Avengers: Doomsday sort le vendredi 18 décembre 2026 aux États-Unis, deux jours après le Royaume-Uni, et Avengers: Secret Wars le 17 décembre 2027, soit exactement 364 jours plus tard. Au 1er octobre 2026, il reste donc onze semaines. Ce calendrier est public depuis mai 2025 et il est lu par tout le monde, vendeurs compris. C'est le point central de cet article : autour d'une adaptation, les mouvements de prix ne sont pas aléatoires, ils suivent des phases que l'on peut dater. La secousse la plus forte a lieu à l'annonce, et celle de Doomsday date du 28 juillet 2024 : elle est passée. La période la plus défavorable à l'acheteur est la semaine de sortie, où l'offre, l'attention et l'urgence atteignent leur maximum au même moment. La fenêtre utile se situe après, et le film de 2027 la raccourcit.
Il y a une phrase que l'on entend à chaque grosse sortie de cinéma, et qui se vérifie à chaque fois : « j'ai acheté juste avant le film ». Elle est presque toujours prononcée avec une pointe de regret, parce que « juste avant le film » est, statistiquement, le moment où l'acheteur est le plus pressé et le vendeur le mieux informé. Ce n'est pas une question de chance ni de flair. C'est une question de calendrier, et le calendrier est écrit.
Cet article ne parle donc pas des comics eux-mêmes. Il ne dresse aucune liste de numéros clés, ne compare aucune première apparition, ne discute pas de l'intrigue du film. Il traite une seule chose : le temps. Quelles dates structurent les onze semaines qui restent, à quelles dates se sont produites les secousses précédentes, ce que des adaptations récentes et documentées permettent d'en déduire, et quel geste correspond à quelle semaine.
La thèse est simple et elle est désagréable : la majorité des collectionneurs achètent au pire moment du cycle, non par ignorance du marché mais par synchronisation avec la campagne de promotion. Autrement dit, ils achètent exactement quand le studio a dépensé des centaines de millions pour qu'ils y pensent. Décaler son geste de quelques semaines ne demande aucune compétence particulière : il suffit d'avoir le calendrier sous les yeux, et de savoir ce que chaque phase fait à l'offre.
Les dates qui structurent le cycle de Doomsday
Voici la chronologie publique du film, dans l'ordre. Elle sert de colonne vertébrale à tout le reste de cet article, et chaque date est une date d'annonce officielle ou de diffusion, pas une estimation.
- Octobre 2014 : Marvel Studios annonce une suite en deux parties, Avengers : Infinity War : Part 1 et Part 2. C'est le précédent structurel du duo 2026-2027, nous y revenons plus bas.
- 28 juillet 2024 : au Comic-Con de San Diego, le film change de titre pour Avengers: Doomsday, Robert Downey Jr. est annoncé dans le rôle de Fatalis, et les frères Russo sont confirmés à la réalisation. C'est la secousse d'annonce.
- 26 mars 2025 : le casting est dévoilé lors d'un direct de près de cinq heures et demie, qui devient l'opération de ce type la plus regardée toutes plateformes confondues.
- 28 avril au 19 septembre 2025 : tournage principal, essentiellement aux studios de Pinewood en Angleterre.
- Mai 2025 : la sortie est repoussée du 1er mai 2026 au 18 décembre 2026, pour laisser du temps à la production. C'est le deuxième report du projet : en juin 2023, la date initiale du 2 mai 2025 avait déjà été repoussée au 1er mai 2026, en partie à cause de la grève des scénaristes de 2023.
- Décembre 2025 : quatre courtes bandes-annonces passent en salle avant les séances d'un autre grand film de fin d'année. Elles fuitent dès leurs premières projections, ce que le studio avait anticipé, puis sont publiées en ligne.
- Avril 2026 : la première bande-annonce complète est présentée à un salon professionnel de l'exploitation cinématographique.
- Juillet 2026 : cette bande-annonce est mise en ligne, avec un accueil mitigé. La billetterie ouvre le même mois et les préventes en formats premium atteignent 16,5 millions de dollars en vingt-quatre heures.
- Août 2026 : un segment promotionnel centré sur Fatalis, montré au Comic-Con puis à la convention de l'éditeur, reçoit un accueil nettement meilleur que la bande-annonce de juillet. Les préventes atteignent 35 millions de dollars à la fin du mois.
- 27 août 2026 : lancement d'un podcast officiel de compte à rebours, cinq épisodes hebdomadaires qui repassent en revue les films précédents de la saga.
- Début septembre 2026 : 50 millions de dollars de préventes à cent jours de la sortie, une première pour un film à ce stade. Le mois est aussi celui d'une ressortie en salle du précédent grand rassemblement de la saga.
- 16 décembre 2026 : sortie au Royaume-Uni. 18 décembre 2026 : sortie aux États-Unis, dans plus de 4 000 salles.
- 17 décembre 2027 : sortie d'Avengers: Secret Wars, qui conclut la phase et la saga en cours.
Lisez cette liste une seconde fois en vous demandant, à chaque ligne, qui disposait de l'information. La réponse est toujours la même : tout le monde, en même temps, gratuitement. Aucune de ces dates n'est un renseignement privilégié. Elles sont pourtant la seule chose dont un acheteur ait réellement besoin pour éviter les deux ou trois semaines les plus défavorables de l'année.
Phase 1, l'annonce : la secousse la plus violente, et elle est derrière nous
L'annonce d'un film produit le choc d'information le plus brutal du cycle, pour une raison mécanique : c'est le seul moment où la nouvelle est totalement neuve et où l'offre disponible n'a pas encore bougé d'un pouce. Les exemplaires en circulation le jour de l'annonce sont ceux qui circulaient la veille, détenus par des gens qui, pour la plupart, n'ont pas encore vu la nouvelle. La demande fait un bond, l'offre met des jours ou des semaines à réagir. C'est l'écart le plus large du cycle entre les deux.
Trois adaptations récentes et bien documentées montrent à quel point cette phase est précoce. Shang-Chi est entré en écriture en décembre 2018, a reçu son réalisateur en mars 2019, et son titre comme son casting principal ont été annoncés en juillet 2019 : le film est sorti le 3 septembre 2021, soit plus de vingt-cinq mois après cette annonce. Eternals a été confirmé en développement en avril 2018, officiellement annoncé avec son casting au Comic-Con de juillet 2019, et diffusé le 5 novembre 2021, plus de vingt-sept mois plus tard. La série Moon Knight, annoncée à la convention de l'éditeur en août 2019, est arrivée le 30 mars 2022 : trente et un mois.
Dans les trois cas, la nouvelle est arrivée plus de deux ans avant l'objet. Et dans les trois cas, les numéros concernés étaient identifiables dès le jour de l'annonce, sans la moindre enquête : Eternals #1 de 1976 pour le film de 2021, et Werewolf by Night #32 de 1975, qui porte la première apparition de Moon Knight, pour la série de 2022. Il n'y avait aucun arbitrage subtil à faire. Juste à agir vite, ou pas.
Pour Doomsday, cette phase est datée du 28 juillet 2024, soit vingt-huit mois et demi avant la sortie. Ce qui devait se passer à ce moment-là s'est passé il y a plus de deux ans. Quiconque vous propose aujourd'hui de « profiter de l'annonce » décrit un train parti en 2024. La bonne nouvelle, c'est que les phases suivantes ne fonctionnent pas du tout de la même manière, et qu'elles sont, elles, encore devant nous.
Phase 2, casting et bandes-annonces : des secousses étroites, pas une tendance
Après l'annonce, le cycle ne monte pas en pente douce. Il avance par à-coups, chacun calé sur une date de communication, et chaque à-coup est beaucoup plus étroit qu'on ne le croit : il ne concerne que ce qui a été montré.
Le cas d'Endgame est le plus net. La première bande-annonce, le 7 décembre 2018, a révélé d'un seul coup le titre définitif du film et sa date de sortie américaine. La seconde est arrivée le 14 mars 2019, six semaines avant la sortie du 26 avril. Le budget de promotion a dépassé 200 millions de dollars, le plus élevé de tous les films du studio à cette date. Deux dates, deux chocs d'attention, et un volume de dépense qui explique l'intensité de l'ensemble. Deadpool & Wolverine a suivi un schéma comparable avec une première bande-annonce diffusée pendant le Super Bowl de février 2024, pour une sortie le 26 juillet. Thunderbolts* a dévoilé la sienne au Comic-Con du 27 juillet 2024, pour une sortie le 2 mai 2025.
Ce qui compte, pour un collectionneur, n'est pas qu'une bande-annonce existe : c'est ce qu'elle montre et ce qu'elle ne montre pas. Une bande-annonce est un tri. Les personnages qui apparaissent entrent dans la conversation du jour ; ceux qui restent hors champ n'y entrent pas, même s'ils sont au générique. C'est le mécanisme qui explique pourquoi deux numéros également importants sur le papier ne bougent pas de la même façon à la même date.
La séquence de Doomsday illustre exactement ce point. La bande-annonce complète mise en ligne en juillet 2026 a été reçue de manière mitigée. Le segment d'août 2026, centré sur Fatalis, a été nettement mieux accueilli. Deux pièces de la même campagne, à cinq semaines d'écart, avec des effets d'attention très différents, l'une diffuse et l'autre concentrée sur un personnage précis. Pour qui suivait le marché cet été-là, ce n'est pas la même chose du tout, et cela se lit dans les annonces.
Un détail du dispositif mérite d'être relevé, parce qu'il est inhabituel : un compte à rebours vers la date de sortie figure dans les bandes-annonces du film. Le studio ne se contente pas de créer de l'envie, il affiche une échéance. Un compte à rebours est un outil de conversion : il transforme un désir sans date en achat daté. Il fonctionne sur les billets de cinéma, et il fonctionne tout aussi bien sur les comics.
Phase 3, les onze semaines qui viennent : l'offre monte avant la demande
Nous y sommes. Et c'est la phase la moins bien comprise des cinq, parce qu'elle contredit l'intuition. À l'approche d'une sortie, on imagine un marché qui se tend, où les exemplaires se raréfient. C'est généralement l'inverse qui se produit d'abord : c'est l'offre qui augmente.
La raison en est triviale. Les vendeurs lisent le même calendrier que vous. Ils savent que l'attention sera maximale en décembre, ils ont lu les mêmes chiffres de préventes, et ils mettent en vente à ce moment-là ce qu'ils gardaient depuis des mois ou des années. Un détenteur qui hésitait depuis 2024 se décide en novembre 2026, parce qu'il estime que le sommet est proche. Des dizaines de milliers de détenteurs font ce calcul en même temps.
Les marqueurs d'attention de cette campagne sont d'ailleurs publics et chiffrés, ce qui est rare : 16,5 millions de dollars de préventes en formats premium dans les premières vingt-quatre heures de juillet 2026, 35 millions à la fin août, 50 millions début septembre à cent jours de la sortie. Aucun film n'avait atteint ce niveau à ce stade. Un vendeur rationnel qui lit ces chiffres n'attend pas : il met en vente.
Conséquence pratique, et c'est le cœur de la méthode : pendant ces onze semaines, surveillez le nombre d'annonces, pas les prix affichés. Le nombre d'annonces est une donnée robuste, immédiatement observable, que personne ne peut maquiller. Les prix demandés, eux, ne disent rien : ils sont fixés par des vendeurs qui anticipent décembre, pas par des transactions. Trois signaux valent la peine d'être notés chaque semaine, sur un carnet ou dans votre suivi de collection : combien d'exemplaires d'un même numéro sont proposés, quel est l'écart entre l'annonce la moins chère et la plus chère, et depuis combien de temps les mêmes annonces sont en ligne. Un écart qui s'élargit et des annonces qui stagnent signifient une chose : l'offre a devancé la demande.
Il y a un deuxième effet d'offre, moins visible et plus décisif : l'offre éditoriale. Un éditeur qui voit arriver une grosse adaptation republie. Marvel avait par exemple publié en janvier 2018, trois mois avant Infinity War, une mini-série de liaison destinée à faire le pont avec le film précédent. Dans le cas de Moon Knight en 2022, le dispositif est allé beaucoup plus loin : des codes à scanner insérés dans les épisodes donnaient accès gratuitement à des comics du personnage, dont Werewolf by Night #32 et #33, c'est-à-dire précisément le numéro que les nouveaux venus auraient cherché à acheter. Le studio a satisfait la curiosité de lecture sans qu'un seul exemplaire physique change de main. C'est un rappel brutal : une adaptation crée beaucoup de curieux, et un éditeur sait très bien les servir autrement qu'en les envoyant sur le marché de l'occasion. Notre dossier sur la réimpression d'urgence détaille ce que ce réflexe éditorial fait à la rareté réelle d'un fascicule.
Phase 4, la semaine du 18 décembre : le pire moment, et pourquoi
La semaine de sortie concentre tout ce qui joue contre un acheteur. Trois mécanismes se superposent, et ils sont indépendants les uns des autres, ce qui explique qu'on les sous-estime : chacun semble supportable seul.
Premier mécanisme : l'échéance est la vôtre, pas celle du vendeur. Vous voulez posséder le comic avant ou juste après avoir vu le film. Le vendeur, lui, n'a aucune date. Dans toute négociation, celui qui a une échéance paie l'échéance. C'est vrai sur un marché de collection comme ailleurs, et c'est d'autant plus vrai que l'échéance en question est affichée par un compte à rebours dans chaque bande-annonce.
Deuxième mécanisme : les prix demandés s'alignent sur le plus haut comparable récent. Un vendeur qui publie une annonce la semaine de sortie regarde ce qui s'est demandé les jours précédents, pas ce qui s'est vendu. Comme tout le monde fait de même, les demandes montent par simple recopie, sans qu'aucune transaction ne vienne valider le niveau. Les prix demandés et les prix payés peuvent alors s'écarter durablement, et c'est exactement la semaine où cet écart est le plus large.
Troisième mécanisme : vous ne pouvez pas sortir. Supposons même que vous achetiez dans l'intention de revendre au sommet. Le délai de traitement d'une notation professionnelle se compte en semaines ou en mois, pas en jours. Un exemplaire acheté brut le 18 décembre ne sera pas noté et revendable avant un bon moment, c'est-à-dire après le sommet d'attention. Acheter la semaine de sortie, c'est acheter le billet le plus cher pour un train dont la porte de sortie est fermée.
À cela s'ajoute un aléa qui ne se résout, par construction, qu'après la sortie : la qualité perçue du film. Eternals a rapporté 402,1 millions de dollars dans le monde et est pourtant devenu le premier film de la saga à ne pas recevoir un accueil critique globalement positif. The Fantastic Four: First Steps, sorti le 25 juillet 2025, a reçu un accueil globalement positif pour 521,9 millions de dollars. Dans les deux cas, l'information est arrivée après que les acheteurs les plus pressés avaient payé. C'est la définition d'un mauvais calendrier : prendre une décision irréversible juste avant que l'information décisive ne soit disponible.
Signalons enfin une particularité de décembre 2026 qui joue sur l'intensité de la semaine : un autre très gros film sort le même 18 décembre et dispose d'une exclusivité de trois semaines sur un format de projection grand spectacle aux États-Unis. Le studio a répondu en mettant en avant sa propre certification de salles premium. Cela n'a aucun effet sur la valeur d'un comic, mais cela garantit un volume de couverture médiatique considérable autour de cette date précise, donc une attention maximale et un maximum d'acheteurs synchronisés.
Phase 5, les mois d'après : retour au point de départ, ou palier plus haut ?
C'est la seule question qui intéresse vraiment un collectionneur à long terme, et la réponse honnête n'est ni « ça retombe toujours » ni « ça reste toujours plus haut ». La réponse dépend d'un critère unique et vérifiable après coup : l'adaptation a-t-elle ajouté une raison durable de vouloir ce numéro ?
Une adaptation peut agir de deux manières radicalement différentes. Dans le premier cas, elle sert de projecteur temporaire : le film passe, les curieux passent, et le numéro retourne à la place qu'il occupait, celle que lui donnent son ancienneté, sa rareté et son importance dans l'histoire de l'éditeur. Dans le second cas, elle installe quelque chose : un personnage qui entre durablement dans le catalogue, une version qui devient la référence visuelle, un public nouveau qui reste. Là, le numéro ne retourne pas à son niveau antérieur, parce que la population qui le recherche a changé de taille.
Le départage se fait sur des années, pas sur des semaines, et il ne se fait pas sur des prix mais sur des faits observables : le personnage revient-il à l'écran, l'éditeur lui donne-t-il une série régulière, la version du film est-elle celle que l'on voit sur les couvertures et les produits dérivés ? Moon Knight est l'exemple d'une installation réussie : la série de 2022 a reçu un accueil positif et le personnage a continué d'exister. Eternals, malgré un box-office à neuf chiffres, n'a pas produit le même ancrage. Dans les deux cas, le constat ne pouvait pas être fait la semaine de la sortie.
Pour un acheteur, la conséquence pratique est agréablement simple. La fenêtre d'achat la plus favorable d'un cycle d'adaptation se situe après la sortie, quand l'offre mise en vente pendant la phase d'anticipation n'a pas trouvé preneur et que l'attention est retombée. Ce sont les mêmes exemplaires, les mêmes vendeurs, et une urgence disparue. Notre article sur la période de retombées décrit, sur un précédent éditorial ancien, à quel point cette phase est longue et peu regardée.
Le film-pont : ce que décembre 2027 fait à décembre 2026
Ici, le cas de Doomsday cesse d'être un cas général. Ce film n'est pas un point final, c'est une première partie : Avengers: Secret Wars sort le 17 décembre 2027 et conclut la phase comme la saga en cours. L'écart entre les deux est de 364 jours.
Il existe un précédent presque exact, et il est documenté de bout en bout. Les deux films ont été annoncés ensemble en octobre 2014 comme Part 1 et Part 2. Le premier est sorti le vendredi 27 avril 2018, le second le vendredi 26 avril 2019 : 364 jours, exactement le même intervalle qu'entre décembre 2026 et décembre 2027. Et la période intermédiaire n'a pas ressemblé à une retombée ordinaire, parce que le premier film se terminait sur une situation non résolue. L'attention n'est pas redescendue, elle a été mise en attente, puis relancée dès le 7 décembre 2018 par la bande-annonce qui révélait le titre et la date du second film, c'est-à-dire sept mois et demi seulement après la sortie du premier.
Pour qui regarde le calendrier d'achat, ce schéma a trois conséquences concrètes.
Le creux post-sortie risque d'être moins profond et plus court que d'habitude. Une sortie suivie d'une conclusion un an plus tard ne laisse pas l'attention s'effondrer. Il faut donc s'attendre à une fenêtre favorable plus resserrée que dans un cycle classique, probablement du début février à l'été 2027, avant que la campagne du second film ne reprenne.
Le second film redémarre un cycle complet, avec ses propres phases. Si le schéma de 2018-2019 se répète, la première bande-annonce de Secret Wars tombera autour de l'été ou de l'automne 2027, et une deuxième environ six semaines avant la sortie. Chacune produira sa propre secousse étroite, limitée à ce qu'elle montre. Autrement dit, l'automne 2027 ressemblera à l'automne 2026 : une période de montée de l'offre et d'attention élevée, donc défavorable à l'achat.
Un film-pont ne confirme rien. Les comics identifiés aujourd'hui comme sources possibles du film ne seront réellement validés ou écartés qu'en décembre 2027. Un élément montré en 2026 sans être exploité peut n'avoir de sens qu'un an plus tard, et inversement. Acheter en décembre 2026 sur la foi de ce que le premier film laisse entendre, c'est parier sur un raisonnement dont la moitié des prémisses sortira dans douze mois. Notre dossier sur l'inspiration de Secret Wars et celui sur les sources comics annoncées du film traitent cette question des sources, que nous laissons volontairement de côté ici.
La marche à suivre, semaine par semaine
Voici le calendrier d'action correspondant aux onze semaines qui restent, puis à 2027. Il ne contient aucune prévision de prix, uniquement des gestes datés.
Du 1er au 18 octobre 2026 : faire l'inventaire avant d'acheter quoi que ce soit
Première règle du cycle : on ne sait pas ce qu'on veut acheter avant de savoir ce qu'on possède. Onze semaines avant une grosse sortie, l'erreur la plus fréquente et la plus facile à éviter consiste à racheter un numéro déjà en collection, ou une réédition d'un numéro dont on possède déjà une autre édition. Passez d'abord vos séries concernées au crible dans votre suivi, et notez non seulement le numéro mais l'édition et le tirage.
Avant le 1er novembre 2026 : écrire une liste courte et un prix de réserve
Trois numéros au maximum, avec pour chacun un état minimal accepté et un prix au-delà duquel vous n'achetez pas. Écrit, daté, avant la phase d'attention maximale. Un plafond fixé en octobre résiste à décembre ; un plafond improvisé en décembre ne résiste à rien. C'est le seul dispositif qui fonctionne contre un compte à rebours.
Novembre 2026 : relever l'offre une fois par semaine, et ne rien acheter
Pour chaque numéro de votre liste courte, notez le même jour chaque semaine le nombre d'annonces, l'écart entre la plus basse et la plus haute, et le nombre d'annonces déjà présentes la semaine précédente. En quatre relevés vous aurez une courbe d'offre, c'est-à-dire la seule information que personne ne vous fournira ailleurs. C'est aussi le mois où l'on repère les annonces opportunistes, publiées en vue de décembre.
Du 1er au 17 décembre 2026 : s'abstenir
Les deux semaines et demie qui précèdent la sortie cumulent l'offre la plus abondante et les demandes les plus élevées. Si vous devez absolument acheter avant d'avoir vu le film, faites-le au tout début du mois et sur un exemplaire déjà noté, dont l'état ne dépend pas d'une description. Sinon, la bonne décision est de ne rien faire.
Semaine du 18 décembre 2026 : voir le film, ne pas acheter
C'est la semaine la plus défavorable du cycle, pour les trois raisons détaillées plus haut : votre échéance, l'alignement des demandes sur le plus haut comparable, et l'impossibilité de ressortir avant la fin du sommet. Elle est faite pour aller au cinéma, pas pour acheter des comics.
Janvier 2027 : laisser passer trente jours, et surveiller l'écoulement
En janvier, l'attention baisse mais l'offre mise en vente à l'automne est toujours là. Reprenez vos relevés de novembre : les annonces qui n'ont pas trouvé preneur en trois mois sont les plus intéressantes, parce que leur vendeur a eu le temps de réviser son objectif. C'est le moment d'écrire, pas encore celui de payer.
Février à juillet 2027 : la fenêtre
Sur un cycle normal, cette fenêtre durerait jusqu'à l'automne. Avec une conclusion programmée le 17 décembre 2027, elle se refermera plus tôt, dès que la campagne du second film démarrera. C'est dans cet intervalle que l'offre héritée de 2026 est la plus abondante par rapport à la demande. Si vous achetez une seule fois dans tout ce cycle, achetez là.
Automne 2027 : clore, et ne pas rejouer la même erreur
Dès la première bande-annonce de Secret Wars, le cycle recommence avec les mêmes phases et les mêmes pièges, dans un climat plus intense encore puisqu'il s'agit d'une conclusion. Si vous avez tenu le calendrier une fois, la seule chose à faire est de le retenir : la semaine du 17 décembre 2027 sera, elle aussi, la pire de son année.
Si vous vendez : prenez exactement l'autre bout du calendrier
Tout ce qui précède se lit en miroir pour un vendeur. Les périodes défavorables à l'achat sont celles qui lui sont favorables, à une réserve près et elle est importante : la phase d'anticipation attire tellement de vendeurs qu'arriver tard en novembre, c'est arriver dans une file. Pour vendre, le bon moment est le début de la phase, pas son sommet.
Ce que cet article ne traite pas
Par construction, ce guide ne porte que sur le temps. Il ne dit pas quoi acheter, et c'est volontaire : la question « quand » a une réponse documentable, la question « quoi » dépend de ce que vous collectionnez déjà. Pour l'identification des numéros, nos autres dossiers sont mieux placés : les numéros clés de Fatalis pour le personnage central du film, le hub consacré au personnage pour l'ensemble de ses articles, la distinction entre apparition partielle et apparition complète pour savoir ce que vous achetez exactement, et notre analyse du mécanisme de hausse pour la mécanique de la demande elle-même. Les X-Men et les Quatre Fantastiques, très présents au casting, ont également leurs propres hubs.
Une dernière remarque de méthode, puisque le sujet est le temps. Tout ce qui précède repose sur des dates publiques et sur des précédents datés, pas sur une prédiction de marché. Si Doomsday était à nouveau repoussé, ce qui est arrivé deux fois à ce projet, l'ensemble du calendrier se décalerait d'un bloc, mais les phases et leur ordre resteraient identiques. C'est précisément l'intérêt de raisonner en phases plutôt qu'en dates absolues : la structure survit au report.