits secondaires méritent le détour. Le plus réjouissant est sans doute le team-up avec Harley Quinn : après un premier croisement dans la série Harley Quinn de Jimmy Palmiotti et Amanda Conner, le duo revient dans la mini-série Harley Quinn and Power Girl (2015), coécrite par Palmiotti, Conner et Justin Gray. Une Power Girl amnésique, persuadée par Harley d'être sa coéquipière, embarque dans une aventure spatiale complètement déjantée : c'est drôle, irrévérencieux et parfait pour souffler entre deux sagas plus sérieuses.
Deux autres curiosités valent la peine d'être connues, davantage pour la culture que pour la qualité constante. La première est la fameuse période post-Crisis où on lui prête une origine atlante et une grossesse magique aux ramifications improbables : un cas d'école des dérives de continuité des années 1990, à lire avec un œil d'historien amusé. La seconde touche à son costume iconique — la combinaison blanche à l'ouverture sur le buste — dont la conception est souvent associée à Wally Wood et fait partie du folklore du personnage. Ces éléments ne sont pas des points d'entrée, mais ils enrichissent la compréhension de ce que Power Girl représente dans l'histoire du médium.
Où et comment lire : éditions, recueils et parcours conseillé
Pour lire Power Girl dans de bonnes conditions, privilégiez les recueils thématiques qui rassemblent un run complet plutôt que des numéros isolés. Les arcs cités ici — « Power Trip », la série solo de 2009, Worlds' Finest, le run de 2023 — existent en volumes reliés qui offrent une lecture continue et confortable. Pour les périodes plus anciennes (All Star Comics, Showcase, Infinity, Inc.), tournez-vous vers les intégrales et omnibus qui compilent les récits classiques : c'est la façon la plus pratique d'accéder aux origines sans chasser des fascicules épuisés.
Voici un ordre de lecture recommandé pour débuter, du plus accessible au plus complet :
- « Power Trip » (JSA: Classified #1-4) : la meilleure porte d'entrée, autonome.
- Power Girl (série de 2009), les premiers volumes par Palmiotti, Gray et Conner : l'âge d'or solo.
- Infinite Crisis : pour saisir son rôle central dans l'univers DC.
- JSA (à partir de 1999) par Johns, Goyer et Robinson : son grand run d'équipe.
- Worlds' Finest (2012) et la série de 2023 par Williams et Sauvage : pour explorer l'ère moderne.
- All Star Comics #58 et Showcase #97-99 : à réserver pour remonter aux sources.
Un dernier conseil de parcours : ne cherchez pas à réconcilier toutes les continuités. Power Girl a traversé plusieurs univers et plusieurs versions d'elle-même ; c'est précisément ce qui fait sa richesse. Commencez par le plaisir de lecture, laissez les origines successives se déplier au fil de vos découvertes, et vous obtiendrez le portrait complet d'une héroïne aussi têtue qu'attachante.
Questions fréquentes
Le meilleur point de départ est « Power Trip », l'arc de JSA: Classified #1-4 (2005) par Geoff Johns et Amanda Conner. Il est autonome, remet à plat l'identité du personnage et se prolonge idéalement avec la série solo lancée en 2009 par Jimmy Palmiotti, Justin Gray et Amanda Conner.
Power Girl est Kara Zor-L, la cousine kryptonienne du Superman de la Terre-Deux, un univers parallèle de DC. Dans le civil, elle se fait appeler Karen Starr. Après la saga Crisis on Infinite Earths, son origine a été brouillée pendant des années avant d'être réaffirmée dans « Power Trip » puis Infinite Crisis.
Oui. La série Power Girl lancée en 2009 est sa référence solo, en particulier ses douze premiers numéros par Palmiotti, Gray et Conner. Plus récemment, la série de 2023 par Leah Williams et Marguerite Sauvage propose un renouveau moderne avec des capacités psychiques et un graphisme lumineux.
Parce que Power Girl venait de la Terre-Deux, supprimée par Crisis on Infinite Earths (1985). Privée de son univers d'origine, elle a hérité de plusieurs explications contradictoires, dont une ascendance atlante. Infinite Crisis (2005-2006) a finalement rétabli sa nature kryptonienne et son statut de survivante d'un monde disparu.
La mini-série Harley Quinn and Power Girl (2015) par Palmiotti, Conner et Gray est un incontournable pour l'humour et la complicité entre les deux héroïnes. Côté équipe, les runs Infinity, Inc. de Roy Thomas et Worlds' Finest de Paul Levitz, où elle fait équipe avec la Huntress, complètent parfaitement le tableau.