Captain America #117 (1969) : la première apparition du Faucon, illustration article

Captain America #117, daté de septembre 1969, contient la première apparition de Sam Wilson, le Faucon. Le scénario est de Stan Lee, les dessins de Gene Colan. Steve Rogers, pris dans l'intrigue d'échange de corps avec le Crâne Rouge, croise à Harlem un travailleur social qui dresse un rapace nommé Redwing et qui choisit de se battre à ses côtés. On recherche ce numéro parce qu'il lance l'un des rares personnages Marvel de 1969 encore central aujourd'hui.

Il existe deux manières de regarder Captain America #117, et elles ne donnent pas le même prix. Vue depuis 1969, c'est un épisode de milieu d'arc, dans une série qui n'était alors ni la locomotive de Marvel ni un titre en difficulté. Vue depuis aujourd'hui, c'est l'acte de naissance du personnage que des millions de spectateurs ont vu reprendre le bouclier au cinéma. Le collectionneur qui achète ce numéro achète cet écart, et l'écart se paie.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Carte d'identité : Captain America #117 (1969) : la première apparition du Faucon

Le numéro : date, auteurs, ce qui s'y passe

Le fascicule porte la date de couverture de septembre 1969, selon l'usage américain qui avance la date de plusieurs semaines sur la mise en vente réelle. L'épisode s'intitule, en version originale, « The Coming of... the Falcon! ». Stan Lee écrit, Gene Colan dessine, et l'encrage est généralement crédité à Joe Sinnott ; si vous achetez pour l'autographe ou pour la planche, faites confirmer ce dernier crédit sur l'exemplaire plutôt que sur une annonce.

Le récit prend place dans la séquence où le Crâne Rouge a pris l'apparence de Steve Rogers, laissant celui-ci enfermé dans une enveloppe qui n'est pas la sienne. Le héros échoue à Harlem, sans crédit et sans identité utilisable. C'est là qu'il rencontre Sam Wilson, qui travaille avec un oiseau de proie dressé. Le costume que celui-ci adopte dans ces pages est vert et orange, sans aucune aile : ce détail, qui semble anecdotique, est en réalité le meilleur outil d'identification visuelle dont vous disposez, et nous y revenons plus bas.

Ce que la série publiait à l'automne 1969

Il faut se souvenir que la numérotation de Captain America ne part pas de 1. Le titre a repris le compteur de la revue d'anthologie qui hébergeait le héros, et le premier fascicule solo porte le numéro 100, en 1968. Captain America #117 n'est donc que la dix-huitième parution du titre sous son propre nom : une série encore jeune, avec un numéro d'apparence élevée. Beaucoup de vendeurs et d'acheteurs se trompent sur ce point et imaginent une publication plus ancienne qu'elle ne l'est.

À cette hauteur de parution, la série alterne les intrigues d'espionnage, les retours d'adversaires de la période de guerre et les chapitres où Steve Rogers n'a tout simplement plus d'identité civile stable. Le ton est plus sombre que dans les épisodes de 1968, et les mises en page de Gene Colan, avec leurs ombres portées et leurs cadrages en contre-plongée, accompagnent ce virage. Pour un collectionneur, cela signifie que les numéros autour du 117 se tiennent : ce n'est pas une île isolée dans une série molle.

1969 : pourquoi cette arrivée compte dans l'édition américaine

Sam Wilson est très souvent décrit comme le premier super-héros afro-américain de l'édition américaine de grande diffusion. La formulation compte : le Black Panther, apparu trois ans plus tôt, est africain et souverain d'un royaume fictif, ce qui n'est pas la même proposition narrative. Sam Wilson, lui, est présenté comme un habitant de New York, avec un métier, un quartier et des attaches ordinaires. En septembre 1969, pour un éditeur qui vend ses fascicules dans les kiosques de tout le pays, ce choix n'était pas neutre.

Cette portée historique est réelle, et elle est aussi la raison pour laquelle le numéro se retrouve cité dans des bibliographies qui dépassent le cercle des collectionneurs : travaux universitaires, expositions, rétrospectives de presse. Un numéro qui circule hors du marché spécialisé voit sa demande s'élargir, et la demande élargie se traduit en raréfaction des beaux exemplaires bien avant de se traduire en hausse visible des exemplaires moyens.

Cela étant dit, il faut rester honnête sur l'autre moitié du tableau. Sur le plan strictement éditorial, 1969 n'a pas fait de Sam Wilson une vedette. Il devient un second rôle régulier, puis le nom de la série est associé au sien au début des années 1970, et c'est tout. Pendant quarante ans, ce fascicule est resté une clé de connaisseur, pas une clé de marché.

Pourquoi la cote a décollé bien après la parution

L'inversion vient de l'écran. L'interprétation de Sam Wilson par Anthony Mackie, d'abord en second rôle au cinéma à partir de 2014, puis en tête d'affiche d'une série télévisée en 2021, puis dans un long métrage de 2025 où il porte le costume de Captain America, a fait basculer la demande d'un cercle de spécialistes vers le grand public. Entre-temps, Marvel avait déjà confié le bouclier au personnage dans ses fascicules au milieu des années 2010, ce qui a donné au public de cinéma un point d'ancrage papier immédiatement identifiable.

C'est un cas d'école de cote portée par l'adaptation plutôt que par le poids éditorial d'époque, et il faut en tirer une conséquence pratique. Les paliers de prix atteints par Captain America #117 se sont construits par marches, chaque annonce d'adaptation produisant une marche, et chaque marche étant suivie d'un reflux partiel une fois l'actualité passée. Acheter juste après une annonce coûte structurellement plus cher qu'acheter dans un creux. Sur ce titre précisément, l'historique montre que les creux existent.

Ce qui fait varier la cote : état, édition, distribution

Un fascicule Marvel de 1969 a été vendu en kiosque, sans réseau de boutiques spécialisées : le marché direct n'existait pas encore. Cela veut dire qu'aucun exemplaire n'a été mis de côté par un libraire en caisse scellée. Les beaux exemplaires de Captain America #117 sont des accidents de conservation, pas le résultat d'une réserve professionnelle, et c'est pourquoi le haut de la pyramide y est si étroit.

Les défauts typiques de cette période et de ce format sont connus : le pli de kiosque sur le dos, les agrafes rouillées par l'humidité, le jaunissement du papier qui était déjà de qualité médiocre, et les coins supérieurs écrasés par l'empilement. Sur cette couverture en particulier, les grands aplats colorés rendent chaque pli de lecture visible à plat, ce qui pénalise le grade plus durement qu'une couverture chargée en détails.

Côté édition, trois familles se distinguent sur le marché européen : l'exemplaire américain d'origine, l'exemplaire américain d'origine avec un prix en pence apposé pour la diffusion britannique, et les publications étrangères qui ont traduit l'épisode. Les deux premières sont des parutions de 1969 ; la troisième n'en est pas une, quelle que soit la qualité du papier.

Reconnaître une édition d'une autre

Commencez par le bloc de prix en couverture. Un exemplaire destiné au marché américain et un exemplaire destiné au marché britannique de la même impression ne portent pas la même indication : c'est le premier tri à faire, et il se fait sur une photographie nette du coin supérieur gauche. Demandez cette photographie avant toute discussion de prix.

Passez ensuite aux mentions légales en page intérieure. Un original de 1969 porte un ours qui mentionne cette année ; une réimpression ultérieure, une édition en recueil ou un facsimilé moderne portent une autre année, souvent accompagnée d'un numéro normalisé d'ouvrage qui n'existait pas sur un fascicule de kiosque de l'époque. Un facsimilé bien fait reproduit la couverture avec fidélité : la page de mentions est ce qui le trahit.

Troisième repère, les publicités. Un fascicule de kiosque de 1969 est truffé d'annonces commerciales de son époque, pour des articles vendus par correspondance et des titres de l'éditeur alors en cours de parution. Une édition de collection moderne n'en a pas, ou les reproduit en bloc à part, séparées du récit. Si les pages publicitaires sont absentes et le papier blanc, vous ne tenez pas un exemplaire de 1969.

Vous collectionnez cette série ?

Suivez ce que vous possédez, ce qu'il vous manque et ce que vaut votre collection. Essai de 7 jours.

Commencer mon essai →

Le costume sans ailes, votre meilleur repère

Le Faucon de septembre 1969 ne vole pas par lui-même. Il saute, il grimpe, il se sert de son rapace, et son costume n'a pas d'aile. Les ailes arrivent plus tard, au milieu des années 1970, par un harnais issu de la technologie wakandaise que lui fournit le Black Panther, et c'est cette silhouette ailée que l'écran a popularisée.

Pour vous, cet écart est un instrument de travail. Toute couverture, toute planche, toute image d'annonce où le personnage porte des ailes est postérieure à sa première apparition. C'est la manière la plus rapide d'écarter une annonce qui présente un fascicule des années 1970 en laissant croire à une première apparition, et c'est aussi la manière la plus rapide de dater une image que vous croisez sans légende.

Les pièges à l'achat

Le piège le plus courant est la confusion entre la première apparition du personnage et la première apparition de la version ailée, ou plus récemment de la version qui porte le bouclier. Trois jalons distincts, trois numéros distincts, trois niveaux de rareté très différents. Une annonce qui parle de « première apparition du Faucon » sans donner le numéro et la date de couverture mérite une question avant une offre.

Le deuxième piège tient à la restauration discrète. Sur un fascicule de 1969 à couverture colorée, un nettoyage de taches ou un recollage de dos peut passer inaperçu sur photographie. Le dos est à examiner en lumière rasante, et la rigidité du pli est un indice : un dos recollé est souvent plus raide que le reste du cahier.

Le troisième piège est l'exemplaire amputé. Les fascicules Marvel de cette période ont circulé entre des mains d'enfants, et les pages de jeux ou les bons de commande détachables ont souvent été découpés. Un cahier incomplet est disqualifié sur le plan de la notation, quel que soit l'aspect de la couverture. Vérifiez la pagination complète, pas seulement la présence des quatre pages de couverture.

Les numéros voisins qui comptent aussi

L'arc dans lequel s'inscrit le 117 s'étend sur plusieurs fascicules autour de lui, et les numéros immédiatement suivants contiennent les premières apparitions de soutien du personnage, celles où il prend son rôle d'allié régulier. Ces numéros se trouvent nettement plus facilement et dans de meilleurs états, pour une raison simple : personne ne les a cherchés pendant trente ans.

Dans la même logique, les fascicules où la série porte un titre associant les deux noms sont un bon terrain de chasse pour qui veut constituer un ensemble cohérent autour de Sam Wilson sans payer la prime de la première apparition. Le versant espionnage, avec les numéros où réapparaît le Soldat de l'Hiver, forme un second axe moins disputé.

Les sections de cette fiche, de la description du numéro aux pièges à l'achat

Ce que la notation change

Sur Captain America #117, l'encapsulage tiers a un effet asymétrique. Dans les grades hauts, il est devenu quasiment obligatoire pour accéder aux acheteurs qui ont découvert le personnage par l'écran et qui n'ont aucun moyen d'évaluer un papier de 1969 par eux-mêmes. Dans les grades bas, le coût de la prestation se rapporte mal à la valeur de l'objet, et un bel exemplaire décrit honnêtement, photographié correctement, se vend très bien sans boîtier.

Le point de bascule se situe là où un cran de grade modifie le prix plus fortement que le coût de la notation. Sur ce numéro, ce seuil est monté avec les adaptations : il était plus haut quand la demande venait des connaisseurs, il est descendu depuis que la demande vient du public. Évaluez-le au moment de vendre, pas au moment d'acheter, et ne faites jamais noter un exemplaire dont vous n'avez pas vérifié vous-même la pagination.

Suivre ce numéro dans une collection

Captain America #117 est typiquement le genre de ligne qu'on enregistre mal : le numéro élevé fait croire à une série ancienne, le titre a changé de nom en route, et la nature de l'apparition se confond avec deux autres jalons du même personnage. Dans votre inventaire, notez donc quatre champs plutôt qu'un : le titre exact du fascicule tel qu'imprimé, le numéro, la date de couverture de septembre 1969, et la nature précise de l'événement, à savoir la première apparition de Sam Wilson sous le costume sans ailes.

Ajoutez-y l'édition, américaine ou à prix en pence, et le détail d'état qui vous a décidé à l'acheter. Dans deux ans, quand une nouvelle adaptation relancera les recherches, c'est cette ligne précise qui vous dira si vous détenez l'exemplaire qui mérite d'être présenté ou celui qu'il faut garder pour la lecture. Le catalogue vous donnera les références ; votre fiche doit garder ce que le catalogue ne sait pas, c'est-à-dire l'état réel et l'origine de votre exemplaire.

Enfin, surveillez le calendrier des adaptations plutôt que les annonces de vente : sur ce fascicule, le creux entre deux actualités reste le seul moment d'achat durablement favorable. Les autres guides sont rassemblés sur l'index du blog.

Un exemplaire de septembre 1969, avec son prix d'origine en couverture et son dos intact, ne se juge pas sur une photographie de couverture seule : faites-le évaluer avant de fixer un prix.

Estimer mon comic

Questions fréquentes

Captain America #117, daté de septembre 1969, écrit par Stan Lee et dessiné par Gene Colan. Sam Wilson y reçoit son nom de code, son costume et son rapace dans le même fascicule. Attention à ne pas le confondre avec les numéros plus tardifs où il apparaît avec des ailes, ni avec ceux, bien plus récents, où il porte le bouclier de Captain America.

Parce que le harnais ailé n'existe pas encore en 1969. Le personnage est alors un combattant au sol qui agit avec son oiseau dressé. Les ailes lui sont fournies au milieu des années 1970 par le Black Panther, à partir de technologie wakandaise. Cette différence de costume est le repère le plus sûr pour dater une image ou une couverture du personnage.

Parce que la numérotation ne recommence pas à 1. Le titre solo reprend le compteur de la revue d'anthologie qui hébergeait le héros, et son premier fascicule porte le numéro 100, en 1968. Le 117 n'est donc que la dix-huitième parution de la série sous son propre nom, ce qui explique qu'elle paraisse plus ancienne qu'elle ne l'est réellement.

En partie seulement. Son importance dans l'édition américaine de 1969 est réelle et documentée, mais elle n'a pas fait sa cote pendant quarante ans. Ce sont les adaptations à l'écran, à partir de 2014 puis en 2021 et 2025, qui ont élargi la demande au grand public. La cote actuelle reflète surtout cette notoriété récente.

Par les pages intérieures, jamais par la couverture, qu'un facsimilé reproduit fidèlement. L'ours en page intérieure doit mentionner 1969, le papier doit être le papier jauni du kiosque, et les publicités d'époque doivent être présentes dans le cahier. Un papier blanc, l'absence d'annonces et un numéro normalisé d'ouvrage désignent une réédition.