Pour lire Alan Scott dans l'ordre, partez d'All-American Comics #16 (juillet 1940), puis de la série Green Lantern lancée en 1941, parallèlement à All-Star Comics et à la Justice Society. Poursuivez avec Justice League of America #21 et #22 (1963), le revival d'All-Star Comics en 1976, All-Star Squadron et Infinity, Inc., puis JSA (1999), Earth 2 (2012) et Alan Scott: The Green Lantern (2023).
Alan Scott est le premier Green Lantern, et sa bibliographie ne ressemble en rien à celle de Hal Jordan : pas de grande série continue, mais un personnage qui disparaît, ressurgit sur une autre Terre, change d'éditeur de références et de statut au fil des refontes de l'univers DC. Chercher « le » bon ordre de lecture revient donc à choisir une logique : l'ordre de publication, l'ordre du récit ou le parcours le plus court. Ce guide suit l'ordre de publication, le seul qui reste stable d'une réédition à l'autre.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Avant de commencer : qui est Alan Scott ?
Juillet 1940, All-American Comics #16 : Bill Finger écrit, Martin Nodell dessine, et le kiosque découvre un ingénieur doté d'une lanterne verte. C'est un ingénieur qui trouve une lanterne verte à l'origine mystérieuse et en tire un anneau, dont le pouvoir était à l'époque d'ordre magique et non technologique. Hal Jordan, lui, n'arrive que dans Showcase #22 en octobre 1959, avec une origine de science-fiction : les deux hommes ne partagent ni le même univers narratif au départ, ni la même famille de personnages. Pour ces deux numéros fondateurs, reportez-vous à l'article dédié à la première apparition de Green Lantern ; nous traitons ici tout ce qui se publie ensuite.
Un point de méthode avant d'entrer dans le détail. Beaucoup de lecteurs cherchent « Green Lantern Alan Scott » en pensant à une série unique qu'on pourrait lire d'une traite. Elle n'existe pas : la bibliographie est éclatée entre des anthologies des années 1940, des séries d'équipe, des mini-séries rétrospectives et quelques relances. Les sept étapes ci-dessous ne sont donc pas des tomes à enchaîner de force, mais des stations ; vous pouvez en sauter plusieurs sans perdre le fil.
Étape 1 : All-American Comics, à partir du #16 (1940-1948)
La première station est évidente : All-American Comics #16, de juillet 1940. Alan Scott y reçoit son anneau et son costume, et la série d'anthologie d'All-American Publications l'accueille ensuite comme l'un de ses héros réguliers. La suite de ses aventures dans ce titre court jusqu'à la fin des années 1940 : sa dernière apparition y tombe dans le #102, en 1948, dernier numéro avant que le titre devienne All-American Western, ce qui donne une durée de près de huit ans au même rendez-vous mensuel.
Que retenir de cette période ? D'abord le dessin de Martin Nodell, qui fixe le costume et la silhouette de la lanterne comme repères visuels. Ensuite, un détail de règles qui explique bien des intrigues : l'anneau du Golden Age est sans effet sur le bois, un point faible exploité de façon récurrente par les adversaires du personnage. Enfin, le ton : des récits courts où le héros enquête autant qu'il se bat. C'est une lecture d'historien, pas une lecture de confort, et la plupart des lecteurs d'aujourd'hui la découvrent en recueil d'archives plutôt qu'en fascicules d'époque.
Étape 2 : Green Lantern, série de 1941, #1 à #38 (1941-1949)
Le succès du personnage lui vaut sa propre série dès 1941. Cette série Green Lantern compte trente-huit numéros et s'arrête en 1949, ce qui en fait sa seule série solo avant 2023. Elle ne se lit pas après All-American Comics mais en même temps : les deux publications courent côte à côte, et les récits ne forment pas une chronologie continue.
Pour un lecteur moderne, c'est la station la moins urgente. Les trente-huit numéros répètent un schéma de récits indépendants, sans arcs longs, et l'intérêt tient surtout à ce que la série dit de son époque : un super-héros qui s'adapte à la fin de la guerre, puis à un marché où le genre s'essouffle. Si vous voulez ne lire qu'un échantillon, choisissez un recueil d'archives et arrêtez-vous après quelques histoires ; vous aurez compris le registre. Pour les collectionneurs de fascicules, c'est au contraire la partie la plus rare de la bibliographie, avec des numéros fragiles dont l'état conditionne l'intérêt.
Étape 3 : All-Star Comics et la Justice Society, du #3 au #57 (1940-1951)
L'entrée d'Alan Scott dans la Justice Society of America a lieu au #3 d'All-Star Comics, à l'hiver 1940. C'est dans ce titre qu'il passe l'essentiel de sa vie éditoriale : il y reste l'un des piliers de l'équipe. Son dernier épisode du Golden Age figure dans All-Star Comics #57, en 1951, au moment où le genre super-héroïque s'efface des kiosques.
Cette station est la plus riche pour comprendre le personnage : le Green Lantern de la Justice Society est un coéquipier, pas un héros isolé, et ses relations avec les autres membres sont l'ossature de tout ce qui suivra. Lire All-Star Comics en continu serait pourtant excessif. Une approche raisonnable consiste à choisir quelques histoires de groupe, notamment autour de l'arrivée d'Alan Scott, puis à passer à la suite : les relectures modernes de la Justice Society, notamment aux étapes 5 à 7, reprennent ces bases avec plus d'élan.
Étape 4 : Le retour d'Earth-Two, Justice League of America #21 et #22 (1963)
Après 1951, la Justice Society disparaît pour plus d'une décennie. Elle revient dans Justice League of America #21, daté d'août 1963 : Gardner Fox écrit, Mike Sekowsky dessine, Bernard Sachs encre, et Julius Schwartz édite. L'histoire s'intitule « Crisis on Earth-One! », et sa seconde partie, dans le #22, « Crisis on Earth-Two! ». Les deux équipes, celle d'Earth-One et celle de la Justice Society, se rencontrent pour la première fois et échangent leurs mondes. Dans le #21, Alan Scott fait partie des invités de la Justice Society, aux côtés notamment de Doctor Fate, Hourman, Hawkman, de l'Atom et de Black Canary.
C'est ici que naît l'idée d'une Terre parallèle où les héros des années 1940 ont vieilli, ce qui sera la grande convention des années suivantes : Hal Jordan sur Earth-One, Alan Scott sur Earth-Two. Cette rencontre se lit en deux numéros, que l'on trouve dans des recueils dédiés aux premières rencontres entre les deux équipes (le volume Crisis on Multiple Earths réunit ces histoires). Pour comprendre le principe d'équipe, notre guide sur la lecture de la Justice League donne le contexte de la série mère.
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Étape 5 : Le revival des années 1970, All-Star Comics #58 à #74 et Adventure Comics #461 à #466 (1976-1979)
En 1976, DC relance All-Star Comics avec le numéro 58 : l'ancienne numérotation reprend, et la Justice Society retrouve ses lecteurs. Gerry Conway ouvre le cycle, Paul Levitz écrit ensuite les numéros #63 à #74, et Joe Staton et Bob Layton assurent le dessin du #66 au #72. La série s'arrête avec le #74, victime de la « DC Implosion » de 1978, et la Justice Society est reprise dans Adventure Comics du #461 au #466.
Pour quelqu'un qui n'a jamais ouvert un fascicule antérieur à 1960, cette étape est la porte d'entrée la plus douce. Les dix-sept numéros d'All-Star Comics se lisent comme une saison de télévision : une équipe, des menaces récurrentes, un fil dramatique de numéro en numéro. Ils existent dans un recueil intitulé All Star Comics: Only Legends Live Forever, qui rassemble les numéros #58 à #74, un numéro de DC Comics Special et les six parutions d'Adventure Comics. Pour situer cette décennie dans la vie des séries Green Lantern, la page consacrée à Green Lantern #76 décrit la période Hal Jordan qui lui est contemporaine.
Étape 6 : Les années 1980, All-Star Squadron #1 à #67 et Infinity, Inc. (1981-1988)
Le début des années 1980 replace les héros de la Justice Society dans leur décennie d'origine. All-Star Squadron, lancée en septembre 1981 par Roy Thomas, dure soixante-sept numéros jusqu'en mars 1987, avec Rich Buckler et Jerry Ordway parmi les dessinateurs. Elle montre les héros de l'époque de la Seconde Guerre mondiale, Alan Scott compris, dans une grande fresque d'équipe. C'est dans le #25, daté de septembre 1983, qu'apparaissent Jade et Obsidian, les jumeaux d'Alan Scott et de Rose Canton, créés par Roy Thomas et Jerry Ordway.
Ces deux personnages portent la série suivante, Infinity, Inc., publiée de mars 1984 à juin 1988 en cinquante-trois numéros, écrite par Roy Thomas avec Dann Thomas. Alan Scott y tient la place d'un parent qui regarde ses enfants prendre le relais. Le one-shot Last Days of the Justice Society of America (1986) referme ensuite l'histoire de l'Earth-Two classique, au moment où DC fusionne ses univers parallèles. Si vous ne devez lire qu'une chose de cette période, choisissez Infinity, Inc. : c'est là que le personnage change de rôle, de héros de première ligne à patriarche.
Étape 7 : Des années 1990 à aujourd'hui, de JSA à Alan Scott: The Green Lantern (1992-2024)
La Justice Society est relancée après la grande refonte de l'univers DC. Une série Justice Society of America paraît en 1992-1993 et s'arrête au dixième numéro. Le vrai retour date d'août 1999 avec JSA, qui dure quatre-vingt-sept numéros jusqu'en septembre 2006 : David S. Goyer et James Robinson l'ouvrent avec Stephen Sadowski au dessin, et Geoff Johns prend la suite de l'écriture. Alan Scott y figure parmi les membres historiques ; la page sur l'univers de Geoff Johns et le guide par où commencer avec Geoff Johns aident à situer cette série dans son œuvre.
En 2012, Earth 2 #1 (mai 2012), écrit par James Robinson avec Nicola Scott au dessin, réinvente le personnage sur un monde parallèle. Alan Scott y est présenté comme un patron de médias, et la série en fait un héros homosexuel, ce qui marque une rupture nette avec les versions antérieures. Enfin, Alan Scott: The Green Lantern, mini-série en six numéros écrite par Tim Sheridan et dessinée par Cian Tormey (2023-2024), est sa première série solo depuis celle de 1941 à 1949. Elle fait partie de l'initiative The New Golden Age pilotée par Geoff Johns : c'est la porte d'entrée récente la plus lisible, mais elle se goûte mieux quand on connaît déjà les étapes précédentes.
Fascicules ou recueils : comment le lire
La question se pose différemment selon l'étape. Côté années 1940, les fascicules d'origine exigent des précautions : le papier brunit, les dos cèdent, et bien des couvertures ont été restaurées. Pour lire, un volume d'archives suffit largement, et vous évite d'exposer un exemplaire rare à des manipulations répétées. Pour la Justice Society de 1963, Crisis on Multiple Earths évite de chercher deux fascicules séparés.
À partir de 1976, le choix s'inverse : le volume Only Legends Live Forever couvre l'essentiel du revival, et les fascicules d'All-Star Comics #58 à #74 se rencontrent à des états variés. Pour JSA (1999) et ses suites, les recueils par cycles sont la voie naturelle, tandis que Earth 2 et la mini-série de 2023 se lisent aussi bien en six ou douze fascicules qu'en volumes. Pour un guide général sur cette distinction, la page sur les collections de l'âge d'or en donne la méthode. Notre conseil de collectionneur reste simple : lisez en recueil, achetez en fascicule seulement ce qui compte pour vous, et ne payez jamais un numéro avant d'avoir identifié ce qu'il apporte au personnage.
Récapitulatif : l'ordre complet
- All-American Comics #16 (juillet 1940), puis les aventures du personnage dans ce titre jusqu'en 1948.
- Green Lantern (1941), trente-huit numéros jusqu'en 1949.
- All-Star Comics, de l'arrivée dans la Justice Society (#3) au #57 (1951).
- Justice League of America #21 et #22 (1963), le retour d'Earth-Two.
- All-Star Comics #58 à #74 (1976-1978) et Adventure Comics #461 à #466.
- All-Star Squadron (1981-1987) et Infinity, Inc. (1984-1988).
- JSA (1999-2006), Earth 2 #1 (2012), puis Alan Scott: The Green Lantern (2023-2024).
Ce parcours ne cherche pas l'exhaustivité : il laisse de côté les annuals, les mini-séries spéciales et les apparitions ponctuelles du personnage dans les crossovers. Si vous voulez les croiser avec la série de Hal Jordan, le guide sur les meilleurs runs de Green Lantern propose une lecture complémentaire.
Questions fréquentes
Si vous visez l'histoire du personnage, ouvrez All-American Comics #16 (juillet 1940), signé Bill Finger et Martin Nodell. Pour une lecture agréable aujourd'hui, le revival de la Justice Society dans All-Star Comics #58 à #74 (1976-1978), ou la mini-série Alan Scott: The Green Lantern (2023-2024), conçue pour le grand public.
Non. Alan Scott porte une lanterne d'origine magique dès 1940, alors que Hal Jordan, présenté dans Showcase #22 en 1959, relève de la science-fiction. Les deux lignées cohabitent depuis Justice League of America #21 et #22 (1963), qui les range sur deux Terres distinctes.
Non, l'ordre est libre. Les histoires d'Alan Scott se lisent sans connaître Hal Jordan, hormis les rencontres entre équipes à partir de 1963. Inversement, la série de Hal Jordan ne demande aucune lecture préalable d'Alan Scott. Choisissez selon l'époque qui vous attire plutôt que selon une hiérarchie des personnages.
Aucune série ne réunit tout. Il a eu sa propre série Green Lantern de 1941 à 1949, puis une mini-série en six numéros en 2023-2024, mais l'essentiel de sa bibliographie se trouve dans des titres d'équipe comme All-Star Comics, All-Star Squadron et JSA.
Pas pour lire seulement. Les recueils d'archives et les volumes rétrospectifs couvrent l'essentiel, et préservent les exemplaires fragiles de 1940 à 1951. Le fascicule d'origine répond à un projet de collection : posséder le numéro lui-même, en connaissant son état et son tirage.
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