Une série en prises de vues réelles intitulée Clone Saga est en développement autour de Ben Reilly et Kaine Parker, avec Kelvin Yu comme responsable d'écriture, destinée à MGM+ puis Prime Video. Au 2 octobre 2026, il n'y a ni date, ni casting, ni commande de saison annoncée publiquement : tout le reste relève de la rumeur. Côté papier, les repères sont en revanche nets. Le clone de Peter Parker naît dans Amazing Spider-Man #147 à #149 (août à octobre 1975). Il devient Ben Reilly en 1994 : la saga s'ouvre dans Web of Spider-Man #117 (octobre 1994), le nom apparaît dans Spider-Man #51, le costume de Scarlet Spider dans Web of Spider-Man #118 (novembre 1994). Kaine, lui, a une seule première apparition : Web of Spider-Man #119 (décembre 1994).
Il existe deux façons de lire une annonce de série télévisée quand on collectionne. La première consiste à acheter immédiatement les numéros où apparaissent les personnages concernés, en pariant sur la vague de curiosité qui suivra la diffusion. La seconde consiste à vérifier d'abord ce qui est réellement confirmé du projet, puis à regarder si les numéros en question sont rares, abondants, ou simplement mal identifiés sur le marché de l'occasion. Dans le cas de Ben Reilly et de Kaine Parker, la seconde lecture est particulièrement utile, parce que la majorité des désaccords entre acheteurs et vendeurs ne portent pas sur la cote mais sur une question bien plus simple : quel fascicule contient quoi.
Cet article sépare donc ce qui est établi de ce qui est supposé au sujet de la série Clone Saga, puis reconstitue la chronologie éditoriale des deux clones, de 1975 à 2025, en nommant pour chaque étape le fascicule exact, sa date de couverture et ce qu'il contient. Aucune cote, aucun montant : au 2 octobre 2026, aucune source consultable ne publie de relevé de prix daté sur ces numéros, et annoncer un chiffre serait l'inventer.
La série Clone Saga : ce qui est confirmé, et ce qui ne l'est pas
Commençons par le périmètre exact de l'information disponible au 2 octobre 2026. Un projet de série en prises de vues réelles portant le titre Clone Saga est en développement. Son centre de gravité annoncé est le duo formé par Ben Reilly et Kaine Parker, c'est-à-dire les deux clones issus des travaux de Miles Warren, et non Peter Parker lui-même. Kelvin Yu en est le responsable d'écriture. Le circuit de diffusion prévu passe par MGM+, puis par Prime Video.
Voilà pour les faits. Maintenant la liste, plus longue, de ce qui n'est pas établi : aucune date de tournage, aucune date de diffusion, même approximative, aucun nom d'interprète, aucun nombre d'épisodes, aucune indication sur la période dans laquelle se déroulerait le récit, et aucune confirmation que le projet dépassera le stade du développement. Un développement n'est pas une commande, et une commande n'est pas une diffusion. Cette distinction paraît scolaire tant qu'on ne l'a pas payée.
Un point de calendrier mérite d'être posé : une convention majeure se tient du 8 au 11 octobre 2026, avec des panels programmés. Des annonces y sont attendues, mais rien n'y a été dit au moment où ces lignes sont écrites. Si vous lisez bientôt qu'un élément de la série a été « annoncé en convention », vérifiez la date de publication avant d'en tirer une conclusion d'achat.
Le précédent de 2026, sur les mêmes plateformes
Il se trouve qu'une autre série Spider-Man en prises de vues réelles a suivi exactement ce chemin de diffusion cette année, et son sort est instructif. Spider-Noir, huit épisodes, développée par Oren Uziel avec Steve Lightfoot comme co-responsable d'écriture, a été diffusée sur MGM+ le 25 mai 2026, puis mise à disposition mondialement sur Prime Video le 27 mai 2026. Le récit se déroulait dans un New York des années 1930, et le nom du personnage interprété par Nicolas Cage était précisément Ben Reilly, sous l'identité du Spider. En septembre 2026, la série a été arrêtée au terme de cette unique saison.
Deux enseignements en découlent. Le premier est prudent : une diffusion mondiale sur une grande plateforme, avec une tête d'affiche de ce calibre, n'a pas suffi à garantir une deuxième saison. Un projet encore en développement, sans date ni casting, part de bien plus loin. Les achats faits aujourd'hui sur la seule foi de l'annonce reposent sur une hypothèse à deux étages : que la série existe, et qu'elle rencontre son public.
Le second concerne le nom lui-même. Ben Reilly a servi en 2026 à désigner un personnage qui n'était ni un clone, ni un habitant de l'univers principal. Le nom est devenu une étiquette autonome, détachable de la Saga du Clone, exactement comme le costume de Scarlet Spider l'avait été avant lui. Une apparition du nom à l'écran ne pointe donc pas forcément vers un fascicule précis.
Ben Reilly a trois « premières apparitions », et c'est la source de tous les malentendus
Le personnage a été construit en deux temps séparés par dix-neuf ans, et la fabrication de son identité en 1994 s'est étalée sur trois fascicules de séries différentes publiés en deux mois. Résultat : quatre numéros peuvent légitimement être présentés comme importants, et chacun peut être présenté abusivement comme « la » première apparition.
Amazing Spider-Man #147 à #149
C'est ici que le clone de Peter Parker est introduit, au terme d'un arc qui court sur Amazing Spider-Man #141 à #151 et inclut Giant-Size Spider-Man #5. Le personnage n'y porte aucun nom propre et n'a aucun costume distinct : il est le clone, point. Le dénouement se situe dans le #149, daté d'octobre 1975. Ce numéro est le véritable point de départ de tout ce qui suivra, et il appartient à une période de production bien plus faible que celle des années 1990.
Web of Spider-Man #117
C'est ce fascicule qui lance officiellement la Saga du Clone des années 1990, dans la série Web of Spider-Man, et non dans la série principale. Le projet éditorial avait été proposé par Terry Kavanagh. Beaucoup d'annonces de vente le présentent comme la première apparition de Ben Reilly, ce qui est une approximation : le personnage réapparaît ici, mais ni son nom ni son costume n'y sont fixés.
Spider-Man #51
C'est dans ce numéro que le personnage reçoit le nom sous lequel il est connu depuis, Ben Reilly, formé du prénom de l'oncle de Peter Parker et du nom de jeune fille de sa tante. Ce détail est la raison pour laquelle deux vendeurs de bonne foi peuvent présenter deux fascicules différents comme le point d'entrée du personnage, à un mois d'intervalle.
Web of Spider-Man #118
C'est ici qu'apparaît pour la première fois le costume de Scarlet Spider, dessiné par Tom Lyle : la tunique rouge sans manches portée par-dessus la combinaison bleue, avec les lance-toiles portés à l'extérieur. Cette silhouette a durablement marqué le design de personnages chez l'éditeur, et c'est elle que le public reconnaît, bien avant le visage ou le nom.
Kaine Parker : une chronologie beaucoup plus simple
Par contraste, Kaine ne pose aucun problème d'identification. Il apparaît pour la première fois dans Web of Spider-Man #119, daté de décembre 1994, créé par Terry Kavanagh au scénario et Steven Butler au dessin. Il est présenté comme un clone antérieur et raté, dont la dégénérescence cellulaire est à la fois la malédiction et le moteur dramatique. Un seul numéro, une seule date, un seul duo de créateurs : sur Kaine, il n'y a pas d'ambiguïté à exploiter, donc moins de risque de payer un numéro pour ce qu'il n'est pas.
Son parcours ultérieur est en revanche plus accidenté que celui de Ben Reilly. Trois étapes comptent.
La mutation en Tarantula. Le Jackal pousse plus loin la transformation du personnage, qui apparaît sous cette forme à partir d'Amazing Spider-Man #637, daté de septembre 2010. C'est le numéro le plus souvent oublié de sa chronologie.
La reprise du costume de Scarlet Spider. Elle se joue autour de l'arc Spider-Island, avec une présentation dans le fascicule collectif Marvel Point One de novembre 2011, puis une série propre : Scarlet Spider volume 2, de janvier 2012 à décembre 2013, vingt-six numéros, écrits par Christopher Yost et dessinés par Ryan Stegman, avec Houston pour décor. Le premier numéro dépasse les cinquante mille exemplaires vendus, puis la série se stabilise autour de vingt-deux mille vers le milieu de 2013. Ces deux chiffres disent l'essentiel : la série n'a jamais été un phénomène, et ses fascicules ont donc été imprimés en quantités modestes pour l'époque.
L'intégration à une équipe. Kaine rejoint les New Warriors dans le premier numéro du volume 5, daté de février 2014, puis participe aux grands croisements arachnéens de la décennie. Son passage à l'écran a d'ailleurs déjà eu lieu discrètement : le personnage figure dans le long métrage d'animation sorti en 2023.
Les numéros charnières de la saga des années 1990
Entre l'ouverture de 1994 et la conclusion de 1996, la saga s'étend sur plus de deux ans et quatre séries mensuelles qui se répondent. Elle devait durer quelques mois. Les ventes soutenues ont poussé l'éditeur à la prolonger, ce qui explique sa réputation d'arc interminable et, accessoirement, le volume considérable de fascicules imprimés sur la période. Quatre moments structurent l'ensemble.
Spectacular Spider-Man #226, juillet 1995
Conclusion de l'arc du procès de Peter Parker, et renversement central de toute la saga : le personnage apprend qu'il serait lui-même le clone, et Ben Reilly l'original. Cette révélation sera inversée plus tard, mais c'est elle qui fait de la Saga du Clone autre chose qu'un feuilleton de substitution.
Amazing Spider-Man #400, avril 1995
Un des rares récits autonomes de la période, et le plus lourd émotionnellement : la mort de Tante May. Elle sera révélée comme truquée par la suite dans la continuité principale, mais elle reste effective dans une continuité parallèle de l'éditeur. C'est le numéro de la période que les lecteurs non collectionneurs citent le plus souvent.
Maximum Clonage, puis Sensational Spider-Man #0, janvier 1996
Le croisement Maximum Clonage, encadré par deux fascicules spéciaux, devait clore la saga et ne l'a pas fait. C'est Sensational Spider-Man #0 qui marque le vrai basculement : Ben Reilly trouve un nouveau costume, prend le relais comme Spider-Man en titre et mène une vie autonome. Pendant près d'un an, le personnage principal des séries n'est plus Peter Parker.
Spider-Man #75, décembre 1996
Conclusion de l'arc Revelations et de la saga entière, avec la révélation de Norman Osborn comme instigateur et la mort de Ben Reilly. Le retour à l'état initial est complet. C'est le fascicule de clôture, et il est au moins aussi important que celui d'ouverture, ce que les listes de numéros clés oublient régulièrement.
Une remarque matérielle vaut pour toute cette période : beaucoup de ces fascicules portent des couvertures métallisées, prismatiques, lenticulaires ou à double volet, et ces procédés vieillissent mal. Avant d'envisager une gradation, lisez notre guide sur la notation CGC : sur ces couvertures, la différence entre deux grades voisins se joue sur des défauts invisibles à bout de bras.
Les deux retours : 2016 et la décennie suivante
Ben Reilly est resté mort vingt ans, ce qui est une durée considérable pour un personnage de cette importance. Son retour s'est fait en trois mouvements, et chacun a produit des fascicules que la série télévisée pourrait remettre en circulation.
Le croisement de 2016 et 2017. Dans The Clone Conspiracy #3, daté de décembre 2016, le personnage réapparaît sous l'identité du Jackal. Le ressort est brutal : il a été tué et ressuscité à répétition pendant la mise au point du procédé de clonage, et il en est sorti autre. C'est une façon de ramener un mort sans annuler sa mort.
Sa propre série. Ben Reilly: Scarlet Spider, écrite par Peter David, court sur vingt-cinq numéros, d'avril 2017 à octobre 2018. Pour un personnage absent depuis vingt ans, une série de deux ans est un résultat solide, et le meilleur indicateur disponible de sa base de lecteurs.
L'ère Beyond et l'identité de Chasm. C'est la séquence la plus importante pour comprendre le personnage tel qu'il existe aujourd'hui. Ben Reilly reprend le rôle de Spider-Man dans Amazing Spider-Man volume 5, de son numéro 74 daté de novembre 2021 à son numéro 86 daté de mars 2022. Sa mémoire est altérée par ses commanditaires. À l'issue de l'arc, dans le numéro 93 daté de mars 2022, il bascule et devient le personnage de Chasm. Le croisement Dark Web, à l'hiver 2022 et 2023, l'emmène dans la dimension de Limbo aux côtés de Madelyne Pryor, avec un objectif explicite : s'en prendre à l'âme de Peter Parker.
Enfin, une mini-série de quatre numéros intitulée Chasm: Curse of Kaine met les deux clones face à face. Son recueil, paru en juin 2025, l'accompagne d'un numéro de Web of Spider-Man daté de 2024. C'est le point le plus récent de la chronologie commune aux deux personnages, et le moins connu : si une adaptation relance l'intérêt, c'est le genre de fascicule récent et peu tiré que l'on ne retrouve plus en rayon.
Que faire de tout cela, concrètement
Trois principes, dans l'ordre d'importance.
Achetez le fascicule que vous avez identifié, pas celui que l'annonce décrit. Sur ces deux personnages, la confusion entre Web of Spider-Man #117, Spider-Man #51 et Web of Spider-Man #118 est la première cause d'achat regretté. Vérifiez le numéro, la série et la date de couverture. Les trois ensemble, jamais un seul des trois.
Tenez compte du tirage de l'époque. Les fascicules de 1994 à 1996 ont été imprimés pendant une période de surproduction, puis conservés en masse par des acheteurs qui pensaient précisément faire un placement. Les exemplaires existent donc en grand nombre, y compris en bel état. À l'inverse, le #149 de 1975, les numéros de la série de 2012 et la mini-série de 2024 relèvent de contextes de production beaucoup plus étroits. La rareté relative ne suit pas l'ordre d'importance narrative, et c'est là que les erreurs se font.
Faites l'inventaire avant d'acheter. Sur un arc réparti sur quatre séries mensuelles, personne ne retient de mémoire ce qu'il possède. Un suivi numéro par numéro et une liste de numéros manquants transforment une chasse approximative en course courte, et notre estimation gratuite dit rapidement ce que vaut l'existant.
Pour le reste, la règle qui s'applique à toutes les adaptations tient en une phrase : ce qui prend durablement de la valeur, ce n'est pas l'annonce, c'est ce qui survit à la diffusion. Le cas de cette année, sur ces mêmes plateformes, vient de le rappeler. Pour replacer ces deux clones dans l'ensemble du décor, nos pages sur Spider-Man, sur l'histoire du personnage en comics et sur les numéros clés de la Saga du Clone prennent le relais.