Detective Comics #359 (1967) : la première Batgirl de Barbara Gordon, illustration article

Barbara Gordon enfile le costume de Batgirl pour la première fois dans Detective Comics #359, daté de janvier 1967, sur un scénario de Gardner Fox, des crayonnés de Carmine Infantino et un encrage de Sid Greene. La fille du commissaire Gordon se rend à un bal costumé de la police en Batgirl improvisée, puis intervient quand Killer Moth s'attaque à Bruce Wayne. Le numéro est recherché parce qu'il fonde une héroïne encore active aujourd'hui, et parce qu'une autre Bat-Girl, antérieure, brouille le marché.

Peu de numéros de la fin des années soixante posent autant de problèmes d'identification à l'achat. Vous cherchez la première Batgirl, vous tapez « Bat-Girl » dans un moteur de recherche ou dans un moteur d'enchères, et vous tombez sur deux personnages distincts, deux décennies d'écart, deux cotes qui n'ont rien à voir. Celui qui compte pour Barbara Gordon porte un seul numéro, et c'est le 359 de janvier 1967. Cet article sert à ne plus jamais vous tromper de ligne dans une vente, et à savoir ce que vous payez quand vous l'achetez.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Carte d'identité : Detective Comics #359 (1967) : la première Batgirl

Le numéro de janvier 1967, dans le détail

Detective Comics #359 porte la date de couverture de janvier 1967, ce qui veut dire, selon l'usage de l'époque, une mise en kiosque quelques mois plus tôt, à l'automne 1966. L'histoire principale est signée Gardner Fox au scénario, Carmine Infantino aux crayonnés et Sid Greene à l'encrage. C'est le trio qui tient alors la série, et c'est dans ce cadre, sans annonce particulière sur le mois précédent, que l'une des héroïnes les plus durables de l'éditeur fait son entrée.

Le récit est d'une simplicité mécanique. Barbara Gordon, bibliothécaire et fille du commissaire James Gordon, se confectionne un costume inspiré de Batman pour se rendre à un bal costumé donné par la police. En chemin, elle se trouve mêlée à une tentative d'enlèvement visant Bruce Wayne, orchestrée par Killer Moth. Elle intervient, elle s'en sort, et elle y prend goût. Ce qui aurait pu rester un déguisement d'une soirée devient une identité, et cette identité ne quittera plus le catalogue.

La couverture met la nouvelle venue en avant sans ambiguïté, ce qui compte pour un collectionneur : la clé est lisible sur l'exemplaire, pas enfouie dans un complément de fin de fascicule comme d'autres premières apparitions de la même période.

Ce que publiait le titre à l'automne 1966

Au moment du 359, la formule du fascicule est stabilisée depuis la refonte graphique de 1964, celle qui a confié la direction artistique à Infantino et redessiné l'emblème de Batman en l'entourant d'un ovale jaune. On y trouve une aventure principale du Chevalier Noir et un complément, souvent consacré à Elongated Man, dessiné dans un registre plus léger. Cette architecture en deux temps explique la pagination modeste des histoires et la vitesse avec laquelle une idée nouvelle pouvait être introduite, testée, puis conservée ou abandonnée.

Le contexte éditorial est aussi celui d'un titre dont les ventes profitent d'une notoriété soudaine venue d'un autre média. Les deux premières saisons de la série télévisée diffusée depuis janvier 1966 avaient fait remonter la demande sur le personnage, et l'éditeur produisait alors des épisodes rapides, colorés, à la fois lisibles pour un lecteur jeune et sensibles aux attentes d'un public télévisuel. Barbara Gordon arrive exactement dans cette fenêtre.

Une héroïne née avec un calendrier extérieur

C'est la particularité qui rend ce numéro intéressant au-delà de sa simple fonction de première apparition : Batgirl n'est pas uniquement née d'une idée de bande dessinée. Sa conception répond pour partie à une demande venue de la production télévisée, qui cherchait un personnage féminin susceptible de rejoindre la distribution pour une saison supplémentaire. Le rôle sera tenu à l'écran par Yvonne Craig à partir de 1967. Autrement dit, le fascicule de janvier 1967 et le passage à l'antenne appartiennent au même mouvement, l'imprimé prenant quelques mois d'avance sur la diffusion.

Pour un collectionneur, cette dépendance à un agenda extérieur a deux conséquences concrètes. D'abord, elle explique que le personnage ait été poussé immédiatement, avec des réapparitions rapprochées, au lieu d'être laissé dormir plusieurs années comme tant de silhouettes secondaires de la même époque. Ensuite, elle lie une partie de la demande à l'histoire de l'audiovisuel : chaque fois qu'une nouvelle adaptation remet le costume en scène, la pression sur ce numéro se réveille, parfois pour quelques mois seulement. Un achat fait au creux d'un cycle d'annonces ne coûte pas la même chose qu'un achat fait au pic.

Pourquoi ce numéro est devenu une clé

Ce qui soutient la demande sur le 359, c'est la longévité d'un personnage qui a changé de nature plusieurs fois sans jamais disparaître. Barbara Gordon a porté le costume pendant les années soixante-dix, a partagé des récits avec Robin, a été paralysée dans un récit de 1988 signé Alan Moore et Brian Bolland, puis a été réinventée en coordinatrice en fauteuil sous le nom d'Oracle, rôle qui l'a rendue centrale à des équipes entières, avant de retrouver le costume lors de la réinitialisation éditoriale de 2011. Chacune de ces étapes a produit de nouveaux lecteurs, et chaque nouvelle vague de lecteurs est revenue chercher le point de départ.

À cela s'ajoute la rareté relative des premières apparitions féminines durables dans l'univers de Gotham : la liste des noms qui tiennent sur six décennies est courte, et le 359 en ouvre une. Pour qui construit une collection autour du commissariat de Gotham, c'est une pièce qu'on n'évite pas.

La Bat-Girl de 1961, confusion permanente

Avant Barbara Gordon, il y avait déjà une Bat-Girl. Betty Kane, nièce de Kathy Kane alias Batwoman, apparaît pour la première fois dans Batman #139, daté d'avril 1961, dans un récit attribué à Bill Finger et Sheldon Moldoff. Le nom s'écrit alors avec un trait d'union, et le personnage n'a aucun lien avec la famille Gordon : ni la même identité civile, ni le même costume, ni la même fonction narrative.

Cette homonymie produit des erreurs dans les deux sens. Des vendeurs décrivent Batman #139 comme « la première Batgirl » et en demandent un prix calé sur la notoriété de Barbara Gordon. D'autres, à l'inverse, bradent un 359 parce qu'ils le croient postérieur à une première déjà consommée. Avant toute offre, vérifiez trois choses : le titre de la série, le numéro, et la graphie du nom dans la description. Si l'annonce parle de Bat-Girl avec trait d'union et mentionne Batwoman, vous n'êtes pas sur le bon numéro. Le guide du personnage détaille les incarnations successives et leurs numéros respectifs, ce qui vous évitera d'arbitrer dans l'urgence au milieu d'une vente.

Ce qui fait varier la cote

Sur un fascicule de 1966, l'état domine tout le reste. Le papier de cette période jaunit, les agrafes rouillent, et la couverture, imprimée sur un support fin, marque au moindre pli. Les écarts entre un exemplaire lu et conservé correctement et un exemplaire en état proche du neuf se comptent en multiples, pas en pourcentages, et le passage d'un cran de notation à l'autre dans le haut du barème produit les sauts les plus brutaux.

Trois défauts spécifiques pèsent lourd ici. Le premier est le pli de dos, visible dès qu'on tient l'exemplaire à plat sous une lumière rasante. Le deuxième est la coloration du papier, qui s'évalue sur la tranche et sur les marges intérieures. Le troisième est l'absence éventuelle d'une page, notamment lorsque le fascicule contenait un bon de commande ou une page de jeu que des lecteurs ont découpée ; un exemplaire incomplet sort du marché des pièces de référence, quel que soit son aspect général. Il existe aussi des exemplaires issus de collections identifiées et documentées, dont la provenance est valorisée séparément ; c'est une niche, mais elle explique certaines annonces apparemment hors norme.

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Reconnaître une édition d'une autre

Le tirage original de janvier 1967 est le seul à porter la mention de date et de numérotation d'origine dans son bloc d'informations légales, en général en bas de la première page intérieure. C'est ce bloc qu'il faut lire, pas la couverture, parce que les rééditions reprennent volontiers l'illustration de couverture à l'identique.

Trois familles de reprises circulent pour ce récit. Les recueils, d'abord, qui rassemblent les premières aventures de Batgirl dans un volume relié ou broché : ils se reconnaissent immédiatement à leur dos carré et à leur pagination. Les anthologies de grand format publiées dans les décennies suivantes, ensuite, qui reproduisent l'histoire sans en reprendre la couverture. Les facsimilés, enfin, qui rejouent la maquette complète, publicités comprises : lorsqu'un facsimilé existe pour un numéro, il porte une mention de reprise et un code-barres moderne, et son papier n'a pas la teinte de son modèle. Si une annonce ne montre ni le dos ni le bloc légal, demandez ces photos avant d'engager quoi que ce soit.

Les pièges à l'achat

Le piège le plus coûteux reste la confusion avec Batman #139, déjà évoquée. Le deuxième est la description vague du type « première apparition de Batgirl » appliquée à un numéro de Detective Comics postérieur au 359 : les réapparitions des mois suivants sont intéressantes, mais ce ne sont pas des premières. Vérifiez toujours le chiffre, pas la formule.

Le troisième piège est la restauration non déclarée. Sur un fascicule de cet âge, le renforcement discret d'un coin, le recollage d'une déchirure ou le nettoyage chimique du papier se rencontrent régulièrement, et changent la catégorie du bien autant que son prix relatif. Une mention de restauration apparaît sur l'étiquette d'un exemplaire noté ; sur un exemplaire brut, elle se détecte à la lumière et au toucher, ou pas du tout. Le quatrième est plus bête mais fréquent : la couverture détachée puis remise en place, invisible sur une photo de face, donc exigez une vue de l'agrafage.

Les numéros voisins qui comptent

Autour du 359, plusieurs numéros intéressent le même collectionneur. Les réapparitions rapprochées de Batgirl dans les mois qui suivent documentent la manière dont l'éditeur a installé le personnage ; elles s'achètent encore sans difficulté et servent de point d'entrée quand le 359 est hors de portée dans l'état visé. Batman #139, d'avril 1961, mérite sa place dans une collection thématique précisément parce qu'il explique la confusion : avoir les deux côte à côte est la meilleure façon de ne plus les mélanger.

Dans une autre direction, 1966 est aussi l'année d'une autre arrivée féminine durable chez l'éditeur, avec la première Poison Ivy dans Batman #181. Les deux numéros se tiennent à quelques mois d'écart et racontent la même période de production. Enfin, le récit de 1988 qui bouleverse la trajectoire de Barbara Gordon a été publié en album, pas en fascicule mensuel, ce qui en fait un objet de collection d'une autre nature : voyez les repères réunis dans le guide consacré au Joker pour situer ses tirages successifs.

Les sections de cette fiche, de la description du numéro aux pièges à l'achat

Ce que la notation change

Pour un numéro de cet âge et de cette demande, la notation par un tiers joue trois rôles distincts. L'authentification compte peu, le fascicule n'étant pas particulièrement contrefait ; restent deux apports réels, la fixation de l'état sur une échelle commune et la détection d'une restauration invisible à l'œil. C'est ce dernier point qui justifie la démarche sur un exemplaire haut de gamme.

En pratique, la logique est arithmétique. Dans le bas et le milieu du barème, le coût de la notation pèse une part importante de la valeur de l'exemplaire, et la démarche ne se rentabilise que si vous comptez revendre. Dans le haut du barème, l'écart entre deux crans voisins dépasse largement ce coût, et l'absence de notation devient elle-même un facteur de décote parce qu'aucun acheteur distant n'accepte de payer un prix de haut de gamme sur une simple photo. Entre les deux, le choix dépend de votre horizon : un exemplaire destiné à être lu et conservé n'a aucun besoin d'être enfermé.

Suivre le numéro dans une collection

Un numéro comme celui-ci se gère mal dans un tableur, parce que l'information utile n'est pas une ligne mais un faisceau : la série, le numéro exact, l'édition, l'état, la date d'achat, et l'historique des cotes observées sur des exemplaires comparables. Le catalogue sur lequel repose My Comics Collection distingue le tirage original de ses reprises, ce qui évite précisément l'erreur dont vit le marché de ce numéro : enregistrer un recueil ou un facsimilé à la place du fascicule de janvier 1967, et croire ensuite posséder une clé qu'on ne possède pas.

Le réflexe utile est de renseigner l'état et l'édition au moment de la saisie. Six mois après, vous ne vous souviendrez plus si le pli de dos était léger ou moyen, et c'est pourtant cette nuance qui déterminera la valeur relative de l'exemplaire le jour où vous voudrez le faire estimer ou assurer.

Detective Comics #359 reste, au fond, un numéro lisible : un seul chiffre à retenir, une couverture explicite, une date de janvier 1967, et une seule véritable difficulté, celle de l'homonyme de 1961. Si vous retenez cette distinction, vous achèterez la bonne pièce ; si vous y ajoutez la discipline de vérifier le bloc légal avant de payer, vous l'achèterez au bon état. C'est tout ce que demande ce numéro, et c'est plus que ce que font la plupart des acheteurs.

Vous possédez un Detective Comics #359 et vous ignorez où il se situe entre un exemplaire lu et un haut de gamme ? Faites-le situer avant d'envisager une notation.

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Questions fréquentes

Batman #139, daté d'avril 1961, introduit Betty Kane sous le nom de Bat-Girl, nièce de Batwoman. Detective Comics #359, daté de janvier 1967, introduit Barbara Gordon en Batgirl, la fille du commissaire. Deux personnages différents, deux costumes différents, deux cotes sans rapport. La graphie avec trait d'union est le premier indice dans une annonce.

L'histoire est signée Gardner Fox au scénario, avec Carmine Infantino aux crayonnés et Sid Greene à l'encrage. Infantino assurait alors la direction graphique du titre. La conception du personnage répond aussi en partie à une demande venue de la production télévisée de l'époque, qui cherchait une héroïne pour une saison supplémentaire.

Killer Moth, dont la tentative d'enlèvement visant Bruce Wayne déclenche la première intervention de Barbara Gordon en costume. Le point de départ est un bal costumé donné par la police, pour lequel elle avait confectionné sa tenue sans intention d'en faire une identité durable. C'est ce basculement qui structure le récit.

Lisez le bloc d'informations légales en bas de la première page intérieure : il porte la date et la numérotation d'origine. Les recueils se reconnaissent à leur dos carré, les facsimilés à leur mention de reprise et à leur code-barres moderne. La couverture seule ne prouve rien, car les reprises la reproduisent à l'identique.

Cela dépend de l'état. Dans le haut du barème, l'écart entre deux crans voisins dépasse le coût de la démarche et la notation révèle une restauration invisible à l'œil, donc elle se justifie. Sur un exemplaire moyen destiné à rester dans votre collection, elle immobilise de la trésorerie sans rien changer à l'usage.