Constantine : les numéros clés, de Swamp Thing #37 à Hellblazer, illustration article
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Les numéros clés de John Constantine sont : Swamp Thing #37 (juin 1985), sa première apparition, par Alan Moore, Rick Veitch et John Totleben ; Hellblazer #1 (janvier 1988), premier numéro de sa série, par Jamie Delano et John Ridgway, couverture de Dave McKean ; Hellblazer #27, écrit par Neil Gaiman et dessiné par McKean ; Hellblazer #41 à #46, « Dangerous Habits » de Garth Ennis, source du film de 2005 ; puis les runs de Paul Jenkins (#89 à #128), Warren Ellis (#134 à #143), Brian Azzarello (#146 à #174) et Mike Carey (#175 à #215) ; enfin Hellblazer #300 (février 2013), dernier numéro de la série d'origine, signé Peter Milligan. Sur le marché, Swamp Thing #37 domine, suivi de Hellblazer #1 ; les autres se jouent surtout sur l'intérêt de lecture.

John Constantine a une particularité rare : il est né comme personnage secondaire dans la série d'un autre, et il a fini par porter l'une des séries les plus longues de l'histoire de DC, 300 numéros sans interruption de 1988 à 2013. Entre les deux, il a traversé le label Vertigo, une dizaine de scénaristes britanniques et irlandais, deux adaptations à l'écran, et plusieurs relances.

Pour un collectionneur, cette longévité pose un problème simple : par où commencer, et quoi garder ? Ce guide répond numéro par numéro. Il ne revient pas sur les adaptations, déjà comparées aux comics dans nos articles sur le film de 2005 et sur la série de 2014. Il se concentre sur les fascicules, leurs auteurs, et leur place dans une collection.

Les numéros clés de Constantine par ordre d'importance

La naissance du personnage

Constantine est conçu au milieu des années 1980 dans la série Swamp Thing, à la demande des dessinateurs Stephen Bissette et John Totleben, qui voulaient un personnage au visage du chanteur Sting. Alan Moore en fait un magicien de la classe ouvrière londonienne, cynique, drôle, et toujours prêt à sacrifier un ami pour sauver le monde. Il apparaît d'abord comme guide de Swamp Thing, à qui il propose une sorte d'éducation à l'occulte, avant de devenir un personnage de premier plan de la série.

Son succès auprès des lecteurs pousse DC à lui offrir sa propre série. Elle devait s'appeler Hellraiser ; le titre étant déjà pris par une franchise d'horreur, elle prend le nom d'Hellblazer. Le premier numéro paraît en janvier 1988, cinq ans avant la création de Vertigo, label qui reprendra la série à partir de mars 1993.

Chronologie des numéros et séries de Constantine

Les numéros clés, de Swamp Thing à Hellblazer

1

Swamp Thing #37

Juin 1985 · Alan Moore, Rick Veitch, John Totleben
Première apparition

Le numéro où tout commence. Constantine se présente à Swamp Thing et l'entraîne dans le cycle « American Gothic ». Deux semaines plus tard, il fait un caméo dans Crisis on Infinite Earths #4, sa deuxième apparition. Un an plus tôt, dans le #25, une silhouette au visage de Sting traversait déjà le décor, mais ce n'est pas Constantine. La fiche Saga of the Swamp Thing #37 détaille le numéro.

À savoir : c'est la pièce maîtresse de toute collection Constantine, et de loin la plus demandée.
2

Hellblazer #1

Janvier 1988 · Jamie Delano, John Ridgway, couverture de Dave McKean
Premier numéro

Delano installe Constantine à Londres, dans une Angleterre thatchérienne qu'il observe avec une colère politique assumée. Le premier arc oppose le magicien à un démon de la faim et présente Papa Midnite, l'un de ses adversaires récurrents. Les couvertures peintes et en collages de Dave McKean donnent à la série une identité visuelle immédiate.

À savoir : publié avant Vertigo, il porte encore l'étiquette DC « Suggested for Mature Readers ».
3

Hellblazer #27, « Hold Me »

1990 · Neil Gaiman, Dave McKean
L'épisode d'auteur

Pendant une parenthèse dans le run de Delano, qui laisse les #25 et #26 à Grant Morrison, Neil Gaiman écrit un épisode unique sur un fantôme de sans-abri, dessiné par McKean. Gaiman avait déjà fait apparaître Constantine dans The Sandman #3 en 1989. Cet épisode isolé est souvent recommandé comme meilleure porte d'entrée de la série.

À savoir : un numéro qui intéresse les collectionneurs de Gaiman autant que ceux de Constantine.
4

Hellblazer #41 à #46, « Dangerous Habits »

1991 · Garth Ennis, William Simpson
L'arc culte

Constantine apprend qu'il a un cancer du poumon. Pour échapper à la mort, il monte les puissances de l'enfer les unes contre les autres. Garth Ennis, venu comme Delano de l'hebdomadaire britannique 2000 AD, signe ici son entrée sur la série, et le récit sert de base au film de 2005. Le #41 en est le premier numéro.

À savoir : Ennis écrit ensuite jusqu'au #83, avec Steve Dillon au dessin sur une grande partie du run, avant leur collaboration sur Preacher.
5

Hellblazer #62 à #67, « Fear and Loathing »

1993 · Garth Ennis, Steve Dillon
Le sommet d'Ennis

L'arc qui montre Constantine au plus haut de sa vie personnelle, avec sa relation avec Kit et la fête de ses quarante ans à laquelle assistent ses amis, Zatanna et Swamp Thing compris. Ennis y prépare aussi la chute qui suivra. Le #63 tombe au moment où la série passe sous l'étiquette Vertigo.

À savoir : les premiers numéros portant le logo Vertigo sont une curiosité pour les collectionneurs du label.
6

Hellblazer #300

Février 2013 · Peter Milligan, Giuseppe Camuncoli
La fin

Dernier numéro de la série d'origine, et conclusion du run de Peter Milligan, commencé au #250, le plus long de l'histoire du titre. Constantine y vieillit enfin, comme il vieillissait en temps réel depuis 1988. Le même mois, DC le replace dans son univers principal sous une forme plus jeune.

À savoir : les derniers numéros d'une série longue sont souvent tirés à moins d'exemplaires que les premiers ; le #300 est un objet de complétiste avant tout.

Les runs, dans l'ordre : qui a écrit quoi

Hellblazer se lit par auteurs. Voici la succession des scénaristes principaux, pour savoir où commencer et où s'arrêter.

Jamie Delano (#1 à #24, #28 à #40). Le fondateur. Constantine politique, hanté, entouré de son ami chauffeur de taxi Chas. Delano reviendra pour le #84, qui raconte enfin pourquoi Chas doit tant à Constantine, et pour le #250.

Garth Ennis (#41 à #50, #52 à #83, puis #129 à #133). Le run le plus apprécié du public, et le deuxième plus long. Ennis fait de Constantine un homme qui boit, aime et perd, et oppose au magicien le Premier des Déchus.

Eddie Campbell (#85 à #88). Un court intermède signé par le dessinateur de From Hell.

Paul Jenkins (#89 à #128). Un run plus intimiste, très britannique, dont le dixième anniversaire de la série, en forme de soirée au pub avec le lecteur, est le moment le plus singulier.

Warren Ellis (#134 à #143). Court mais remarqué, ouvert par l'arc « Haunted » dans un Londres poisseux.

Brian Azzarello (#146 à #174). L'auteur de 100 Bullets envoie Constantine dans une prison américaine puis à travers les États-Unis, dans un long récit construit comme un polar.

Mike Carey (#175 à #215, puis #229). Le troisième run le plus long, ambitieux et mythologique, qui fait intervenir les enfants de Constantine et la mort de sa sœur Cheryl.

Denise Mina (#216 à #228), romancière policière écossaise, puis Andy Diggle (#230 à #249), qui ramène le personnage vers ses racines ouvrières de Liverpool.

Peter Milligan (#250 à #300). Le run le plus long de l'histoire du titre, qui marie Constantine et le conduit jusqu'au dernier numéro.

Après 2013 : les relances

Dès 2011, DC réintroduit Constantine dans son univers principal, notamment dans Justice League Dark, puis lui donne une nouvelle série, Constantine, en 2013. D'autres relances suivent, dont The Hellblazer lors de l'opération Rebirth. En novembre 2019, Simon Spurrier relance le personnage sous le titre John Constantine: Hellblazer, une série saluée qui s'achève en octobre 2020. Le titre revient encore en 2024 pour une nouvelle mini-série.

Ces séries récentes sont lues pour elles-mêmes ; aucune n'a, à ce jour, l'importance de collection des numéros de 1985 et 1988. Elles peuvent être une bonne entrée pour un nouveau lecteur, à condition de savoir que leur Constantine est parfois plus jeune et moins usé que celui de la série d'origine.

Comment bâtir une collection Constantine

Avec plus de 300 numéros possibles, la question n'est pas de tout avoir, mais de savoir quoi viser. Trois stratégies tiennent la route.

1

Les deux pièces maîtresses

Swamp Thing #37 et Hellblazer #1. Ce sont les deux fascicules qui portent l'essentiel de la demande, et qui se revendent le plus facilement. Achetez-les dans le meilleur état possible, et exigez des photos détaillées, surtout du dos et des coins.

2

Le run d'un auteur

Choisissez un scénariste et complétez son run : Ennis de #41 à #83, ou Delano de #1 à #40. C'est une collection cohérente, lisible, et souvent moins coûteuse au numéro qu'on ne le pense, car les numéros intermédiaires circulent en lots.

3

Les jalons

Les numéros de passage : #41 (arrivée d'Ennis), #63 (passage à Vertigo), #100, #200, #250 et #300. Une collection courte, qui raconte l'histoire éditoriale de la série en une dizaine de fascicules.

Pour la lecture pure, les recueils sont plus économiques : DC a réédité la série en volumes numérotés qui suivent l'ordre de parution. Aucune cote n'est donnée dans cet article. Pour un exemplaire précis, l'estimation gratuite part de son état réel.

Les pièges à éviter

Le #25 de Swamp Thing présenté comme première apparition. La silhouette d'arrière-plan au visage de Sting n'est pas Constantine. Le #37 reste la première apparition officielle.

Les éditions kiosque et direct. Sur les années 1980, les deux versions coexistent ; leur contenu est identique. Notez la version dans votre inventaire, sans en faire un critère décisif.

Les recueils pris pour des fascicules. Les rééditions reprennent souvent les couvertures d'origine. Vérifiez toujours le format et la pagination dans une annonce.

Les relances confondues avec la série d'origine. Plusieurs séries récentes portent un titre proche, et certaines ont un #1. Précisez toujours l'année dans vos fiches. Pour situer Constantine dans l'ensemble des récits d'horreur à collectionner, notre guide des comics d'horreur collectibles et notre histoire du label Vertigo donnent le contexte.

Questions fréquentes

Swamp Thing #37, daté de juin 1985, écrit par Alan Moore et dessiné par Rick Veitch et John Totleben. Constantine y rencontre Swamp Thing et l'entraîne dans le cycle « American Gothic ». Sa deuxième apparition, un caméo, se trouve dans Crisis on Infinite Earths #4, sorti deux semaines plus tard. Dans Swamp Thing #25, un an plus tôt, une silhouette au visage du chanteur Sting apparaît en arrière-plan, mais les sources sérieuses ne la considèrent pas comme Constantine. Seul le #37 doit être présenté comme sa première apparition.
La série d'origine compte 300 numéros, de janvier 1988 à février 2013, auxquels s'ajoutent des annuals et des numéros spéciaux. Elle a été publiée par DC, puis sous l'étiquette Vertigo à partir de 1993. C'est l'une des séries les plus longues de l'éditeur sans changement de numérotation. Le titre a ensuite été relancé à plusieurs reprises, dont une série de Simon Spurrier de novembre 2019 à octobre 2020 et une nouvelle mini-série en 2024 ; ces relances ont leur propre numérotation et ne prolongent pas la série d'origine.
« Dangerous Habits », de Garth Ennis et William Simpson, publié dans Hellblazer #41 à #46 en 1991. Constantine y apprend qu'il souffre d'un cancer du poumon et dupe les puissances infernales pour sauver sa vie. Le film de 2005, avec Keanu Reeves, reprend le cancer et le marché avec l'enfer, mais transpose l'action à Los Angeles et change beaucoup de choses au personnage. L'arc est aussi le début du run d'Ennis, qui écrit ensuite la série jusqu'au #83. C'est souvent le premier arc conseillé aux nouveaux lecteurs.
Deux points d'entrée fonctionnent. Hellblazer #1 et le run de Jamie Delano, si vous voulez le personnage depuis le début, avec un ton très politique ancré dans l'Angleterre des années 1980. Ou Hellblazer #41, début de « Dangerous Habits » de Garth Ennis, si vous voulez un arc complet, fort et facile d'accès. Pour un essai en un seul numéro, le #27 écrit par Neil Gaiman et dessiné par Dave McKean se lit seul. Les recueils de DC, qui suivent l'ordre de parution, permettent ensuite de continuer sans chercher les fascicules.
Swamp Thing #37, sa première apparition, est de loin le plus recherché. Hellblazer #1, premier numéro de sa série, vient ensuite. Derrière, l'intérêt dépend davantage des auteurs : le #27 pour les amateurs de Neil Gaiman, le #41 pour le début de Garth Ennis, et les premiers numéros portant le logo Vertigo pour les collectionneurs du label. Le #300, dernier numéro, est surtout un objet de complétiste. Pour les autres numéros, le marché reste généralement accessible, ce qui rend un run d'auteur complet tout à fait atteignable.
Peter Milligan, qui écrit la série du #250 au #300, dernier numéro paru en février 2013. Garth Ennis a le deuxième run le plus long, du #41 au #83 avec une interruption au #51, puis un retour du #129 au #133. Mike Carey a le troisième, du #175 au #215. Jamie Delano, le créateur de la série, l'a écrite du #1 au #40, en laissant les #25 à #27 à Grant Morrison et à Neil Gaiman. Paul Jenkins, Brian Azzarello, Denise Mina et Andy Diggle complètent la liste des scénaristes principaux.
Le titre prévu à l'origine était bien Hellraiser, mais ce nom était déjà associé à une franchise d'horreur au cinéma, sortie à la même époque. DC a donc retenu Hellblazer, qui est devenu par la suite un surnom du personnage lui-même. Le titre complet de la série d'origine est John Constantine, Hellblazer. Plusieurs relances récentes ont repris ce nom, parfois avec un article ou un sous-titre, ce qui explique l'importance de toujours noter l'année de publication dans un inventaire pour éviter les confusions.
Avis sur les marques : DC Comics, Vertigo, John Constantine, Hellblazer, Swamp Thing, Zatanna, The Sandman et les noms de personnages DC sont des marques déposées de DC Comics. CGC est une marque déposée de Certified Guaranty Company. My Comics Collection n'est affilié à aucun éditeur de comics. Les références sont faites à des fins purement informatives et descriptives.