Les crossovers de Cyclope : participant, enjeu ou cause ?, illustration article

Cyclope traverse la quasi-totalité des grands crossovers de sa franchise depuis 1963, et c'est précisément le problème : une présence permanente ne crée aucune valeur. Trois seulement comptent pour son dossier : Inferno (1988-1989), Messiah Complex (2007) et la séquence de 2012, où il en est la cause.

Ce dossier illustre une règle que ce corpus n'avait pas encore eu l'occasion de poser aussi nettement : la valeur d'une apparition est inversement proportionnelle à sa fréquence.

Un personnage présent partout n'est remarquable nulle part.

L'essentiel : crossovers cyclops

Participant, enjeu, ou cause ?

Avant d'examiner les événements, il faut poser la distinction qui permet de trier, car sans elle, la liste serait interminable.

Dans un crossover, un personnage peut occuper trois positions.

Participant : il est présent, il agit, mais l'événement se déroulerait sans lui. C'est sa position dans l'immense majorité des cas.

Enjeu : l'événement porte sur lui, sur ce qu'il détient ou sur ce qu'il risque.

Cause : l'événement existe parce qu'il a fait quelque chose.

Seules les deux dernières attachent durablement un personnage à un crossover. Sur soixante ans de présence continue, Cyclope n'a occupé la troisième position qu'une fois.

Inferno (1988-1989)

L'événement qui traite les conséquences de ce qui lui a été fait au début de la décennie.

Il y est enjeu plutôt que participant : ce qui s'y joue le concerne directement, et le récit lui demande des comptes sur des décisions antérieures.

Crossover étendu. Les numéros centraux sont recherchés ; les tie-ins des séries voisines restent au prix du tout-venant tout en contenant une part réelle du récit.

Messiah Complex (2007)

L'événement où il assume le commandement dans des conditions dégradées, et où ses choix engagent l'ensemble de la franchise.

Position intermédiaire : il n'est pas la cause de la crise, mais il est celui qui décide de la réponse, et cette réponse détermine la direction éditoriale des années suivantes.

Période récente et abondante, avec les précautions d'usage sur les couvertures alternatives.

La séquence de 2012

Le seul événement de sa carrière dont il est la cause.

Ce qu'il fait y déclenche le récit, en détermine l'issue, et modifie durablement sa place dans la franchise. C'est l'exception qui confirme tout ce qui précède.

Ce corpus signale l'anomalie de marché correspondante : cet événement est aussi celui où le personnage a le plus déplu à son public. Ses numéros sont donc restés accessibles alors qu'ils constituent, objectivement, les plus importants de son dossier.

À viser en collection : la série principale de l'événement, et les numéros du titre collectif qui l'entourent immédiatement. Récents, très tirés, peu chers.

Les autres : pourquoi ils ne comptent pas

Le personnage figure dans presque tous les grands événements de sa franchise depuis les années 1980. Aucun ne constitue une clé de son dossier.

La raison est mécanique, et elle vaut d'être formulée : quand un personnage est présent dans deux cents numéros d'événement, aucun de ces deux cents numéros ne peut se distinguer. La rareté d'une apparition fait sa valeur ; l'ubiquité l'annule.

C'est un désavantage structurel, et il ne se corrige pas. Un personnage installé au centre d'une franchise pendant soixante ans n'aura jamais de clés d'apparition, parce que ses apparitions ne sont pas des événements.

Ce que cela implique pour la collection

Une conséquence pratique qui inverse la démarche habituelle.

Sur la plupart des dossiers, on cherche les numéros où le personnage apparaît. Ici, cela ne mène nulle part : il apparaît partout.

La question utile est différente : dans quels numéros décide-t-il ? La réponse tient en une dizaine de références sur soixante ans, et c'est exactement la liste qu'il faut constituer.

Cette approche a un avantage secondaire appréciable : elle rend le dossier abordable. Les numéros où il décide appartiennent presque tous à des périodes récentes et abondantes.

Stratégie de collection

Priorisez la séquence de 2012. C'est le seul événement dont il est la cause, et il est resté accessible pour de mauvaises raisons.

Ajoutez les tie-ins d'Inferno plutôt que les numéros centraux, si le budget compte.

Ne cherchez pas à couvrir les crossovers où il figure. Ce serait un projet sans fin et sans intérêt : sa présence n'y est pas un événement.

Comme toujours, l'état et la gradation déterminent la valeur ; l'appui sur des ventes récentes réelles est vivement conseillé.

Retrouvez la sélection complète dans nos numéros clés et notre guide de collection.

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Où lire Cyclope : cinq repères pour se situer

Le dossier des crossovers de Cyclope devient limpide quand on le replace dans la chronologie du personnage. Voici cinq repères qui permettent de lire sans se perdre et de collectionner avec méthode.

Les débuts. Cyclope fait partie des premiers X-Men : il apparaît dès X-Men #1 (septembre 1963), par Stan Lee et Jack Kirby. Sa présence est donc permanente depuis soixante ans, ce qui explique l'ubiquité décrite plus haut : ses apparitions ne sont presque jamais des événements en soi.

Le tournant de 1975. Avec Giant-Size X-Men #1, l'équipe est relancée avec de nouveaux membres, et Cyclope devient le chef de terrain du groupe. C'est à ce titre qu'on le retrouve au centre des grands récits de la période, sans pour autant que chaque numéro compte.

Le drame de 1980. La saga de Dark Phoenix, avec la mort de Jean Grey dans Uncanny X-Men #137, fixe pour longtemps ce que Cyclope perd et ce qu'il porte. C'est un repère de lecture, et c'est l'explication de la dimension d'enjeu que prend le personnage dans Inferno, quelques années plus tard.

L'ère du commandement. Avec Messiah Complex (2007), Cyclope assume la direction de la franchise, et ses choix en déterminent la suite. C'est la période où il décide de la réponse à la crise, et non plus seulement où il y participe.

La rupture de 2012. Avec Avengers vs. X-Men, c'est la seule fois où Cyclope est la cause de l'événement : devenu l'hôte de la force Phoenix, il bascule dans un rôle de tyran, jusqu'à tuer le professeur Xavier dans le #11. C'est aussi, comme noté plus haut, l'événement le plus mal reçu de son dossier.

Pour collectionner sans se disperser, voici trois conseils :

Gardez un dernier point en tête : un événement est d'abord une histoire avant d'être un objet de collection. Lire la série principale de la séquence de 2012 dans l'ordre, avec les numéros qui l'entourent immédiatement, donne le contexte pour juger soi-même quels numéros méritent une place sur l'étagère, plutôt que de s'en remettre à une simple liste d'apparitions.

Questions fréquentes

Trois seulement : Inferno (1988-1989), Messiah Complex (2007) et la séquence de 2012, dont il est la cause. Le personnage est présent dans presque tous les grands événements depuis les années 1980, mais aucun autre n'est une clé de son dossier.

Parce que la valeur d'une apparition est inversement proportionnelle à sa fréquence. Présent dans deux cents numéros d'événement, aucun ne peut se distinguer : l'ubiquité annule la rareté, et un personnage placé au centre d'une franchise pendant soixante ans n'a pas de clés d'apparition.

Un participant est présent mais l'événement se déroulerait sans lui ; un enjeu est ce sur quoi porte l'événement ; une cause est celui qui le déclenche. Seules les deux dernières positions attachent durablement un personnage à un crossover, et Cyclope n'a été cause qu'une fois en soixante ans.

La séquence de 2012, où Cyclope est la cause de l'événement. C'est aussi celle où le personnage a le plus déplu à son public, d'où des numéros récents, très tirés et peu chers, alors qu'ils sont objectivement les plus importants de son dossier.

Priorisez la séquence de 2012, ajoutez si le budget compte les tie-ins d'Inferno plutôt que les numéros centraux, et ne cherchez pas à couvrir tous les crossovers où il figure. La bonne question est : dans quels numéros décide-t-il ?