Watchmen est une série limitée de 12 numéros publiée par DC Comics entre septembre 1986 et octobre 1987, écrite par Alan Moore et dessinée par Dave Gibbons (coloriste : John Higgins). Inspirée des personnages Charlton Comics rachetés par DC, la série déconstruit le mythe du super-héros dans une uchronie où Nixon est toujours président en 1985. C'est le seul graphic novel figurant dans la liste des 100 meilleurs romans de tous les temps du magazine TIME (2005). Le trade paperback compilant les 12 numéros est le graphic novel le plus vendu de l'histoire, avec plus de 10 millions d'exemplaires écoulés. Un exemplaire du #1 en CGC 9.8 se négocie aujourd'hui entre 2 500 et 4 500 dollars.
Dans l'histoire du comics américain, il existe un avant et un après Watchmen. Avant septembre 1986, le super-héros était un genre codifié, destiné à un public adolescent, régi par le Comics Code Authority et ses interdits moraux. Après octobre 1987, quand le douzième et dernier numéro sort en kiosque, plus rien ne sera pareil. Alan Moore et Dave Gibbons ont prouvé qu'un comic book pouvait être de la littérature — avec une structure narrative en miroir, des symboles récurrents (l'horloge, le smiley ensanglanté, les citations littéraires en fin de chapitre), une grille de neuf cases par page d'une rigueur absolue, et des personnages dont la complexité psychologique n'avait aucun équivalent dans le médium.
Ce guide retrace la naissance de Watchmen, de l'acquisition des personnages Charlton par DC jusqu'à la publication du dernier numéro, donne la liste complète des 12 issues originales avec leurs key issues et valeurs de marché, et couvre l'ensemble des suites et extensions : Before Watchmen (2012), Doomsday Clock (2017-2019), la série HBO (2019) et son impact sur le marché du back issue. À la fin de cette lecture, vous saurez exactement quoi chercher, quoi acheter en priorité, et comment structurer une collection Watchmen rigoureuse.
La genèse de Watchmen : les personnages Charlton et la vision de Moore (1983-1985)
Pour comprendre comment Watchmen est né, il faut remonter à 1983. DC Comics vient de racheter le catalogue de Charlton Comics, éditeur de second rang basé à Derby (Connecticut), en faillite progressive depuis la fin des années 70. Dans le lot se trouvent des personnages créés dans les années 60 par des auteurs comme Steve Ditko et Joe Gill : Captain Atom (1960), Blue Beetle / Ted Kord (1966), The Question (1967, créé par Ditko), Nightshade (1966), Thunderbolt / Peter Cannon (1966) et Peacemaker (1966). DC prévoit d'intégrer ces héros dans son univers lors de Crisis on Infinite Earths (1985-1986).
Alan Moore, scénariste britannique de 30 ans qui vient de révolutionner Swamp Thing pour DC depuis 1984, propose un projet radical : utiliser les personnages Charlton pour raconter une histoire de super-héros réaliste, sombre, dans laquelle les masques sont des êtres humains brisés, violents, paranoïaques ou impuissants. Sa proposition initiale, intitulée "Who Killed the Peacemaker?", est un récit de meurtre qui aurait laissé plusieurs personnages morts ou inutilisables.
Dick Giordano, éditeur en chef de DC et ancien de Charlton, refuse : il vient de payer ces personnages et ne veut pas les voir détruits dans leur première grande apparition DC. Il suggère à Moore de créer des analogues originaux, inspirés des archétypes Charlton mais suffisamment distincts pour être sacrifiés. Moore accepte, et ce refus éditorial se révélera providentiel : libéré de la continuité DC, Moore peut pousser sa déconstruction beaucoup plus loin.
Les correspondances Charlton → Watchmen
Chaque personnage de Watchmen est un miroir déformé d'un héros Charlton, amplifié par les obsessions thématiques de Moore :
- The Comedian / Edward Blake → Peacemaker (Christopher Smith). L'idéalisme pacifiste est inversé en cynisme nihiliste. Blake est un agent gouvernemental violent qui incarne le pire de la politique étrangère américaine.
- Dr. Manhattan / Jon Osterman → Captain Atom (Allen Adam). Le scientifique désintégré puis reconstitué devient un être quantique dont la perception du temps est non linéaire — le chapitre 4, "Watchmaker", est considéré comme l'un des plus grands chapitres jamais écrits en comics.
- Nite Owl II / Dan Dreiberg → Blue Beetle / Ted Kord. L'inventeur gadgetier devient un homme d'âge moyen en surpoids, impuissant sans son costume, nostalgique d'un héroïsme révolu.
- Rorschach / Walter Kovacs → The Question (Vic Sage, Steve Ditko). Le justicier objectiviste de Ditko est poussé dans ses extrêmes logiques : un sociopathe obsessionnel, incapable de compromis, dont le masque à taches d'encre symétriques reflète une vision morale en noir et blanc absolu.
- Ozymandias / Adrian Veidt → Thunderbolt / Peter Cannon. Le génie athlétique inspiré des disciplines orientales devient le "homme le plus intelligent du monde", dont l'utilitarisme froid justifie un génocide calculé.
- Silk Spectre II / Laurie Juspeczyk → Nightshade (Eve Eden). L'héroïne héritière d'un legacy familial devient une femme piégée entre deux générations, cherchant à exister hors de l'ombre de sa mère.
Le rôle de Dave Gibbons : Si Moore est le cerveau narratif, Dave Gibbons est l'architecte visuel sans lequel Watchmen n'existerait pas sous cette forme. C'est Gibbons qui impose la grille stricte de 9 cases (3×3) par page, créant un rythme visuel mécanique comme une horloge — métaphore centrale de l'œuvre. Le coloriste John Higgins complète le trio avec une palette volontairement terne, anti-héroïque, qui tranche avec les couleurs vives des comics DC de l'époque.
La publication des 12 numéros (septembre 1986 – octobre 1987)
Watchmen sort sous le label DC Comics, en format prestige : couverture cartonnée, papier de meilleure qualité que le standard newsstand, et absence du sceau Comics Code Authority — une première pour une série DC majeure. La publication s'étale sur 14 mois, de septembre 1986 à octobre 1987, avec quelques retards entre les derniers numéros.
Chaque numéro suit une structure identique : l'histoire principale (dessinée par Gibbons), suivie d'un appendice en prose qui enrichit l'univers — extraits du livre autobiographique d'Hollis Mason (Under the Hood), rapports psychiatriques, articles de presse fictifs, dossiers militaires. Cette double narration, unique en 1986, donne à Watchmen une profondeur documentaire qui amplifie le réalisme. Le dernier numéro (#12) ne contient pas d'appendice, signalant la fin de toute illusion.
La liste complète des 12 numéros originaux
Watchmen #1 — "At Midnight, All the Agents…"
Première apparition de tous les personnages principaux : Rorschach, Nite Owl II, Dr. Manhattan, Silk Spectre II, Ozymandias, le Comedian (en cadavre). Le numéro ouvre sur la célèbre image du smiley ensanglanté dans le caniveau et la voix off du journal de Rorschach. Appendice : premiers chapitres de Under the Hood d'Hollis Mason. C'est le numéro le plus recherché de la série.
Watchmen #2 — "Absent Friends"
Flashbacks sur la vie du Comedian : guerre du Vietnam, relation avec les Minutemen, tentative de viol sur Sally Jupiter (Silk Spectre I). Première apparition en flashback des Minutemen (équipe des années 40). Ce numéro établit la noirceur morale de la série.
Watchmen #3 — "The Judge of All the Earth"
Introduction du récit enchâssé Tales of the Black Freighter, le comic-dans-le-comic lu par un adolescent à un kiosque de Manhattan. Parallèle entre la paranoïa nucléaire et le naufragé du récit pirate. La structure en miroir, signature de Moore, prend ici toute son ampleur.
Watchmen #4 — "Watchmaker"
Chapitre entièrement consacré à Dr. Manhattan, raconté en narration non linéaire. Jon Osterman revit simultanément son passé (l'accident dans le champ de particules intrinsèques), son présent (l'exil sur Mars) et son futur. C'est le numéro le plus acclamé par la critique, souvent cité comme le meilleur single issue jamais écrit.
Watchmen #5 — "Fearful Symmetry"
L'exploit formel le plus impressionnant de la série : la structure du numéro est palindromique. La première page est le miroir visuel de la dernière, la deuxième de l'avant-dernière, et ainsi de suite, avec la page centrale comme axe de symétrie. Focus sur Rorschach. Ce tour de force technique est invisible à la première lecture mais révolutionnaire pour le médium.
Watchmen #6 — "The Abyss Gazes Also"
L'origine complète de Rorschach, racontée lors de séances psychiatriques avec le Dr. Malcolm Long. Walter Kovacs, enfant maltraité, devient Rorschach après avoir découvert le meurtre d'une petite fille par des chiens. Le titre est une citation de Nietzsche. C'est le numéro le plus psychologiquement intense de la série et l'un des plus recherchés après le #1.
Watchmen #7 à #10 — L'escalade vers le dénouement
#7 "A Brother to Dragons" : focus Nite Owl, thème de l'impuissance et retour au costume. #8 "Old Ghosts" : évasion de Rorschach, mort d'Hollis Mason (Nite Owl I). #9 "The Darkness of Mere Being" : sur Mars, Laurie découvre que le Comedian est son père — Manhattan accepte de revenir sur Terre. #10 "Two Riders Were Approaching…" : Rorschach et Nite Owl identifient le conspirateur. Ces quatre numéros forment le deuxième acte narratif de la série.
Watchmen #11 — "Look On My Works, Ye Mighty…"
Ozymandias révèle son plan : il a orchestré la conspiration depuis le début, éliminé le Comedian, discrédité Dr. Manhattan, et s'apprête à téléporter une créature psychique géante sur New York pour tuer des millions de personnes et unir l'humanité face à une menace extraterrestre fictive. Le titre cite Shelley (Ozymandias). Le twist final : "I did it thirty-five minutes ago."
Watchmen #12 — "A Stronger Loving World"
L'aftermath de l'attaque sur New York. Les héros choisissent de garder le secret d'Ozymandias pour préserver la paix — sauf Rorschach, qui refuse le compromis et est désintégré par Dr. Manhattan. Dernier numéro de la série. Pas d'appendice en prose, seulement la dernière case : la main d'un employé du New Frontiersman qui s'approche du journal de Rorschach, laissant la fin ouverte. C'est le deuxième numéro le plus recherché après le #1.
Impact culturel et révolution du médium (1987-2000)
L'impact de Watchmen sur l'industrie du comics est comparable à celui de The Dark Knight Returns de Frank Miller, sorti la même année (février 1986). Ensemble, ces deux œuvres ont fait basculer le comics mainstream dans l'ère dite "grim and gritty" — héros sombres, violence explicite, moralité ambiguë. Mais là où Miller raconte un récit de super-héros poussé au noir, Moore déconstruit le concept même de super-héros. Watchmen n'est pas un comics sombre : c'est un anti-comics.
En 1988, Watchmen remporte le Hugo Award (catégorie "Other Forms"), une première pour un comic book. La même année, DC compile les 12 numéros en un trade paperback qui devient le graphic novel le plus vendu de l'histoire de l'édition américaine. En 2005, le magazine TIME inclut Watchmen dans sa liste des 100 meilleurs romans anglophones de tous les temps, aux côtés de 1984, Brave New World et The Great Gatsby. C'est le seul graphic novel à y figurer.
L'héritage de Watchmen est visible partout dans les comics des années 90 et 2000 : le label Vertigo (1993), la vague des comics britanniques chez DC (Neil Gaiman, Grant Morrison, Peter Milligan, Jamie Delano), la mode du "déconstructionnisme super-héroïque" qui culminera avec The Authority (1999), Planetary (1999) et, beaucoup plus tard, The Boys (2006) de Garth Ennis.
La controverse des droits : Le contrat signé par Alan Moore et Dave Gibbons stipulait que les droits reviendraient aux créateurs quand la série sortirait du catalogue DC. Or, grâce au succès permanent du trade paperback, Watchmen n'est jamais sorti du catalogue — ce qui signifie que DC a conservé les droits indéfiniment. Alan Moore considère cela comme une trahison contractuelle et a publiquement coupé les ponts avec DC. Il refuse que son nom apparaisse sur toute adaptation ou suite. Cette dispute a façonné le débat sur les droits des créateurs dans l'industrie du comics.
Before Watchmen (2012) : la préquelle controversée
En juin 2012, DC Comics lance Before Watchmen, un ensemble de 7 mini-séries + 1 épilogue totalisant 37 numéros (+ un numéro #0). Le projet explore le passé des personnages principaux, bien avant les événements de la série originale. Alan Moore condamne publiquement le projet et refuse toute implication. Dave Gibbons adopte une position plus mesurée, ne participant pas mais ne s'opposant pas formellement.
Les mini-séries Before Watchmen sont les suivantes :
- Minutemen (6 num.) — Darwyn Cooke. La série la plus acclamée du lot.
- Silk Spectre (4 num.) — Darwyn Cooke & Amanda Conner.
- Comedian (6 num.) — Brian Azzarello & J.G. Jones.
- Nite Owl (4 num.) — J. Michael Straczynski & Andy & Joe Kubert.
- Ozymandias (6 num.) — Len Wein & Jae Lee.
- Rorschach (4 num.) — Brian Azzarello & Lee Bermejo.
- Dr. Manhattan (4 num.) — J. Michael Straczynski & Adam Hughes.
- Moloch (2 num.) — J. Michael Straczynski & Eduardo Risso.
- Dollar Bill (1 num.) — Len Wein & Steve Rude. One-shot.
La réception critique est mitigée : Minutemen et Silk Spectre sont salués, tandis que les séries de Straczynski reçoivent des avis plus partagés. Pour les collectionneurs, les variant covers de Before Watchmen restent accessibles (20 à 80 dollars en haute note CGC), ce qui en fait une entrée abordable dans l'univers Watchmen.
Doomsday Clock (2017-2019) : Watchmen rencontre l'univers DC
En novembre 2017, DC lance Doomsday Clock, une maxi-série de 12 numéros écrite par Geoff Johns et dessinée par Gary Frank, qui fait suite directe à Watchmen et l'intègre dans la continuité de l'univers DC. Le concept est audacieux : Dr. Manhattan, après avoir quitté l'univers Watchmen, s'est rendu dans le DC Universe, où il a altéré la timeline, provoquant les reboots successifs (Crisis, Flashpoint, New 52). Ozymandias, mourant d'un cancer, voyage dans le DC Universe pour retrouver Manhattan et sauver leur monde.
La série a subi des retards considérables : les 12 numéros s'étalent de novembre 2017 à décembre 2019. Le #12 révèle que le Metaverse DC est centré sur Superman, et que chaque tentative de Manhattan pour altérer l'univers est corrigée par l'existence de Superman.
Pour les collectionneurs, Doomsday Clock présente un intérêt spécifique :
- Doomsday Clock #1 (novembre 2017) : première apparition de la nouvelle Rorschach (Reggie Long, fils du Dr. Malcolm Long). Valeur CGC 9.8 : 50 – 120 $.
- Doomsday Clock #12 (décembre 2019) : confrontation Superman / Dr. Manhattan. Numéro-clé pour la mythologie DC post-Rebirth.
- Les variant covers de Gary Frank reproduisant les couvertures iconiques de la série originale (smiley, horloge, main de Dr. Manhattan) sont prisées par les collectionneurs.
La série HBO Watchmen (2019) et son impact sur le marché
En octobre 2019, HBO diffuse Watchmen, une série télévisée de 9 épisodes créée par Damon Lindelof (Lost, The Leftovers). Plutôt qu'une adaptation fidèle, Lindelof conçoit une suite se déroulant à Tulsa (Oklahoma) en 2019, 34 ans après les événements du comics. La série intègre le massacre de Tulsa de 1921 comme toile de fond historique, mêle super-héros masqués et suprémacisme blanc, et explore les conséquences à long terme du plan d'Ozymandias.
La série est un triomphe critique : elle remporte 11 Emmy Awards, dont celui de la meilleure série limitée. L'impact sur le marché du back issue est immédiat et massif :
- Les ventes de Watchmen #1 CGC 9.8 passent de 1 200-1 800 $ (mi-2019) à 3 000-4 500 $ fin 2019-début 2020.
- Le trade paperback connaît une rupture de stock temporaire chez les distributeurs, un phénomène rare pour un livre publié depuis plus de 30 ans.
- Les numéros intermédiaires (#3 à #10), longtemps sous-cotés, voient leurs prix doubler en haute note CGC.
- Les newsstand editions (variantes kiosque, reconnaissables à leur code-barres UPC au lieu du logo DC direct) deviennent des objets de collection distincts, avec des primes de 30 à 50 % sur les direct editions.
Les prix ont légèrement corrigé depuis le pic post-HBO, mais Watchmen reste l'une des séries DC les plus stables sur le marché secondaire.
Collectionner Watchmen : les 12 numéros originaux vs. le TPB
La question fondamentale pour tout collectionneur Watchmen est : faut-il chercher les 12 numéros individuels ou se contenter du trade paperback ? La réponse dépend de vos objectifs.
Les 12 numéros originaux (1986-1987)
Les singles offrent l'expérience la plus authentique et la meilleure valeur de revente. Voici les points à connaître :
- Tirage : les premiers numéros ont été tirés entre 200 000 et 300 000 exemplaires, un chiffre élevé pour l'époque mais très inférieur aux tirages des grands titres Marvel. La série n'était pas considérée comme un investissement en 1986 — beaucoup d'exemplaires ont été lus, pliés, ou jetés.
- Newsstand vs. Direct Market : comme tous les DC de cette période, Watchmen existe en deux variantes de distribution. Les newsstand editions (vendues en kiosque, avec code-barres UPC) sont plus rares que les direct editions (vendues en comic shops, avec le logo DC en haut à gauche). L'écart de prix en haute note est significatif.
- Couvertures : toutes les couvertures sont de Dave Gibbons, sans variant covers — un avantage pour les collectionneurs qui veulent un run complet sans se perdre dans les variantes.
- État : la couverture souple et le papier d'époque rendent les hautes notes CGC (9.6+) relativement rares sur les premiers numéros, surtout les newsstand.
Le trade paperback et les éditions compilées
Le trade paperback Watchmen (première édition 1987, ISBN 0-930289-23-4) est le graphic novel le plus vendu de l'histoire anglophone. Il a connu des dizaines de réimpressions avec des couvertures différentes. Les éditions notables incluent :
- Première édition softcover (1987) : reconnaissable à la mention "First printing" sur la page de copyright. Valeur selon l'état : 50 à 200 $.
- Première édition hardcover (1987) : plus rare, avec jaquette. Valeur : 100 à 400 $ selon l'état.
- Absolute Watchmen (2005) : édition surdimensionnée avec recolorisation supervisée par Dave Gibbons et John Higgins. Format 21×32 cm. C'est l'édition de lecture définitive pour beaucoup de fans.
- Watchmen: The Annotated Edition (2017) : avec notes de Leslie S. Klinger, contexte historique et analyse page par page.
- Watchmen Noir (2016) : reproduction des planches de Gibbons uniquement en noir et blanc, sans couleur. Édition prisée par les amateurs d'art séquentiel.
Conseil collectionneur : Pour un investissement à long terme, les 12 numéros originaux en CGC 9.4+ restent le meilleur choix. Le #1 et le #12 sont les deux key issues majeurs, suivis du #4 ("Watchmaker") et du #6 (origine de Rorschach). Si votre budget est limité, commencez par le #1 en bonne note, puis complétez progressivement. Le TPB première édition softcover est un excellent complément, mais sa valeur de revente plafonne bien en dessous des singles gradés.
Guide de collection : par où commencer et quoi prioriser
Voici l'ordre de priorité recommandé par niveau de budget :
- Moins de 500 $ : un Watchmen #1 raw en VF/NM (80-200 $), le TPB première édition (50-150 $), et un ou deux numéros clés (#4, #6, #12).
- 500 – 2 000 $ : le run complet des 12 numéros raw VF+ à NM (600-1 500 $), ou le #1 gradé CGC 9.4 (800-1 500 $) plus l'Absolute Watchmen (80-120 $).
- 2 000 $ et plus : le #1 CGC 9.8 (2 500-4 500 $), le run complet CGC 9.6+ (3 000-6 000 $), et les newsstand editions en haute note (prime de 30-50 %). Le Saint Graal : un #1 CGC 9.8 Newsstand, dont les ventes dépassent régulièrement les 6 000 à 8 000 $.
L'héritage Watchmen : une franchise qui ne meurt jamais
Malgré le refus permanent d'Alan Moore de cautionner toute extension, l'univers Watchmen continue de s'étendre. DC Comics a intégré les personnages dans sa continuité principale via Doomsday Clock, puis dans Dark Crisis (2022), et continue d'utiliser Dr. Manhattan comme un deus ex machina cosmique dans sa mythologie multivers. En parallèle, HBO n'a pas annoncé de saison 2 (Lindelof a déclaré avoir conçu la série comme une œuvre unique), mais l'intérêt du studio pour la franchise reste vif.
Pour le collectionneur, cela signifie que chaque nouvelle annonce — série, film, jeu vidéo — provoque une hausse temporaire des cours sur les 12 numéros originaux. C'est un mécanisme de marché fiable : Watchmen est une franchise dont la base de fans est à la fois suffisamment large pour générer de la demande et suffisamment cultivée pour valoriser les éditions originales au-dessus des réimpressions.
La meilleure stratégie reste d'acheter pendant les périodes de calme médiatique, quand aucune adaptation n'est annoncée, et de conserver à long terme. Les 12 numéros originaux de Watchmen ne sont pas des spéculations : ce sont des classiques permanents, dont la valeur est adossée à une reconnaissance littéraire, critique et culturelle sans équivalent dans le monde du comics.
Pour aller plus loin dans votre collection Watchmen, consultez nos guides spécialisés : le top des numéros clés Watchmen à connaître et le guide complet pour collectionner Watchmen.
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